Déséquilibres fondamentaux euro-zonards
Il est difficile de faire comprendre à des Français de France ce qu’est l’argent sain, ce qui est pourtant la condition première de la croissance pour tous les Reaganomics…
Au point de départ de toute analyse se trouve la masse monétaire M3 et de ses composantes.
M1, l’argent qui se trouve dans les portefeuilles et sur les comptes bancaires devrait représenter normalement 10 % du PIB comme aux États-Unis qui sont la référence.
Les dépôts dans les caisses d’épargne (ce qui correspond à l’agrégat M2-M1) devraient fluctuer historiquement entre 40 et 45 % du PIB.
M2 devrait donc représenter au maximum 55 % du PIB.
Tout augmentation trop importante de l’un de ces agrégats est potentiellement très dangereuse car elle recèle des dysfonctionnements qui ne sont pas apparents au moment où ils se produisent mais qui se manifesteront plus tard par des difficultés quasiment insurmontables.
La grande force des Américains est de maîtriser parfaitement bien l’évolution des agrégats monétaires.
C’est la base du monétarisme.
La très grande faiblesse des Euro-zonards est d’avoir laissé filer la masse monétaire depuis l’existence même de cette monnaie unique.
La très grande habilité des Américains a été de convaincre les Euro-zonards de se lancer dans cette aventure de monnaie unique pour des nations différentes alors que la monnaie est l’attribut numéro 1 de toute nation.
Les Américains ont tendu là un piège dans lequel sont tombés les Euro-zonards qui, malgré des niveaux de productivité horaire supérieurs à ceux des Américains, sont gravement handicapés par ces déséquilibres fondamentaux.
L’augmentation de M3 de la zone euro est beaucoup trop importante : M3 représentait 74 % du PIB lors de sa création et elle se montait au niveau du PIB en septembre, dernier chiffre publié hier,
Graphique 1 :
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M1 représentait 42 % du PIB et 43 % pour M2-M1, donc 85 % du PIB pour M2,
Graphique 2 :
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L’augmentation de M3 était de 9,9 % fin septembre d’une année sur l’autre contre 9,7 % fin août, la situation ne s’améliorait pas dans la zone euro,
Graphique 3 :
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Cette augmentation de M3 est due à celle de M2-M1 qui était de 19,9 % d’une année sur l’autre contre 7,8 % aux États-Unis, ce qui est déjà considéré comme trop élevé,
Graphique 4 :
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Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance du PIB ne peut qu’être proche de zéro d’une année sur l’autre,
Graphique 5 :
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M2 augmentait de 10,1 % en septembre contre 9,8 % en août et 7,4 % aux États-Unis, alors qu’elle devrait être inférieure à 5 %,
Graphique 6 :
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L’excès de M1 se voit mieux maintenant dans la faiblesse des capitaux propres des entreprises euro-zonardes et surtout des banques qui sont sous-capitalisées et donc sur endettées, ce qui les fragilise considérablement et les rend très vulnérables surtout en cette période de très fortes turbulences.
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L’agrégat M3-M2 correspond à la trésorerie des entreprises qui est considérable aux États-Unis : elle représentait 27 % du PIB en 2006 contre moins de 15 % actuellement dans la zone euro.
B-2 n’a pas tout à fait tort d’avoir fait supprimer la publication de M3 car M3-M2 ne correspond plus à de l’argent en circulation et sa variation n’a plus de signification contrairement à ce qui se passait dans les temps anciens, c’est à dire au XX° siècle…
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Par ailleurs, la masse des produits dérivés (équilibrée par ses contreparties) n’a a priori aucune incidence directe sur la masse monétaire car seuls les sous-jacents sont concernés.
Par contre, en cas de plantage, c’est à dire d’investissement à découvert sans couverture (à nu) sur ces produits dérivés, les pertes peuvent être considérables et elles ont des incidences importantes sur la masse monétaire quand des branquignols doivent récupérer des sous en catastrophe pour faire face à des échéances douloureuses…
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Pour comprendre ces problèmes, un minimum de culture monétariste est indispensable, ce qui est très rare en France !
Pour les lecteurs de mon blog qui veulent en acquérir les bases, de petits détours en arrière sur mes billets sont indispensables, en passant au besoin par mon autre site… qui est de moins en moins à jour…
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