La Générale, les actionnaires et le capitalisme
Les actions de la Générale ont perdu 81,2 % de leur valeur entre le plus haut de €151,63 atteint le 4 mai 2007 (avant la crise des sub-prime) et le plus bas de €28,52 de ce 29 octobre 2008 !
Les actionnaires qui ont perdu plus de 80 % de leur capital auraient dû réagir énergiquement et virer les branquignols qui dirigent leur banque, or ils ne l’ont pas fait.
Là se trouve le gros problème de la Générale et d’une façon plus… générale de l’effondrement financier mondial qui se produit actuellement : les actions sont certes des produits financiers et la base d’autres produits dérivés, mais ce sont aussi, d’abord et avant tout, des titres de propriété.
Or les propriétaires sont défaillants !
Ils n’interviennent pas, ils n’interviennent plus : ils font confiance aux dirigeants !
Faire confiance à des banquiers, c’est la meilleure façon de perdre de l’argent.
Alan Greenspan rappelle que la première grande faillite mondiale de son mandat a été celle du LTCM parce que ses actionnaires ont fait confiance à ce fonds créé pour développer des solutions très complexes (et incompréhensibles pour les investisseurs normalement constitués) basées sur des produits dérivés conçues par deux économistes lauréats du prix Nobel.
Il faut revenir aux sources du capitalisme libéral : les actionnaires, véritables propriétaires de l’entreprise dont ils possèdent des parts de son capital, doivent être actifs (et même proactifs) et surveiller très attentivement la gestion des dirigeants de façon à ce que, d’année en année ses bénéfices et ses capitaux propres augmentent (c’est l’effet boule de neige).
La passivité des actionnaires de la Générale est incompréhensible : ils ont perdu €80 milliards de capitalisation sans réagir.
Ce sont a priori de petits actionnaires (69,3 % des actions), les plus gros actionnaires étant globalement les salariés (10,8 %) qui perdent deux fois : en tant qu’actionnaires et en tant que salariés alors qu’ils sont pourtant représentés en tant que tels par deux membres au Conseil d’administration.
Presque tous les membres de ce Conseil d’administration sont des personnalités indépendantes.
Le Conseil d’administration de la Générale est un parfait exemple de l’entreprise idéale prônée par ce socialisme du XXI° siècle qui est si ardemment défendu par tous les journaleux et bonimenteurs : des personnalités dites indépendantes sont censées défendre à la fois les intérêts de l’entreprise et de la société en général, en cherchant à faire des bénéfices considérés comme normaux et en maintenant ce qui est présenté comme une certaine éthique.
Cette forme de capitalisme refondé comme dirait Sarko est une erreur monumentale.
Le capitalisme libéral doit revenir à ses sources, à ses bases, sans concessions.
Les actionnaires, y compris les fonds de pension, doivent être actifs.
Leur gestion ne doit pas être passive et elle ne doit pas répliquer les indices.
Les actionnaires sont libres et responsables.
L’effondrement financier qui se produit devrait être une bonne leçon de gestion capitaliste.
Le problème est que ce capitalisme libéral est peu défendu, mal défendu et surtout, les gens, les investisseurs individuels, sont inertes, sans réactions, beaucoup trop passifs.
Ils ont tort. Ils sont les seuls responsables de leur propre attitude et de leur propre manque de culture économique et financière.
C’est la dérive socialisante annoncée par Schumpeter, l’autodestruction de la 3° voie…
Cliquer ici pour voir la tête des branquignols du Conseil d’administration de la Générale qui devraient être en prison pour avoir fait des déclarations et publié des comptes qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité en vue de tromper les investisseurs (ce sont des délits).
Leurs erreurs ont coûté directement au moins €80 milliards et indirectement beaucoup plus.
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