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Comptes de la Générale

Comptes de la Générale


D’après les comptes du 3° trimestre publiés par la Générale ce 3 novembre, les capitaux propres se montaient à €35,2 milliards au 31 septembre 2008 (page 6) alors qu’ils étaient de 40,238 milliards au 30 juin 2008 (cf. les comptes semestriels).


La note 1 précise que ces €35,2 milliards de capitaux propres au 31 septembre 2008 comprenaient 4,4 milliards de titres super subordonnés et €0,9 milliards de titres subordonnés à durée indéterminée fournis en fait par la Société de prise de participation de l’État (SPPE) qui a injecté €10,5 milliards au profit de six banques (dont la Générale) annonce faite le… 24 octobre !


Ainsi, les capitaux appartenant véritablement en propre à la Générale au 31 septembre 2008 sont en réalité de 29,9 milliards, en parfaite concordance avec les chiffres publiés pages 23 et 25 qui précisent que les capitaux propres se montent en moyenne à €29,611 milliards au 3° trimestre.


La Générale ne publie aucun chiffre concernant le total des dettes ni du bilan.


Il est donc impossible de calculer le multiplicateur µ d’endettement à la fin du 3° trimestre (le total des dettes sur les capitaux propres) qui était officiellement de 25,7 au 30 juin 2008.


En admettant une stabilité (très improbable) des dettes, µ bondirait ainsi à 34,6 ce qui signifie que sans l’aide de l’État, les dettes de la Générale étaient 34,6 fois plus élevées que ses capitaux propres alors que les banques américaines normalement capitalisées ont un µ de 10.


Une fois de plus, les branquignols de la Générale publient des informations qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité en cherchant à tromper les investisseurs, ce qui constitue des délits.


Pire : les chiffres publiés sont frauduleux puisque la SPPE n’a pas versé un euro au 31 septembre à la Générale !


Les meccanos de la Générale se sont emmêlés lamentablement les pinceaux !


Pire encore : tous les journaleux, les analystes financiers, les bonimenteurs, tous ont repris les communiqués et les déclarations mensongères des dirigeants de la Générale.


Les Français sont des veaux disait en son temps le général, maintenant, ce ne sont plus que des larves incapables de comprendre quoi que ce soit ni de réagir.

*

Cliquer ici
pour accéder aux comptes semestriels au 30 juin 2008.

 

Cliquer ici pour accéder aux comptes trimestriels au 31 septembre 2008 publiés le 3 novembre

 

Cliquer ici pour lire le communiqué triomphant de la Générale.

 

***

 

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P
deux petites questions pour votre post.<br /> <br /> La première<br /> j'ai trouvé une page du FED ou il est indiqué les dépôts des banques (en forte hausse depuis un moi)<br /> savez vous si la même information sur le site de la BCE est disponible ?<br /> http://www.federalreserve.gov/releases/h41/<br /> <br /> <br /> La seconde<br /> très terre à terre, diriez-vous que ces anomalie sont assez grave pour que je déplace mes économies liquides vers un autre panier (il me semble comprendre que oui)<br /> Merci pour toute ces riches informations.
Répondre
C
<br /> 1 / : Je n'en sais rien !<br /> 2 / Pour l'instant, les capitaux sont réfugiés sur les bons du Trésor courts...<br /> Le mieux serait d'investir dans des valeurs de croissance, mais comme il y a un risque important en cas d'intervention militaire en Iran, c'est encore un peu à déconseiller !<br /> Par contre, tout dépot dans une banque française est une créance sur l'économie française, donc certaine, dans un avenir envisageable tout au moins !<br /> <br /> <br />
D
incroyable de lire l'histoire de yann !<br /> <br /> faut pas s'etonner si tout plonge !!!
Répondre
C
<br /> Il y a malheureusement beaucoup de témoignages dans le même sens...<br /> <br /> <br />
Y
C'est triste de constater que notre pays, et plus largement l'Europe, fonctionne avec des clowns à sa tête. Buster Keaton (l'autre mécano de la générale) avait lui, au moins, le mérite de nous faire rire.<br /> <br /> Il y a 12 ans de cela, j'appartenais à un grand groupe bancaire, au sein duquel j'étudiais le risque de transformation et le risque de taux. Mes travaux ont débouché sur un mémoire et une approche originale de gestion du risque, avec optimisation de marge. <br /> Ma banque n'a pas éprouvé le besoin d'attacher de l'importance à ce travail car elle gérait le risque au doigt mouillé (plus simple et plus économique quand tout va bien). J'ai donc envoyé un mailing exposant brièvement mes travaux et mon approche à pas moins de 40 établissements bancaires et de crédit-bail (courriers envoyés directement au Président).<br /> Hé bien me direz-vous, combien ai-je eu de réponses ?<br /> Une !<br /> Une seule réponse, alors que mon approche immunisait la banque contre les risques de taux, et accroissait la marge bancaire de 45% !<br /> sur 40 établissements, 39 n'ont pas jugé utile de me rencontrer, ne serait-ce que par curiosité.<br /> Il n'y a pas d'amertume dans mes propos, juste la tristesse de voir que mes prédictions se sont réalisées. J'avais notamment indiqué à l'époque que vouloir transférer le risque de taux sur les clients (en leur offrant du taux variable) serait extrêmement dangereux en cas de remontée des taux car cela augmenterait leur risque de défaillance (or la prime de risque incluse dans les taux nominaux est faible, car les taux offerts sont souvent des produits d'"appels", ou tête de gondole pour reprendre le jargon de la grande distribution).<br /> Depuis, j'ai quitté le secteur bancaire, car dégouté de parler à des incompétents et de voir des énarques ou inspecteurs des finances parachutés dans des postes de président ou de direction générales.<br /> Je ne peux aujourd'hui qu'assister à la débâcle du secteur bancaire et me dire que j'avais raison il y a 12 ans de cela et que l'on aurait pu éviter le pire.<br /> Dans un autre registre, mais corolaire de ce que je viens de dire, je tiens à souligner l'esprit moutonnier qui règne dans les banques et dans la tête des dirigeants. Ils ne cessent de s'épier entre-eux et de se copier. Ainsi, lorsqu'une banque sort un nouveau produit ou nouveau concept (comme le "cross selling" par exemple), les autres vont n'avoir de cesse de le copier. La mode des taux variables a donc entraîné des dizaines d'établissement dans cette pratique stupide; La mode des produits dérivés a fait des émules chez des banques généralement prudentes et généralistes (on a vu récemment l'écureuil se faire coincer les noisettes dans un pari stupide de rebond des indices). Bref, dans ce contexte, j'ai un jour fait remarquer à mon supérieur(c'était en 1997) que notre logiciel faisait une erreur de calcul sur les remboursements anticipés (le logiciel calculait les intérêts de façon erronée et confondait taux nominal et taux actuariel). L’impact de l'erreur se chiffrait en millions. Savez-vous ce que m'il répondu ? <br /> "Ce logiciel est utilisé par 30 autres établissement sur la place (de Paris). S’il y avait une erreur, ça se saurait !"<br /> J'étais ahuri !<br /> J'ai pris RDV avec le président de la société éditrice du logiciel et j'ai finalement obtenu de leur part, la reconnaissance de l'erreur. Une mise à jour a été livrée et nous avons pu mettre fin au pb.<br /> Toutefois, mon supérieur n'a jamais fait de mea culpa, et je n'ai reçu aucune prime ou promotion pour avoir fait économiser quelques millions à la banque.<br /> En conclusion, nous avons affaire à des esprits moutonniers et mesquins. <br /> Raison pour laquelle j'ai quitté le secteur.<br /> Cordialement,<br /> Yann
Répondre
C
<br /> Encore merci pour vos commentaires,<br /> Oui, incompétence et panurgisme...<br /> C'est impressionnant !<br /> Incroyable à cette échelle !<br /> Et le manque de réactions des Français...<br /> Triste<br /> <br /> <br />