Les Américains, les bulles, les crises et l’argent sain
Les Américains continuent globalement à travailler, à consommer et à épargner calmement malgré les fortes turbulences financières, comme le montrent les derniers chiffres des agrégats monétaires publiés par la Fed…
Au 24 novembre, l’augmentation de M2-M1 a été inférieure à celle des semaines précédentes : 6,2 % contre 6,8 % en concordance avec une croissance à son potentiel optimal,
Graphique 1 :
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En conséquence, la baisse de la croissance du PIB réel pourrait être moins forte qu’on aurait pu le craindre (car elle est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre),
Graphique 2 :
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Les Américains continuent à épargner normalement : globalement à 44,5 % du PIB, ce qui est dans la bande de ces dernières décennies (entre 40 et 45 % du PIB en dehors des périodes de crises),
Graphique 3 :
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La part de M1 dans le PIB est remontée un peu, mais elle reste à des niveaux historiquement très bas : aux alentours de 10 % (contre 43,5 % dans la zone euro !),
Graphique 4 :
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Les ratios de M1 et de M2-M1 par rapport au PIB montrent qu’il n’y a pas d’hypertrophie de la masse monétaire aux États-Unis depuis une cinquantaine d’années,
Graphique 5 :
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Ces ratios correspondent à l’inverse de la vitesse de la circulation monétaire (de la théorie quantitative de la monnaie d’Irving Fisher).
L’argent est sain aux États-Unis ! C’est le premier pilier des Reaganomics, et des économistes dominants du parti Démocrate.
Cependant, au cours de ces derniers mois, les bénéfices d’un certain nombre d’établissements financiers (des banques et des compagnies d’assurance) ne correspondaient pas à la réalité car ils cachaient les pertes (potentielles mais bien réelles !) sur des produits dérivés.
La seule façon d’éliminer efficacement cette bulle qui commençait à prendre de l’ampleur était de prendre à contre pied les investisseurs aventureux (ceux qui étaient mal couverts).
Comme le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a fait supprimer la publication des chiffres de M3, cette bulle était difficilement visible car elle se situe en M3-M2.
Le bombardement de cette bulle a produit des dommages collatéraux importants : ce fut la crise des produits dérivés (avec les CDS), la pire crise depuis celle de 1929, en pire même.
La bulle éclatée, les marchés reviennent à la normale spontanément et naturellement, sans plan de sauvetage, après une période d’adaptation à un nouveau paradigme, c’est à dire une crise au sens Schumpétérien du terme.
La baisse des taux de la Fed va produire ses effets positifs, juste au bon moment : lors de la prise de fonction de Barack Obama qui passera comme le sauveur de l’Amérique.
Par ailleurs, en Europe et en Iran en particulier, cette crise a des effets dévastateurs, mais la guerre économique est quand même jolie.
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