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Relance de la crise et argent sain

Relance de la crise et argent sain


Un plan de relance keynésien ne fait que relancer une crise en transformant une crise mineure d’adaptation (au sens schumpétérien du terme) en une crise majeure (comme celle de 1929)…


En France, les €26 milliards de dépenses publiques supplémentaires annoncés dans le cadre du plan de relance augmenteront de moitié le déficit initialement prévu en 2009 alors qu’il se monte déjà à €60,7 milliards au 30 octobre (contre €52,7 milliards un an plus tôt) !


La dette publique officiellement publiée : €1 270 milliards au 30 juin dernier soit 65,7 % du PIB dépassait déjà les normes maximales de 60 %.

Elle augmentera donc au moins d’une vingtaine de milliards en 2009.


Les charges d’intérêts ont déjà augmenté de €5 milliards (au 30 octobre dernier par rapport à l’année précédente) uniquement à cause de l’augmentation des taux d’intérêts alors qu’ils n’ont jamais été aussi bas… aux États-Unis et en Allemagne (qui sont les références en la matière).


Comme la croissance va repartir sur un rythme très élevé aux États-Unis, les rendements de base (les Notes à 10 ans) atteindront les 5 % ainsi que ceux du Bund à 10 ans.


Avec un écart des rendements de 20 à 25 % (par rapport à l’Allemagne), les taux de la dette publique française seront dans les 6 % (pour le 10 ans), ce qui sera insupportable dès 2009,

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


Le maintien de la France dans l’euro-système condamne à mort les entreprises (industries et même services), car la monnaie qui circule en France est surévaluée de 25 à 30 % comme le montre le déficit de la balance des transactions courantes qui augmente d’autant depuis l’adoption de la monnaie unique (les parités assuraient alors l’équilibre des échanges et l’optimum économique compte tenu des productivités relatives des nations de la zone euro).


D’après les chiffres des Douanes, le déficit de la balance commerciale a dépassé les €7 milliards en octobre ! (point rouge), les autres chiffres sont ceux de la Banque de France, contre un excédent de €15,8 milliards pour l’Allemagne,

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


Le déficit commercial représente maintenant 21,7 % des exportations contre un excédent de 10 % avant l’adoption de l’euro,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


Par ailleurs, l’argent n’est pas sain dans la zone euro et en France en particulier : M1 représente 43,5 % du PIB contre 10 % aux États-Unis,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


La masse monétaire augmente beaucoup trop fortement, autour de 10 % pour M3, car de l’argent non gagné est distribué massivement, c’est à dire sans qu’un travail, créateur de richesses vendues (et payées par des clients), soit fourni en contrepartie,

Graphique 5 :

 

Cliquer ici pour l’agrandir.


La baisse des taux de la BCE ne relancera pas l’activité économique sur des bases saines tant que subsistera cette hypertrophie monétaire (qui n’est pas près de disparaître).


La situation de la zone euro se rapproche de celle du Japon avec une hypertrophie de M3 (220 % du PIB) et un surendettement public (180 % du PIB) en 2004 (il y a peu de changements depuis cette date car il est très difficile de sortir d’une telle situation).

Cliquer ici pour lire mon billet sur le Japon.

 

Par ailleurs, les trois principales banques françaises ont beaucoup trop de dettes : €1 760 milliards pour la BNP (au 30 juin), ce qui est considérable par rapport au PIB de la France (€1 600 milliards actuellement) contre $2 000 milliards pour JPMorgan et Citigroup (pour un PIB de $14 000 milliards aux États-Unis).


L’État français ne pourrait pas les aider en cas de défaillance, ce qui est d’autant plus possible que ces banques ont demandé et obtenu la possibilité de ne pas enregistrer la totalité de leurs pertes sur les produits dérivés contrairement à ce qui se passe aux États-Unis où les groupes de pression n’ont pas obtenu l’abandon de la règle FAS 157 qui oblige les établissements financiers à comptabiliser les produits à leur juste valeur (mark-to-market).


Les marchés réagissent très vite en ce XXI° siècle. Ce qui était impensable (la faillite de grandes banques américaines comme Lehman Brothers) devient une réalité en quelques jours.


Le risque systémique existe en France avec les engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés (la centaine de milliards de dettes qui a disparu des comptes de la SNCF et de l’État n’en est qu’un exemple parmi d’autres).


Les engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés s’élevaient à €4 500 milliards d’euros, 3 fois le PIB en 2004 d’après les évaluations concordantes du rapport de Michel Pébereau, des économistes de Work for All et de la banque ABN Amro.


La situation est déjà explosive en Grèce où l’écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans par rapport au Bund est supérieur à 50 %.


Tout peut arriver en France d’un jour à l’autre, surtout lors d’un choc mondial qui secoue le cocotier : les fruits les plus murs tombent.


Comme je l’ai écrit avant l’élection de Sarko : il avait la possibilité de rentrer dans l’Histoire en restaurant une croissance dans les 5 % par an en faisant sortir la France de l’euro-système, en imposant le respect des règles comptables (IFRS) avec des comptes qui donnent une image fidèle de la réalité (ce qui aurait mis la SNCF en faillite, entre autres), et en diminuant le poids des prélèvements obligatoires de façon à ce qu’ils baissent de 54 à 33 % du PIB en créant un système de fonds de pension.


Les 4 piliers des Reaganomics sont d’abord et avant tout l’argent sain, puis des réglementations et un taux des prélèvements obligatoires réduit au minimum, et l’ouverture sur l’extérieur.


Les petits Suisses l’ont fait pour leur plus grand bénéfice !


J’ai de plus en plus l’impression de vivre dans un asile de fous !

***

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J
http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/12/attali-clash-chez-ruquier.html
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D
Les autorités américaines ne sont-elles pas en train de mettre en place l'équivalent d'un plan de relance, comme ce qui se fait en Europe et particulièrement en France, en voulant "aider" les entreprises en difficulté? Ce faisant, n'empêchent-elles pas le processus de "destruction créatrice" dont vous nous parlez souvent?<br /> <br /> Je pense particulièrement aux 25 milliards de $ que les 3 grandes compagnies automobiles demandent comme aide au Congrès et qui vont probablement leur être accordés.<br /> <br /> Mais des entreprises mal gérées et non concurrentielles, aussi grosses soient-elles, ne devraient-elles pas être "détruites", c'est à dire rachetées à bas prix par quelqu'un capable de redresser la situation par de saines mesures?<br /> "When a firm routinely fails to turn a profit, there are bankruptcy pressures. The firm's resources, workers, building and capital become available to someone else who might put them to better use. When government steps in with a bailout, it enables executives to continue mismanaging resources."<br /> Lu sur capmag.com
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C
<br /> Attention ! pour l'instant, les Big 3 n'ont rien reçu !<br /> L'Etat n'a fait qu'investir dans des banques (et AIG) avec une certaine probabilité d'en tirer des + values dans qq mois<br /> Vu le nombre d'emplois supprimés, l'Etat US ne fait pas grand chose pour contrer la destruction créatrice !<br /> <br /> <br />
T
Le débat sur la masse monétaire a des échos outre atlantique, que pouvez vous ajouter à ces échanges?<br /> https://www.blogger.com/comment.g?blogID=378298074607497085&postID=437679444631861759<br /> Peut on dire que la BCE a créé beaucoup de monnaie "papier" en tous cas plus que la FED et que pour maintenir quelque peu une inflation galopante elle a gardé des taux élevés. Y a-t-il une autre explication en particulier parce que la BCE n'émet pas d'obligations pour la dette des états?<br /> Merci par avance de votre éclairage.
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T
PIB français plutôt 2600 M euro?
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C
<br /> Non !<br /> <br /> <br />
J
Merci infiniment pour ce commentaire bien documenté, mais à ce niveau c'est bien plus que cela.<br /> Vous m'avez choqué !! <br /> Après lecture on a envie de se pincer...<br /> Merci d'avoir remis les choses en place et de faire partager vos connaissances.
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