Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Après les taux de la Fed à zéro

Après les taux de la Fed à zéro


Après la décision de la Fed de baisser ses taux dans une marge de fluctuation calée à zéro, les capitaux sont toujours réfugiés sur les Treasuries : les rendements des Bills étaient encore à zéro virgule zéro pas grand chose pour cent hier soir mardi 16 décembre,

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements des Notes ont eux aussi plongé alors que les indices actions ont augmenté, ce qui montre qu’il y a vraiment beaucoup d’argent en attente,

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements, surtout ceux des Notes à 10 ans plongent depuis le 13 novembre, c’est à dire depuis qu’Henry Paulson a déclaré que les $700 milliards de son plan initial n’étaient finalement pas indispensables (point noir sur le graphique 3), et encore plus après la décision de la Fed,

Graphique 3 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les rendements des Treasuries n’ont jamais été aussi bas (leur minimum historique est représenté par le point rouge) et leur baisse n’a jamais été aussi forte,

Graphique 4 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


C’est le temps des grandes turbulences.


L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans baisse après avoir atteint un maximum (le 13 novembre), ce qui signifie qu’après le point bas de la croissance, les marchés anticipent rationnellement une reprise de la croissance (comme en 2003) après la destruction créatrice de ces derniers mois grâce à la baisse des taux de la Fed à zéro (ce qui permet de réduire les coûts financiers des emprunts des Américains et des entreprises),

Graphique 5 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


La baisse de cet écart est plus visible sur le graphique 6 qui montre que la croissance repartira dans la zone euro (en Allemagne du moins !), mais moins fortement qu’aux Etats-Unis,

Graphique 6 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


La Fed a lancé ses dernières munitions dans une bataille historique.


Le patron de la Fed est toujours un pilote de bombardier redoutable.


Avec Alan Greenspan, c’était peinard : une bonne vieille forteresse volante bien visible de loin, mais avec le bombardier furtif B-2, on ne voit pas grand chose, mais ça fait mal, très mal même, mais après, l’avenir s’annonce radieux…

***

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
merci bien et afin que vs puissiez vs faire une opinion plus large je vous laisse ici 2 interventions récentes de bertez toujours dans l'agefi et que j'avais pris soin d'archiver...<br /> <br /> --------------------------<br /> BERTEZ/AGEFI/CARRY TRADE MONDIAL 08:28 01/12/08 <br /> BRUNO BERTEZ 1/12/08<br /> <br /> Les marchés financiers mondiaux<br /> viennent de connaître ou sont en<br /> train de connaître un très beau<br /> rally. Rien que sur le S & P500 à<br /> l’heure où nous écrivons, la reprise<br /> est de 18% sur les plus bas du<br /> 21 novembre. Au niveau mondial,<br /> la reprise sur les plus bas est, selon<br /> les indices, de 15 à 16%.<br /> Ce puissant rally a démarré alors<br /> que les pertes étaient de 51,4% sur<br /> les plus hauts pour le S & P et de<br /> 56% sur les plus hauts de l’indice<br /> mondial. Peu ou prou, on peut<br /> dire que la chute des marchés s’est<br /> arrêtée au niveau de cette sorte de<br /> ligne dans le sable qui sépare la<br /> récession de la dépression.<br /> Avec une baisse de 50%, nous sommes<br /> encore dans les normes d’un<br /> marché de récession; au-delà,<br /> nous entrons dans un marché précurseur<br /> et annonciateur d’une dépression<br /> historique. Bien entendu,<br /> nous parlons en chiffres<br /> ronds. Autre manière de considérer<br /> les choses, la baisse de 50% a<br /> effacé tous les gains qui avaient<br /> été réalisés au cours de la grande<br /> bulle de 2003/20007. Bulle qui,<br /> nous vous le rappelons, avait été<br /> soufflée par Greenspan pour pallier<br /> les effets de l’éclatement<br /> d’une autre bulle, celle de la technologie.<br /> Toute la hausse post-bulle<br /> technologie, internet et telecoms<br /> a été effacée, ce qui montre bien,<br /> soit dit en passant et avec le sourire<br /> que «bien mal acquis ne profite<br /> jamais».<br /> Encore un grand merci<br /> à Alan Greenspan<br /> Greenspan nous a sauvé de la déflation<br /> par la stimulation monétaire,<br /> le leverage et le crédit. Nous<br /> en avons payé le prix, nous en<br /> payons le prix. Tout le capital fictif<br /> a disparu, balayé.<br /> Nous en sommes là. En quelque<br /> sorte à la croisée des chemins et<br /> ce n’est pas une figure de style.<br /> <br /> Le coup d’arrêt donné alors que<br /> les indices ont été amputés de<br /> moitié, ce coup d’arrêt a des justifications<br /> de divers ordres.<br /> <br /> D’abord, justifications techniques.<br /> La surpression vendeur exercée<br /> par les hedge funds en mal de<br /> rédemption s’est atténuée. C’est<br /> l’effet du calendrier des préavis.<br /> Maintenant les hedge funds sont<br /> très liquides et, comme d’habitude,<br /> certains ne résistent pas à la<br /> tentation de «remettre quelques<br /> billes dans le commerce». On ne<br /> sait jamais. Et puis, toujours au<br /> plan technique, il y a une bonne<br /> vieille habitude des marchés qui<br /> consiste, quand ils ont cassé un<br /> plus bas significatif, à faire, derrière,<br /> une reprise de belle envergure.<br /> Si vous regardez la courbe<br /> du Dow Jones pour la période<br /> 1929/1939, vous verrez que cela<br /> a été régulièrement le cas. Ici, on<br /> avait enfoncé deux seuils majeurs.<br /> Deux raisons de rebondir.<br /> <br /> Ensuite, justifications au niveau<br /> du sentiment. Les investisseurs<br /> fondamentalistes, les investisseurs<br /> «value», ceux qui ne jouent<br /> pas le momentum ont décidé<br /> que, dans les niveaux de novembre,<br /> on était revenu sur des bases<br /> d’investissement à long terme.<br /> Pour un fondamentaliste, une action,<br /> c’est la somme actualisée<br /> d’un flux de revenus à l’infini et<br /> en prenant les normes historiques<br /> très longues, on s’aperçoit<br /> que cela est vrai. Nous sommes<br /> à un très bon point d’entrée pour<br /> le portefeuille. Un auteur réputé<br /> comme Martin Wolf dans le Financial<br /> Times est venu mettre<br /> une estampille remarquée sur<br /> cette thèse. Ce n’est pas vraiment<br /> sa spécialité, mais peu importe.<br /> Vous remarquerez que nous rangeons<br /> l’argument fondamentaliste<br /> dans la catégorie du sentiment.<br /> Pour nous en effet, il s’agit<br /> d’une conviction, d’une perception,<br /> mais nullement d’une réalité.<br /> Nous restons fidèles à notre<br /> méthode de travail et à notre cadre<br /> analytique: nous sommes<br /> dans l’incertitude radicale et, de<br /> l’incertitude ne peut jaillir aucune<br /> certitude.<br /> <br /> Enfin, justification par les nouvelles.<br /> Personne ne contestera que<br /> ces derniers jours, nous avons été<br /> gratifiés d’un véritable feu d’artifice.<br /> Nous laissons de côté,<br /> comme l’ont fait les marchés, les<br /> mauvaises nouvelles qui confirment<br /> l’entrée en récession et nous<br /> ne retenons que les bonnes. C’est<br /> à croire que les camions de pompiers<br /> s’étaient donnés rendezvous<br /> cette semaine. Nous nous<br /> contentons d’une énumération<br /> partielle:<br /> •offensive Obama pour lever l’incertitude<br /> et créer une attente favorable<br /> sur la composition de son<br /> équipe économique<br /> •sauvetage de Citigroup. Une sauvetage<br /> très généreux, on a en quelque<br /> sorte sursauvé Citigroup<br /> •mise en place d’un plan de soutien<br /> aux consommateurs, au secteur<br /> automobile, aux cartes de<br /> crédit, au housing et il y en a certainement<br /> d’autres que nous oublions<br /> •tentative à coups de centaines<br /> de milliards de débloquer la sécuritisation<br /> en apportant une sorte<br /> d’assurance à divers segments de<br /> marché<br /> •évocation d’un plan de soutien<br /> budgétaire considérable aux<br /> Etats-Unis; annonce d’un plan de<br /> 200 milliards en Europe. Stimulation<br /> fiscale tout aussi considérable<br /> en Grande-Bretagne<br /> •préparation d’un plan budgétaire<br /> et monétaire au Japon. On<br /> parle d’un retour à la ZIRP (politique<br /> d’intérêt zéro) et Quantitative<br /> Easing. On chuchote que tout va<br /> être fait pour faire baisser le yen.<br /> Et quand on sait que sa hausse est<br /> un baromètre de crise… on en tire<br /> les conclusions qui s’imposent<br /> •last but not least, la Chine accélère<br /> son dopage monétaire et effondre<br /> ses taux; elle réduit les réserves<br /> obligatoires. La volonté de<br /> relance à tout prix des Chinois ne<br /> fait plus aucun doute.<br /> Les Etats coordonnent<br /> la communication<br /> Nous arrêtons l’énumération. Ces<br /> annonces ne sont pas le fait du hasard.<br /> Le G20 s’est réuni il n’y a pas<br /> si longtemps. Faute de coordonner<br /> réellement les politiques et<br /> d’envisager les choses sous un angle<br /> global, on coordonne la communication<br /> et la gestion des nouvelles.<br /> L’impact sur les marchés<br /> est fort car on a tiré en salves. Les<br /> opérateurs n’ont pas eu le temps<br /> de jouer le fait accompli. Déjà un<br /> autre coup partait. Les munitions<br /> donnent l’impression d’être infinies.<br /> Personne ne se soucie plus<br /> de les économiser. Il faut peut-être<br /> souligner que l’Allemagne et la<br /> BCE font un peu exception. La culture<br /> allemande de la prudence<br /> s’est manifestée tout au long de<br /> ces derniers jours. D’ailleurs, on<br /> lui reproche. Est-ce bien, est-ce<br /> mal? L’avenir dira qui avait raison.<br /> La ligne dans le sable n’a pas été<br /> franchie. Les mouvements de<br /> foule, les phénomènes de boules<br /> de neige ont été stoppés.<br /> <br /> Quel est<br /> le potentiel de la reprise? Enorme.<br /> <br /> L’histoire indique que, dans des<br /> situations comparables, catastrophiques,<br /> on peut connaître des rebonds<br /> de 50%. Et nous ne sommes<br /> qu’à moins de 20%!<br /> Plus sérieusement, il nous faut revenir<br /> sur nos dernières chroniques.<br /> Nous avons développé l’idée<br /> que la ligne de partage entre la<br /> baisse générationnelle et la dépression<br /> était dans le comportement<br /> des marchés de Fonds<br /> d’Etat. En gros, face à la débâcle<br /> du secteur bancaire officiel et souterrain,<br /> le remède consiste à tout<br /> faire remonter aux bilans des<br /> Etats. Face au risque, on substitue<br /> la signature des gouvernements,<br /> des Banques centrales et des Etats<br /> à celle du système financier. Si<br /> cette substitution, ce transfert,<br /> sont acceptés par le marché, par<br /> les investisseurs privés et par les<br /> investisseurs souverains, c’est-àdire<br /> si les gouvernements réussissent<br /> à se refinancer, ce sera un succès<br /> et la dépression sera évitée.<br /> <br /> Au-delà de toutes les bonnes raisons<br /> de hausse que nous avons<br /> énumérées et décrites ci-dessus,<br /> il y en a une qui est vraiment majeure.<br /> Elle est pourtant passée inaperçue.<br /> Alors que la masse des engagements<br /> souverains progresse<br /> de façon formidable, alors que les<br /> risques s’accumulent et alors que<br /> certains se posent la question de<br /> savoir qui va sauver les Etats, les<br /> fonds d’Etat sont recherchés. Ils<br /> montent. Les rendements baissent.<br /> Plus les gouvernements promettent<br /> d’émettre des titres, et<br /> plus la demande s’élargit. L’offre<br /> crée la demande; les prix, c’est-àdire<br /> les rendements, baissent. Paradoxe?<br /> Oui et non. Avec la reprise<br /> des actions, on aurait pu assister<br /> à une chute des fonds d’Etat. C’est<br /> l’inverse qui s’est produit. Quand<br /> les actions se sont envolées, le rendement<br /> du 10 ans US s’est effondré.<br /> On était à 3,37%. On est passé<br /> un moment sous les 3% à 2,97%.<br /> La corrélation classique hausse<br /> du Standard and Poor/hausse des<br /> rendements s’est brisée.<br /> A notre avis, cela mérite attention<br /> et réflexion. Une autre mécanique<br /> que celle de la fuite devant<br /> le risque et l’achat d’assurance<br /> s’est peut-être mis en branle sur<br /> le marché des fonds d’Etat. Il est<br /> trop tôt et peut-être aventureux<br /> et tenter de la décortiquer dès<br /> maintenant. Mais nous proposerons<br /> une piste.<br /> <br /> Le grand tournant de la crise<br /> a été le recouplage<br /> Nous avons le sentiment qu’un gigantesque<br /> carry-trade souverain<br /> est en train de se mettre en place.<br /> C’est déjà ce qui s’est passé il y a<br /> quelques années lors de la récession<br /> post-bulle technologique.<br /> Certains Etats souverains se comportent<br /> comme des hedge funds,<br /> selon le schéma suivant: ils utilisent<br /> l’épargne intérieure dont ils<br /> font baisser la rémunération et<br /> donc le coût; ils achètent des dollars<br /> pour faire baisser leur propre<br /> devise et maintenir leur part de<br /> marché mondial; ils emploient<br /> ces dollars en valeurs du Trésor<br /> américain. Au lieu d’être désastreuse,<br /> comme certains le croient,<br /> cette opération est rentable. L’argent<br /> de l’épargne intérieure ne<br /> coûte presque rien. Et pour peu<br /> que le dollar monte, ce qui est l’objectif,<br /> la hausse du dollar vient bonifier<br /> le rendement servi par le<br /> Trésor US.<br /> Les Japonais l’ont fait à grande<br /> échelle dans la récession dot-com.<br /> Si nos souvenirs sont exacts, c’est<br /> près de 400 milliards de dollars<br /> qu’ils ont ainsi mis à disposition<br /> des Etats-Unis. Nous avions à l’époque<br /> désigné la BoJ comme la soeur<br /> jumelle japonaise de la Fed. A<br /> l’époque, il s’agissait de centaines<br /> de milliards; avec les nouveaux arrivants<br /> sur la scène mondiale<br /> comme la Chine, on peut imaginer<br /> que les opérations se chiffrent<br /> en trillions. Nous sommes peutêtre<br /> face à une sorte de tourniquet<br /> monétaire global. Les Etats-Unis<br /> inondent le monde de liquidités,<br /> les pays exportateurs achètent les<br /> dollars excédentaires pour empêcher<br /> la hausse de leur monnaie et<br /> les piloter à la baisse. Ils replacent<br /> les dollars ainsi accumulés auprès<br /> des institutions américaines.<br /> Si nous ne nous trompons pas, le<br /> grand tournant de la crise a été le<br /> recouplage. Cyniquement, les<br /> Etats-Unis doivent le bénir. Peutêtre<br /> même avec un cynisme certainement<br /> exagéré, peut-on dire<br /> que sous cet angle, la faillite de<br /> Lehman a été un bon point.<br /> Quand le reste du monde s’est mis<br /> à l’unisson des Etats-Unis, quand<br /> la périphérie a commencé à prendre<br /> peur et à s’affoler, les capitaux<br /> ont reflué vers les Etats-Unis. La<br /> mécanique du sauvetage américain<br /> a été lancée. Quand la récession<br /> s’est annoncée au Japon et<br /> que le ralentissement s’est précisé<br /> en Chine, ces pays ont redécouvert<br /> les vertus de la baisse du<br /> change et de la dévaluation. Les<br /> achats de dollars et le recyclage<br /> en valeurs du Trésor sont le complément.<br /> Bref, le système BWII<br /> (Bretton Woods II) que l’on a tant<br /> critiqué comme cause de la crise<br /> est peut-être en train de se révéler<br /> être le remède et la solution. Et<br /> dire que Sarkozy voulait le remettre<br /> en question..... <br /> --------------------------<br /> BRUNO BERTEZ/agefi <br /> BRUNO BERTEZ<br /> 5/12/08<br /> <br /> A la différence des commentateurs,<br /> prudents, qui émettent<br /> des analyses et des jugements<br /> nuancés, nous pratiquons, vous<br /> l’avez remarqué, la caricature.<br /> Nous forçons le trait pour<br /> convaincre.<br /> Il s’agit d’un choix délibéré car<br /> notre expérience nous a appris<br /> que la plupart des commentaires<br /> construits sur le modèle<br /> «d’un côté, il y a ceci, mais de<br /> l’autre, il y a cela», sont inutiles.<br /> Nous avons donc choisi d’être<br /> manchots.<br /> L’une des pierres angulaires de<br /> notre cadre analytique est que<br /> les marchés ne constituent pas<br /> une réalité mais un jeu de signes.<br /> Les marchés sont évidemment<br /> beaucoup d’autres choses<br /> mais, dans les circonstances présentes,<br /> nous voudrions mettre<br /> en avant le fait que les marchés<br /> constituent le masque des rapports<br /> souverains. Ils sont en quelque<br /> sorte un théâtre d’ombres.<br /> Derrière le rideau, derrière ce<br /> qui est donné à voir aux spectateurs,<br /> ce qui se joue, c’est la<br /> grande pièce de la géopolitique<br /> internationale.<br /> En temps normal, on ne le voit<br /> pas. Les commentateurs et les<br /> responsables de la conduite des<br /> affaires se concentrent essentiellement<br /> sur le court terme. Et sur<br /> ce qui apparaît. Et il est évident<br /> que ce qui apparaît, ce n’est que<br /> ce qui est destiné à la perception.<br /> Ce que l’on appelle généralement<br /> le politiquement correct,<br /> c’est cette forme de discours,<br /> cette sorte de communication<br /> qui en fait n’en est pas une. Le<br /> politiquement correct glisse à la<br /> surface des choses et des événements;<br /> il s’efforce de biaiser les<br /> liens de causalité. Sa fonction est<br /> de dissimuler l’articulation des<br /> causes et des effets, la dialectique<br /> des rapports de forces et<br /> donc bien entendu, in fine, la Vérité.<br /> Le politiquement correct ne<br /> ment pas, il passe simplement à<br /> côté du réel.<br /> Les théories, les modes, les pratiques,<br /> tout ceci ne constitue en<br /> réalité que le produit des relations<br /> entre les Etats. Pour donner<br /> un exemple qui est flagrant<br /> et qui a été étudié, le libéralisme<br /> américain, toute la théorie économique<br /> et la théorie financière<br /> qui en ont découlé ne sont rien<br /> d’autre que l’habillage du choix<br /> de position dans le monde qui<br /> a été fait par les Etats-Unis. Habillage<br /> d’une position de domination<br /> unipolaire complétée par<br /> l’acceptation, résignation des<br /> autres puissances mondiales à<br /> cette position américaine.<br /> Obama chante le changement<br /> mais ne change rien<br /> Cette introduction n’est nullement<br /> une digression. A notre<br /> avis, elle nous plonge crûment<br /> au coeur de la situation présente.<br /> Une situation présente dont les<br /> grandes lignes sont les suivantes:<br /> la crise financière, économique<br /> et monétaire américaine, la<br /> transition vers la prise de pouvoir<br /> d’Obama, la nomination de<br /> l’équipe chargée de diriger la finance,<br /> l’économie et la politique<br /> étrangère. C’est un moment crucial.<br /> Un moment où à la fois tout<br /> s’engage et où tout encore est<br /> peut-être réversible ou presque.<br /> Nous disons presque car en réalité<br /> aussi bien les discours<br /> d’Obama, les assurances qu’il a<br /> données à l’étranger, les nominations<br /> des responsables économiques<br /> et financiers, et surtout<br /> la nomination d’Hillary Clinton<br /> aux Affaires Etrangères, tout<br /> cela peut faire croire ou craindre<br /> à certains que le point de non-retour<br /> ne soit déjà dépassé. En<br /> quelque sorte, Obama a été élu<br /> sur un programme de changement<br /> et tout, absolument tout,<br /> dans ses premières décisions, va<br /> dans le sens de la poursuite et du<br /> prolongement du passé. Les<br /> changements ne concernent que<br /> l’écume des choses qui masque<br /> une rigoureuse continuité.<br /> Juste pour être persuasif, disons<br /> que Geithner ne s’est jamais<br /> désolidarisé de la Fed et a toujours<br /> soutenu le choix de la<br /> priorité à la finance; Rubbin a<br /> été l’artisan de l’impérialisme<br /> financier américain par le biais<br /> du leurre de la politique du dollar<br /> fort; quant à Volcker, il a<br /> donné le grand signal de la désindustrialisation<br /> américaine et<br /> de l’exode des usines. Le plus intéressant<br /> est évidemment Clinton.<br /> Tant par la relation de<br /> proximité avec son mari que par<br /> ses déclarations, elle s’inscrit<br /> dans le droit fil de la politique<br /> étrangère impériale qui a été<br /> menée jusqu’alors.<br /> Evidemment, on ne le rappelle<br /> pas, mais le discours inaugural<br /> de la déclaration de guerre de<br /> Ben La den pose exactement le<br /> cadre de l’action d’Al Qa ïda dans<br /> les termes que nous venons<br /> d’évoquer ci-dessus. Selon Ben<br /> La den, les Etats-Unis sont la première<br /> puissance mondiale. Ils<br /> imposent leur ordre au reste du<br /> monde grâce à leur supériorité<br /> militaire. Cette supériorité militaire<br /> repose sur la puissance de<br /> leur économie. Leur économie<br /> repose sur leur domination financière<br /> et le rôle du dollar.<br /> C’est donc là qu’il faut attaquer.<br /> Il faut prendre les choses à la<br /> base. L’objectif fixé par Ben La den<br /> dans son discours inaugural<br /> est de ruiner la position financière<br /> des Etats-Unis.<br /> <br /> La victoire de Ben La den<br /> et de ses amis<br /> Vu sous cet angle, on peut être<br /> étonné que personne n’ait osé<br /> faire le rapprochement et n’ait<br /> évoqué le fait que la crise dans<br /> laquelle se trouvent les Etats-<br /> Unis constitue une victoire de<br /> Ben La den et de ses amis. Ben Laden<br /> a beaucoup étudié ce qui<br /> s’est passé au moment de la<br /> guerre du Vietnam. Il l’a étudié<br /> avec une vision très large et pas<br /> seulement militaire. La guerre<br /> du Vietnam a failli coûter aux<br /> Etats-Unis leur position de prééminence<br /> dans le monde. Pourquoi?<br /> Non pas parce qu’ils ont<br /> perdu la guerre, mais parce que<br /> tout au long de cette guerre, ils<br /> ont dû financer le beurre et les<br /> canons. Ils ont dû inflater la<br /> monnaie, affaiblir leur système<br /> et même l’avilir.<br /> La comparaison avec l’héritage<br /> de Bush est flagrante. Bush, lui<br /> aussi, a fait le choix de l’impérialisme<br /> militaire. Il a refusé de<br /> faire payer aux Américains les<br /> sacrifices qu’ils auraient dû<br /> consentir. Il leur a promis et<br /> donné le beurre et les canons. A<br /> crédit. A crédit à l’intérieur et à<br /> crédit à l’extérieur. Les Etats-Unis<br /> se trouvent en ce moment de<br /> transition dans une situation<br /> qui est tout à fait semblable à<br /> celle qui prévalait au moment<br /> de la fin de la guerre du Vietnam.<br /> Pour que la similitude ne<br /> fasse aucun doute, il suffit de<br /> souligner que de la même manière<br /> que Volcker a été l’homme<br /> de la reprise en mains, l’homme<br /> de la lutte contre l’inflation et<br /> de la restauration du dollar au<br /> lendemain de la guerre du Vietnam,<br /> le même Volcker a maintenant<br /> une position privilégiée<br /> dans l’équipe d’Obama.<br /> Tout système, dit-on, évolue en<br /> fonction de ses contradictions<br /> internes. Le système Obama est<br /> à peine posé que, déjà, il est miné<br /> par ses contradictions. La plus<br /> criante est celle qui consiste,<br /> d’un côté, à s’engager sur la voie<br /> de la continuité de l’unilatéralisme<br /> et de l’impérialisme, et de<br /> l’autre, à se trouver en position<br /> de dépendre totalement de<br /> l’étranger pour refinancer le sauvetage<br /> de son système financier.<br /> La contradiction existe. Elle est<br /> incontestable, mais il est évident<br /> que comme toutes les contradictions,<br /> elle peut être dépassée. Il<br /> suffit que la solidarité, ou si l’on<br /> veut la complicité, d’une partie<br /> de l’étranger avec les Etats-Unis<br /> soit assurée. Il suffit que la<br /> Chine, le Japon, l’Inde, les producteurs<br /> de pétrole, considèrent<br /> que l’ordre du monde actuel est<br /> celui qui leur convient le mieux<br /> et qu’ils acceptent en conséquence<br /> de tout mettre en oeuvre<br /> pour le stabiliser. Stabiliser, cela<br /> signifie mettre leurs réserves à<br /> la disposition du sauvetage du<br /> système financier américain,<br /> acheter des valeurs du Trésor.<br /> Il y a quelques semaines, au plus<br /> fort de la crise, c’est à dire au moment<br /> où le système vacillait et<br /> où partout dans le monde la<br /> confiance dans les banques était<br /> en train de s’envoler, on n’était<br /> absolument pas sûr de la continuité.<br /> On parlait de grandes réformes,<br /> non pas financières,<br /> mais monétaires, ce qui est très<br /> différent. On contestait la position<br /> américaine, on mettait en<br /> avant leur responsabilité. Vous<br /> avez remarqué qu’une semaine<br /> avant la réunion du G20, tout<br /> s’est évaporé. L’activité diplomatique<br /> a été intense. Des assurances<br /> ont été données d’un côté,<br /> des promesses ont été faites de<br /> l’autre. Le G20 n’a pas été le sommet<br /> du changement, il a été celui<br /> de la consécration de la continuité.<br /> Les Etats-Unis et leurs alliés<br /> verrouillent le jeu<br /> Au cours de ces journées de<br /> concertation internationale, il<br /> est évident que l’on a choisi de refuser<br /> l’ajustement, la résorption<br /> des excès, la fin du laxisme. On<br /> a refusé le changement monétaire<br /> bien sûr, et l’on s’est<br /> contenté de quelques modestes<br /> changements financiers.<br /> On voit clairement maintenant<br /> que l’objectif est de relancer la<br /> machine financière existante et<br /> le modèle des vingt dernières années,<br /> c’est à dire celui de la sécuritisation.<br /> On a refusé le changement<br /> de division internationale<br /> du travail. On a consacré le modèle<br /> de la globalisation des vingt<br /> dernières années tel qu’il se schématise<br /> par la désindustrialisation<br /> des grands pays développés et la<br /> priorité chez eux aux services et<br /> à la finance. On tente de sauver<br /> Wall Street. On continue de donner<br /> la priorité à la finance sur la<br /> production. L’Amérique a fourni<br /> des gages anti-protectionnistes<br /> (Obama n’a pas contredit). On<br /> laisse s’effondrer les prix du pétrole,<br /> ce qui signe la fin des<br /> grands projets alternatifs. On<br /> s’achemine vers un sauvetage<br /> (qui sera un peu difficile à faire<br /> passer, certes) de l’industrie automobile<br /> mondiale.<br /> <br /> L’excès de crédit faisait<br /> partie intégrante du système<br /> Bref, ce qui a été choisi, que ce soit<br /> clair ou non, c’est la tentative de<br /> poursuite de la globalisation telle<br /> qu’elle s’est déroulée depuis vingt<br /> ans, telle qu’elle a été voulue par<br /> les Etats-Unis et telle qu’elle a été<br /> acceptée par ceux qui considèrent<br /> qu’ils y ont un intérêt géostratégique<br /> à long terme, c’est à<br /> dire essentiellement les Asiatiques.<br /> On ne le redira jamais assez,<br /> l’excès de crédit des vingt dernières<br /> années n’a pas pour<br /> origine la folie des hommes, l’avidité<br /> des banquiers, la naïveté des<br /> emprunteurs. L’excès de crédit<br /> des vingt dernières années a été<br /> produit par le type de globalisation<br /> qui a été voulu. L’excès de crédit<br /> était indispensable, il faisait<br /> partie intégrante du système.<br /> Face à la pression sur l’emploi et<br /> le pouvoir d’achat dans les pays<br /> victimes de l’arbitrage international<br /> du travail, il fallait pour<br /> faire accepter la globalisation et<br /> ses peines compenser par le crédit<br /> bon marché.<br /> La politique étrangère, la géopolitique,<br /> viennent de se rappeler<br /> de façon horrible à notre attention.<br /> L’attentat de Mumbai n’est<br /> pas le fruit du hasard. Ni dans sa<br /> localisation, en Inde allié maintenant<br /> privilégié des Etats-Unis,<br /> ni dans son timing, au moment<br /> de la transmission du pouvoir<br /> présidentiel américain. C’est un<br /> attentat capital dont les conséquences<br /> sur la déstabilisation du<br /> Pakistan vont être considérables.<br /> Le Pakistan est le point faible stratégique<br /> de la région. Il possède la<br /> bombe atomique. L’attentat<br /> oblige l’Inde et les Etats-Unis à<br /> faire pression sur le pouvoir pakistanais.<br /> Ce faisant, ils le déstabilisent<br /> et l’affaiblissent encore<br /> plus. Cet attentat est un message,<br /> il est le message de ce à quoi il faut<br /> s’attendre si le choix de la continuité<br /> est confirmé.
Répondre
C
<br /> ok<br /> vous avez d'excellentes archives !<br /> <br /> <br />
L
bonjour je voudrais connaitre votre avis sur l'article qui suit...il est signé par bruno bertez de l'agefi ( suisse)et je trouve qu'au dela des differences vous vous rejoignez sur de nombreux dans l'analyse...par directement ici mais par ailleurs il fait aussi svt intervenir des éléments de type géostratégiques et d'éco politique qui permettent de réunir les pieces du puzzle... <br /> ------------------------------<br /> BRUNO BERTEZ/agefi 19/12/08 <br /> BRUNO BERTEZ<br /> <br /> Mardi soir, quelques heures<br /> après l’annonce par la Réserve<br /> fédérale américaine de l’adoption<br /> d’une politique monétaire<br /> extrême et non conventionnelle,<br /> Paulson et Geithner sont venus<br /> s’exprimer à la télévision.<br /> Ils ont choisi de le faire sur CNBC,<br /> à l’heure de l’écoute maximum,<br /> c’est à dire au moment de la clôture<br /> de Wall Street. Notons en<br /> passant que le climat était favorable<br /> pour leur écoute puisque<br /> le marché venait de monter de<br /> près de 5%.<br /> L’interview était menée par Maria<br /> Bartiromo, ce qui garantissait<br /> à ses interlocuteurs une prestation<br /> sans risque, dans la ligne<br /> des spots publicitaires positifs<br /> que l’on voit régulièrement passer<br /> sur la chaîne. Ce n’est pas par<br /> hasard que CNBC est souvent désigné<br /> sous son autre nom de «<br /> Bubble TV». De fait, la journaliste/<br /> présentatrice a parfaitement<br /> passé les plats à ses invités<br /> et ils n’ont eu qu’à se servir.<br /> Là n’est pas notre problème.<br /> Paulson et Geithner ont servi les<br /> affirmations et commentaires<br /> que l’on attendait d’eux. Ou plutôt<br /> que Bernanke attendait<br /> d’eux. Vous savez en effet que le<br /> patron de la Fed est un spécialiste<br /> non seulement du pilotage<br /> des hélicoptères mais aussi de<br /> l’étude de l’influence de la communication<br /> sur les marchés financiers.<br /> Il ne pouvait décemment<br /> venir chanter ses propres<br /> louanges devant Maria Bartiromo,<br /> il a donc délégué Paulson<br /> et Geithner. Ils ont été à la hauteur.<br /> Le message central que nous,<br /> analyste critique, retenons de<br /> l’intervention de ces deux responsables<br /> est simple, percutant:<br /> «nous allons réussir parce que<br /> nous avons la chance que la Fed<br /> est d’accord avec nous et fait ce<br /> qui est nécessaire ». En d’autres<br /> termes, le pouvoir politique est<br /> optimiste parce que son action<br /> et celle de la Fed se complètent.<br /> Cela a été redit plusieurs fois et<br /> sous d’autres formes au cours de<br /> l’entretien.<br /> D’où la question: en quoi l’action<br /> du Trésor et celle de la Fed se<br /> complètent-elles? Elles se complètent<br /> de la façon suivante. Le<br /> Trésor vend des Treasury Bills ce<br /> qui permet l’augmentation du<br /> bilan de la Fed, laquelle augmentation<br /> du bilan de la Fed permet<br /> l’augmentation de la création de<br /> monnaie. La complémentarité<br /> dont il s’agit, c’est celle de l’émission<br /> de Treasury Bills et du fonctionnement<br /> de la printing press.<br /> Le tout noyé dans un jargon qui<br /> toujours masque la réalité, il est<br /> fait pour cela, à savoir l’augmentation<br /> du bilan de la Fed. L’un<br /> crée le titre, l’autre la monnaie.<br /> Peu importe que le tourniquet<br /> soit dans un sens ou dans l’autre,<br /> et qu’en pratique on ne<br /> puisse distinguer ce qui est premier<br /> de la création monétaire<br /> ou bien de l’émission de valeurs<br /> du Trésor. L’essentiel est que l’un<br /> permette l’autre. La création monétaire<br /> entretient, en ces temps<br /> de crise, un surplus considérable<br /> de liquidités en quête d’emploi.<br /> Le Trésor récolte l’essentiel<br /> de ces surplus. Le taux d’intérêt<br /> sur les échéances courtes devient<br /> nul voire négatif. Les taux<br /> sur les échéances longues s’effondrent.<br /> Nous avons détaillé<br /> une version plus sophistiquée de<br /> ce tourniquet il y a quelques<br /> temps en introduisant dans le<br /> processus la soeur jumelle de la<br /> Fed, la Bank of Japan.<br /> A partir du moment où la Fed accepte<br /> de jouer le jeu, c’est à dire<br /> qu’elle va dans le sens du Trésor,<br /> on ne peut, comme Paulson<br /> qu’être optimiste. Optimiste<br /> pour le succès dans la lutte<br /> contre la crise financière, optimiste<br /> dans le combat pour la reflation.<br /> Depuis son analyse de la Grande<br /> Dépression, Bernanke est sûr<br /> que cela ne se reproduira pas car<br /> il dispose, dit-il, de la printing<br /> press; Paulson aussi en est sûr<br /> maintenant, puisque Bernanke<br /> accepte de mettre cette printing<br /> press au service du gouvernement.<br /> Revenons au communiqué du 16<br /> décembre publié par le FOMC.<br /> D’abord, on trouve un hommage<br /> du vice à la vertu «le Comité s’attend<br /> à ce que l’inflation continue<br /> de se réduire au cours du<br /> prochain trimestre».<br /> Ensuite, une fois écartée la limite<br /> à la création monétaire, le Comité<br /> promet «d’employer tous<br /> les outils disponibles…» et en particulier<br /> de « garantir des taux<br /> d’intérêt exceptionnellement<br /> bas pendant suffisamment longtemps<br /> ». Ceci pour les taux d’intérêt<br /> nuls ou quasi nuls qui viennent<br /> d’être annoncés.<br /> Enfin, «la priorité du Comité sera<br /> de supporter le fonctionnement<br /> des marchés financiers, de stimuler<br /> l’économie par des opérations<br /> d’achats de titres et d’autres<br /> mesures permettant de<br /> maintenir la taille du bilan de la<br /> Fed à un haut niveau ». Le Comité<br /> confirme donc que la Fed achète<br /> des valeurs hypothécaires et les<br /> dettes des agences Fannie, Freddie<br /> et autres, ce que l’on savait<br /> déjà. Mais elle le dit bien haut<br /> pour que nul ne l’ignore.<br /> Le Comité va plus loin, beaucoup<br /> plus loin. Il déclare « évaluer les<br /> bénéfices potentiels qu’il y aurait<br /> à acheter les valeurs à long<br /> terme du Trésor ».<br /> Tout est dit dans le communiqué.<br /> On ne peut mieux confirmer<br /> le tourniquet décrit ci-dessus.<br /> <br /> On peut expliquer la<br /> situation plus crûment et plus<br /> cyniquement.<br /> <br /> La guerre au cash<br /> <br /> Phase 1, la Fed détruit toutes les<br /> rémunérations des placements<br /> à court terme en effondrant les<br /> taux des Fed Funds. Elle déclare<br /> une véritable guerre au cash.<br /> Elle dissuade tous les comportements<br /> prudents ou frileux.<br /> Elle le fait d’autant plus facilement<br /> que les dépôts en banque,<br /> les placements fiduciaires sont<br /> loin d’être garantis pour les gros<br /> déposants et que ceux-ci doivent<br /> obligatoirement faire quelque<br /> chose s’ils ne veulent pas prendre<br /> le risque d’un default.<br /> La courbe des taux attaquée<br /> <br /> Phase 2, quand les taux courts<br /> sont réduits à zéro, on s’attaque<br /> à la courbe des taux. On provoque<br /> la baisse des taux longs à la<br /> fois par le jeu du marché et des<br /> arbitrages et par des déclarations<br /> qui suggèrent que l’on va<br /> manipuler la courbe des taux. La<br /> mécanique s’enclenche.<br /> Le processus s’emballe<br /> <br /> Phase 3, le processus boursier<br /> s’emballe, le rendement des valeurs<br /> longues du Trésor chute,<br /> les cours montent. Le momentum<br /> est lancé. Les investisseurs<br /> se disent je n’ai que 2,5% de rendement,<br /> c’est vrai, mais je gagne<br /> 10% sur le capital. Conclusion,<br /> c’est le placement du siècle surtout<br /> en ces temps de catastrophes.<br /> Les capitaux affluent, les<br /> taux baissent de plus en plus, les<br /> cours, eux, montent jusqu’au<br /> ciel. <br /> <br /> La phase 3, c’est la constitution<br /> cynique d’une bulle.<br /> La énième bulle qui vient au secours,<br /> qui vient relayer toutes les<br /> autres qui ont précédé. Après la<br /> bulle techno, la bulle du logement,<br /> la bulle du crédit, la bulle<br /> des commodities, etc., voici le<br /> temps de la bulle des valeurs du<br /> Trésor. Nous avons dit, il y a quelques<br /> semaines, que les Etats-Unis<br /> avaient gagné et que l’extension<br /> de la crise au reste du monde<br /> avait été un point très positif<br /> pour eux. Cette extension permet<br /> aux Etats-Unis de poursuivre<br /> dans le système antérieur et<br /> de ne pas le remettre en question<br /> autrement qu’à la marge.<br /> <br /> La bulle éclate<br /> La phase 4 est déjà écrite. Quand<br /> la vitesse de circulation de la<br /> monnaie va s’accélérer, quand<br /> la croissance va reprendre de la<br /> vitesse, il est évident que l’on reprendra<br /> les liquidités, que les<br /> taux remonteront et que la bulle,<br /> bien entendu, éclatera.<br /> <br /> Nous voudrions faire quelques<br /> observations.<br /> La première est d’actualité. Nous<br /> voulons parler du gigantesque<br /> système à la Ponzi de Madoff. Madoff<br /> a réussi une chaîne pyramidale<br /> de 50 milliards de dollars.<br /> Le principe de sa chaîne était<br /> d’assurer la rémunération de ses<br /> premiers souscripteurs par la<br /> souscription des suivants. La<br /> bulle créée par le couple Fed/Trésor<br /> sur les Treasuries est-elle très<br /> différente? Les anciens détenteurs<br /> de valeurs du Trésor ne tirent-<br /> ils pas l’essentiel de leurs rémunérations<br /> de l’arrivée des<br /> nouveaux souscripteurs ou acheteurs<br /> ? Madoff devait nécessairement<br /> tomber parce qu’un jour<br /> ou l’autre, le cash ferait défaut.<br /> La chaîne mise en place par le<br /> couple Fed/Trésor dispose d’une<br /> ressource supplémentaire par<br /> rapport à Madoff car elle a le pouvoir<br /> de création monétaire illimitée.<br /> La deuxième observation n’est<br /> pas encore vraiment d’actualité,<br /> mais elle pourrait bien l’être<br /> bientôt. Et si la printing press<br /> s’enrayait ? L’émission de dollars<br /> en quantité illimitée est théoriquement<br /> possible et, là, Bernanke<br /> a raison. Mais en pratique,<br /> elle ne l’est pas, et il a tort. L’émission<br /> ne peut durer que tant que<br /> la demande de monnaie américaine<br /> par le reste du monde reste<br /> forte. Or, non seulement le reste<br /> du monde peut ne plus vouloir<br /> l’accumuler, mais en plus il peut<br /> aussi ne plus pouvoir le faire. La<br /> réaction des marchés mercredi<br /> 17 à l’annonce de la politique monétaire<br /> extrême de la Fed est significative<br /> de ce qui peut se passer<br /> à un moment donné si l’on va<br /> trop loin: le dollar est tombé<br /> comme une pierre.... <br /> <br /> agefi 19/12/08
Répondre
C
<br /> Oui, très intéressant effectivement, merci, mais je ne suis pas d'accord sur certains points...<br /> j'y reviendrai, il faut que j'éclaircisse certains points...<br /> <br /> <br />
L
bon du coté des canadiens il me semble que l'on ait compris et apprécié tout l'intéret de la politique suivie par notre bombardier furtif...<br /> ----------------------------<br /> La Fed a-t-elle une marge de manoeuvre?<br /> 08.12.17 - 08:36 - Léonie Laflamme Savoie <br /> finances et investissements<br /> <br /> En établissant le taux directeur dans une fourchette se situant entre 0% et 0,25% la Fed vient carrément de tourner une page d’histoire aux États-Unis. Mais qu’est-ce qu’en pensent nos grandes banques?<br /> <br /> Cette décision de la Fed surpasse les prévisions des analystes puisque le consensus des économistes se situait plutôt autour de 0,50%. Selon Desjardins, qui prévoyait un taux directeur de 0,25% en début de semaine, cette décision est justifiée.<br /> <br /> « Ce nouveau plancher témoigne de la volonté de la Fed à combattre les difficultés actuelles au sein du marché du crédit et de l'économie, explique Francis Généreux, économiste senior chez Desjardins. Il faut dire que les signes permettant d'espérer une amélioration rapide de la conjoncture sont présentement inexistants aux États-Unis. »<br /> <br /> Du côté de la Banque Nationale, Paul-André Pinsonnault estime que la Fed dispose toujours de quelques tours dans son sac pour influencer le cours des événements futurs même si le « niveau zéro » du taux directeur a été atteint.<br /> <br /> « Bien que la banque centrale américaine ait officiellement atteint l'objectif zéro pour son taux cible de financement à un jour, la Fed peut encore influencer les conditions financières en gérant la taille et la composition de son bilan », explique-t-il.<br /> <br /> Il ajoute que la Fed doit se concentrer sur la politique monétaire et laisser la politique aux nouveaux élus démocrates qui ne sont pas encore totalement installés dans leurs nouveaux bureaux de Washington.<br /> <br /> « Nous espérons que la politique budgétaire commencera à agir rapidement. Cela enlèvera un poids des épaules de M. Bernanke et lui permettra de se concentrer sur la gestion des attentes d'inflation et la taille (ainsi que la liquidité) du bilan de la Réserve fédérale », souligne Paul-André Pinsonnault.<br /> <br /> Selon Francis Généreux, la Fed devrait maintenant se tourner vers des mesures quantitatives visant à remettre l'économie et le système financier sur la bonne voie. À long terme, la Fed devra toutefois se pencher sur le défi que représente le désengagement de toutes ces opérations lorsque la situation économique et financière reprendra un cours plus normal.<br /> <br /> « À court terme, les risques restent cependant orientés vers une dégradation de la conjoncture, et là est la principale préoccupation de M. Bernanke et de ses collègues. En somme, la Fed nous réserve d'autres surprises dans l'utilisation de son bilan afin de contrer la crise actuelle », ajoute-t-il.<br /> <br /> Pour l'instant, la Fed a décidé de maintenir son taux directeur à des niveaux « exceptionnellement bas pour quelques temps » et de procéder, au cours des mois à venir, au rachat de « grandes quantités » de créances émises par Fannie Mae et Freddie Mac afin de faire baisser les taux effectifs des crédits immobiliers.
Répondre
L
analyse toujours aussi pertinente et interessante pour tous ceux qui suivent les marchés au jour le jour.... merci a vous...<br /> en infos parallèles je laisse ici une réaction interessante d'axel weber(l'allemand) de la bce et la position de la boe...<br /> <br /> --------------------------<br /> BCE: le principal taux pourrait brièvement passer sous 2%, selon Axel Weber <br /> Date: 17/12/2008 <br /> <br /> FRANCFORT, Dec 17 (Thomson Financial) - Face à une inflation en fort<br /> ralentissement, la Banque centrale européenne pourrait descendre très bas son<br /> principal taux directeur, sous les 2%, mais très brièvement, estime Axel Weber,<br /> un de ses hauts responsables, dans une interview parue mercredi.<br /> <br /> "Je ne crierais pas au loup si, dans une situation d'inflation très basse et de<br /> taux réels positifs, les taux nominaux descendait brièvement sous 2%", a déclaré<br /> l'Allemand, également président de la Bundesbank, à l'agence financière Dow<br /> Jones Newswires.<br /> <br /> Mais le revers sera brusque, prévient-t-il déjà. Dès que les perspectives<br /> économiques s'éclairciront, la BCE devra remonter "rapidement et sans réserve"<br /> ses taux d'intérêt.<br /> <br /> Alors que la Réserve fédérale américaine vient de réduire pour la première fois<br /> de son histoire son principal taux à pratiquement zéro, la pression monte sur la<br /> BCE pour qu'elle fasse elle aussi preuve d'une audace inédite, d'autant plus que<br /> la récession en zone euro paraît s'aggraver à chaque statistique publiée.<br /> <br /> En décembre, elle avait abaissé son principal taux de trois quart de point, une<br /> première dans sa jeune histoire, à 2,50%. Mais les gouverneurs paraissent<br /> actuellement hésiter sur l'échéance du prochain geste et jusqu'où aller.<br /> <br /> Le président de l'institution Jean-Claude Trichet a récemment jugé judicieux<br /> d'attendre un peu pour voir comment les baisses de taux décidées jusqu'ici<br /> agissaient sur l'économie réelle, suggérant que la BCE allait marquer une pause<br /> en janvier.<br /> <br /> C'est aussi ce que laisse entendre M. Weber, selon qui la BCE doit examiner<br /> soigneusement les développements sur le marché monétaire au début de l'an<br /> prochain avant d'agir à nouveau sur ses taux.<br /> <br /> Malgré les tergiversations publiques des gardiens de l'euros, les économistes<br /> et le marché continuent de miser sur une nouvelle baisse de taux de 50 point de<br /> base dès janvier, étant donné la détérioration des conditions économiques et la<br /> chute brutale de l'inflation.<br /> <br /> <br /> --------------------------<br /> Les taux britanniques pourraient suivre la pente américaine, la livre coule <br /> Date: 17/12/2008 <br /> Par Mathilde DAMGE<br /> <br /> <br /> <br /> LONDRES, Dec 17 (Thomson Financial) - Les taux d'intérêt britanniques<br /> pourraient suivre la même pente qu'aux Etats-Unis, et se rapprocher également de<br /> zéro, à en croire les minutes de la dernière réunion de la Banque d'Angleterre,<br /> publiées mercredi, contribuant à faire couler la livre sterling.<br /> <br /> Au lendemain de l'annonce de la décision de la Réserve fédérale américaine<br /> (Fed) de baisser son taux directeur à un niveau jamais vu en lui assignant une<br /> marge de fluctuation allant de 0 à 0,25%, le compte-rendu de la réunion de son<br /> homologue britannique du début du mois a montré que le loyer de la livre<br /> pourrait prendre le même chemin.<br /> <br /> Non seulement la baisse d'un point du taux directeur de la Banque d'Angleterre<br /> (Bank of England, BoE), ramenant le loyer de la livre à 2%, décidée le 4<br /> décembre, a été votée à l'unanimité, selon le compte-rendu de la réunion, mais<br /> l'opportunité d'une baisse plus importante a été discutée.<br /> <br /> "Le Comité a estimé que, étant donné la forte probabilité de voir l'inflation<br /> déraper sous son objectif à moyen terme, une baisse d'au moins un point était<br /> requise. Le Comité a également discuté d'une baisse plus importante", notent les<br /> minutes.<br /> <br /> La Banque avait procédé à une baisse d'un point entier de pourcentage de son<br /> taux directeur, ramenant son taux au niveau des années 40, après l'avoir déjà<br /> réduit de 1,5 point en novembre et 0,5 point en octobre.<br /> <br /> De plus, le gouverneur de la BoE, Mervyn King, "est tout à fait préparé à une<br /> inflation passant nettement sous 2% en 2009, et d'autres baisses semblent donc<br /> très probables" commentaient les analystes de Barclays Capital, se référant à un<br /> échange de courriers mardi entre M. King et le chancelier Alistair Darling.<br /> <br /> Outre le ralentissement économique, l'argument récurrent de la BoE est en effet<br /> la percée de tensions déflationnistes : si l'heure n'est encore qu'au<br /> ralentissement de l'inflation, des économistes prédisent un mouvement de baisse<br /> des prix dès le début de l'été prochain.<br /> <br /> Dans une telle situation, la BoE n'aura d'autre choix que de réduire les taux<br /> au maximum (c'est-à-dire jusqu'à zéro) ou, suivant encore une fois l'exemple de<br /> la Fed, d'engager une politique d'assouplissement quantitatif, qui se traduit<br /> par un fort accroissement de la masse monétaire.<br /> <br /> David Blanchflower, le membre le plus baissier de la BoE, a d'ailleurs suggéré<br /> cette option mercredi.<br /> <br /> Dernier signe de la dégradation de l'économie du royaume, les administrateurs<br /> du cabinet Deloitte, chargés du redressement de la chaîne de magasins<br /> Woolworths, ont confirmé mercredi que toutes ses succursales seraient fermées<br /> définitivement d'ici le 5 janvier, ayant échoué à trouver un repreneur.<br /> <br /> "Le plus évident est que les taux d'intérêt vont certainement tomber encore en<br /> janvier et il semble de plus en plus probable qu'ils finiront à zéro ou aux<br /> alentours" jugeait Victoria Redwood, de Capital Economics.<br /> <br /> La réaction de la monnaie britannique à la publication des minutes a été<br /> empirée par des statistiques montrant une nouvelle hausse du chômage, tandis que<br /> le moral des commerçants au Royaume-Uni s'affichait au plus bas.<br /> <br /> Résultat : la livre sterling a littéralement coulé sous 1,10 euro pour la<br /> première fois de son histoire mercredi. Au plus bas, elle ne valait plus que<br /> 1,0767 euro, faisant un pas de plus vers la parité avec la monnaie unique.<br /> <br /> "Pour régénérer l'économie, le stimulus de taux d'intérêts réels (une fois<br /> l'inflation défalquée, ndlr) négatifs sera nécessaire, ce qui sous-entend que le<br /> taux directeur soit à 1%" anticipaient les analystes de Moneycorp.<br /> <br /> "Un +ZIRP+ (zero interest rate percentage, taux taux d'intérêt à 0%) doit être<br /> réellement envisagé" concluaient-ils, voyant "la parité à l'horizon" si<br /> l'aggravation du différentiel de taux avec l'euro, dont le loyer est à 2,5%,<br /> emmenait la livre vers de nouveaux abysses.
Répondre
C
<br /> <br /> Oui...<br /> j'anticipe toujours ...<br /> <br /> <br /> <br />
D
monsieur chevallier<br /> qu'un individu sur neuf milliards puisse faire <br /> la pluie et le beau temps, trouvez vous cela normal?<br /> cordialement.
Répondre
C
<br /> Ce n'est pas B-2 qui décide tout seul !<br /> C'est le personnage qui est le + en vue,<br /> l'important est la politique suivie au nom des US<br /> <br /> <br />