Bonne année 2009 ! … un peu grâce à B-2
Tout est simple ! disait Milton Friedman, mais c’est un peu compliqué de faire simple car il faut bien raisonner de façon à bien interpréter tous les points pertinents dans des situations parfois complexes…
Tout repartait bien à partir du 18 mars 2008, c’est à dire après la baisse des taux de la Fed, mais les Américains (en particulier le gouvernement et le bombardier furtif B-2) ont tendu un piège diabolique aux marchés en faisant croire que W. avait donné son accord aux Israéliens pour une intervention militaire en Iran, ce qui a fait plonger immédiatement les indices d’actions dès le lundi 19 mai, la confirmation finale étant donnée aux Européens le vendredi 13 juin, ce qui a fait plonger immédiatement les rendements des Treasuries.
Comme les marchés ont été pris à contre pied, tous les investisseurs qui n’étaient pas correctement couverts ont perdu, parfois des sommes gigantesques, les obligeant à vendre en catastrophe des actions dont les cours ont plongé, surtout après le 15 septembre quand Henry Paulson a laissé volontairement tomber Lehman Brothers (cotée à Francfort) et AIG.
Ces opérations avaient pour but de faire éclater la 2° bulle dite des produits dérivés (CDS) et de faire descendre l’inflation sous-jacente dans les limites requises : dans une bande de 1,0 à 1,5 % mesurée par le PCE:PILFE.
La politique économique et monétaire des Américains a parfaitement atteint ses objectifs.
La réussite est parfaite.
En effet, la grosse bulle a éclaté et la croissance du PIB a considérablement baissé, ce qui était le seul moyen de faire tomber l’inflation dans les limites requises : l’inflation sous-jacente (core) est tombée à 1,9 % et l’inflation totale (de 4,1 % en septembre) à 1,45 % en novembre,
Graphique 1 :
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Une fois de plus, la Fed a raison de se fier aux variations du PCE:PILFE pour mesurer l’importance de l’inflation lourde car celles du PCE:PI ne sont pas significatives du fait que les prix de l’énergie peuvent provoquer des mouvements brusques et très importants trompeurs quant à l’inflation (seuls les idiots inutiles peuvent craindre la déflation).
La baisse de l’inflation était déjà perceptible après la publication du CPI:PILFE,
Graphique 2 :
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L’inflation doit toujours être analysée dans une perspective historique avec le point haut de 1980, car elle peut repartir rapidement si la banque centrale ne met pas fin aux dérives,
Graphique 3 :
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Habituellement, la Fed augmente ses taux de base pour provoquer un ralentissement pour faire baisser l’inflation, mais au printemps 2008, avec des taux très bas, il était impossible de les faire remonter rapidement.
La solution qui a été retenue est novatrice : la chute des indices d’actions a fait peur aux Américains qui ont diminué leurs dépenses et augmenté globalement à titre de précaution le montant de leurs dépôts sur leurs comptes bancaires (M1) de $200 milliards entre le 15 septembre et le 15 décembre,
Graphique 4 :
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Les Américains ont également augmenté leur épargne de précaution (M2-M1) de $200 milliards sur les mêmes 3 mois,
Graphique 5 :
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Ainsi, ce sont $400 milliards qui n’ont pas été dépensés du 15 septembre au 15 décembre, donc presque $400 milliards qui n’ont pas été produits, ce qui correspond à une baisse très importante de la croissance du PIB (qui est de l’ordre de $3 500 milliards sur un trimestre).
On voit ainsi clairement que les Américains, face à un évènement imprévu, réagissent individuellement et aussi globalement d’une certaine façon, ce qui est visible dans la variation des agrégats monétaire que l’on peut suivre de semaine en semaine avec 10 jours de délai seulement, ce qui engendre des variations en sens inverse de la croissance du PIB.
Tout est simple ! disait Milton Friedman…
B-2, Henry Paulson & Co. ont parfaitement joué leur rôle, y compris en faisant une tête d’enterrement parfaite pour faire peur aux Américains !
L’augmentation de l’agrégat M2-M1 était de 7,6 % au 15 décembre, ce qui est trop élevé,
Graphique 6 :
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Une augmentation de M2-M1 supérieure à 7 % entraîne une croissance du PIB inférieure à son potentiel optimal,
Graphique 7 :
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L’augmentation de M2 de 9,5 % est beaucoup trop forte : elle devrait être inférieure à 5 % comme c’était le cas le 15 septembre,
Graphique 8 :
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Les réactions des Américains sont très rapides et elles produisent des effets très importants.
Il suffit de peu de choses pour qu’ils dépensent une grande partie de ces $400 milliards, ce qui fera brusquement repartir la croissance.
Le déclic peut se produire avec la prise de fonction de Barack Obama, les journaleux et bonimenteurs joueront alors à merveille leur rôle d’idiots utiles.
La résilience de l’économie des États-Unis est considérable : la baisse des taux de la Fed à 1 % le 25 juin 2003 a été suivie d’une croissance du PIB réel de 7,3 % au 3° trimestre 2003 par rapport au précédent en taux annualisé !
Graphique 9 :
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… et ensuite de 4 puis 3 % d’une année sur l’autre.
Graphique 10 :
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Le comportement des consommateurs détermine l’orientation des marchés.
Comme l’a justement relevé Fred Rabeman, le béhaviorisme est à la base de toute analyse économique, monétaire et financière.
L’année 2009 s’annonce bien grâce à B-2 et à ses collaborateurs.
Bonne année à tout le monde !
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