Hauts et bas
L’évolution des rendements de référence des Treasuries à 3 mois, 2 ans et 10 ans et de leurs homologues de Germanie depuis 2006 paraît confuse mais elle est en fait très instructive…
Les rendements des deux côtés de l’Atlantique convergeaient depuis des mois et ils se sont rejoints et même croisés (point jaune) en atteignant un point haut lorsque la Fed a enfin baissé son taux de base le 18 septembre 2007.
Comme la Fed a maintenu trop longtemps son taux de base à un niveau trop élevé à 5,25 %, le collapsus annoncé s’est enfin produit : les capitaux ont quitté les marchés d’actions pour se réfugier sur les Treasuries dont les prix ont augmenté et les rendements ont baissé jusqu’au point bas du 18 mars 2008 (premier point vert) qui a été le début du retour de la croissance.
Les capitaux sont alors sortis de leur refuge des Treasuries pour s’investir en actions (les prix des Treasuries ont baissé et les rendements ont augmenté) jusqu’au point de retournement du vendredi 13 juin 2008 (point rouge, correspondant à l’information selon laquelle W. aurait donné son accord à une intervention militaire en Iran).
Les capitaux sont alors sortis des marchés d’actions (précipitamment après le 15 septembre !) pour se réfugier sur les Treasuries dont les prix ont augmenté et les rendements ont baissé jusqu’au point bas historique du 16 décembre 2008 (second point vert) lorsque la Fed a baissé son taux de base à zéro (là aussi, historique) qui est le point de départ d’une nouvelle tendance haussière vers un point haut.
Les prix des Treasuries vont baisser et les rendements monter car les capitaux devraient sortir de leur refuge pour s’investir en actions,
Graphique 1 :
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La nouvelle tendance est timidement amorcée car les investisseurs, très panurgistes, sont paniqués.
Ils ne comprennent pas ce qui se passe : ils sont persuadés que la fin du monde est arrivée.
Le Trésor est obligé de prendre des mesures originales pour faire passer les capitaux en attente de placements dans le capital de grandes banques de façon à faciliter leur restructuration.
Pour cela, le Trésor emprunte des centaines de milliards : $166 milliards au cours de la première semaine de janvier, $150 milliards de Bills à 1 mois en ce début de semaine !
L’État investit à la place des marchés devenus irrationnellement pessimistes après leur exubérance irrationnelle dénoncée par Alan Greenspan.
C’est le monde (capitaliste libéral) à l’envers !
L’effondrement boursier a des conséquences importantes sur les Américains qui augmentent leur épargne (M2-M1, les chiffres sont les derniers publiés par la Fed, au 31 décembre), ce qui fait plonger la demande, donc la croissance du PIB,
Graphique 2 :
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La croissance du PIB sera a priori proche de zéro d’une année sur l’autre au 4° trimestre 2008 (je maintiens mes prévisions précédentes),
Graphique 3 :
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La croissance du PIB devrait repartir normalement 6 mois après la baisse des taux de la Fed, c’est à dire à partir de la mi-juin 2009 sur un rythme élevé.
Par ailleurs, comme en 2001-2002, les gains de productivité sont très élevés (point vert) quand la croissance est faible (point noir), voire négative, car les patrons en profitent pour licencier comme disent les Français,
Graphique 4 :
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C’est la destruction créatrice de Schumpeter, comme disent les Américains.
Avant, jadis, ces mouvements haussiers et baissiers, qualifiés de cycles, étaient lents et duraient plusieurs années.
Maintenant, tout va très vite, c’est le temps des turbulences.
Faut s’accrocher !
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