Phénix, irrationalité et Panurgisme
La baisse des taux de la Fed à zéro le 16 décembre dernier est une information très importante : elle signifie que les gens de la Fed savent qu’il n’y a plus d’argent non gagné ni de cadavres dans les placards des banques, et que tout est propre en ordre pour que la croissance reparte sur des fondamentaux et de l’argent sains.
Les gens de la Fed disposent d’informations que n’ont pas les marchés (en particulier des chiffres de M3) et ils connaissent très bien (par divers moyens) la situation réelle des établissements financiers des États-Unis.
La décision de la Fed est un des rares signes fiables de bonne santé retrouvée de l’économie américaine à partir du moment où les informations directes indispensables ne sont pas disponibles.
Dans ces conditions, la logique voudrait que les capitaux soient investis dans des actions sous valorisées comme par exemple celles dont le PER est à 10, ce qui correspond à une rentabilité (EPR) de 10 %.
Or il n’en est rien : les investisseurs continuent à placer massivement leurs capitaux dans les Treasuries dont les rendements sont au plus bas et les prix au plus haut (ils vont baisser dans l’avenir proche et ces placements seront perdants une fois de plus !).
Ainsi, dans la première semaine de janvier (du 5 au 9), le Trésor a émis pour $166 milliards de bons sur de nouveaux emprunts dont les rendements sont à peine supérieurs à leur plus bas historique (point vert) à zéro virgule pas grand chose pour cent pour les Bills,
Graphique 1 :
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Ce comportement irrationnel des marchés permet de financer dans de bonnes conditions les plans dits de relance de W. et de Barack Obama.
Les investisseurs placeront à nouveau leurs capitaux sur les marchés d’actions lorsqu’ils auront enfin compris que la croissance est repartie, les rendements des Treasuries remonteront alors dans leur bande normale dans les 4 % et au delà même,
Graphique 2 :
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La situation est comparable à celle de la fin des années 90 : les bénéfices des sociétés américaines ont dépassé leur taux normal de croissance en 2007 en atteignant $1 200 milliards environ au cours des 3 premiers trimestres, pour baisser aux alentours de $1 100 milliards depuis le 2° trimestre 2008 (en données corrigées des variations saisonnières), l’augmentation des bénéfices ne se fera qu’à partir du 2° trimestre 2009 (après le triangle jaune, les données correspondent à mes prévisions),
Graphique 3 :

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La situation n’a pas été assainie dans la Vieille Europe où l’argent non gagné continue à augmenter, les établissements financiers (banques et compagnies d’assurance) cachant toujours des cadavres dans leurs placards avec la complicité des autorités qui ont accepté de ne pas respecter les règles d’enregistrement de produits dérivés à leur juste valeur de marché.
L’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors italiens et allemands fluctue aux alentours de 45 %,
Graphique 4 :
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Et cet écart est de l’ordre de 16 % pour les bons français,
Graphique 5 :

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Le coût de la dette publique française, qui bénéficiait de taux historiquement au plus bas, va augmenter dramatiquement dans les mois à venir.
Le désordre augmente dans la zone euro, et en France en particulier mais les Français sont heureux car ils sont convaincus qu’ils ont raison !
L’écart entre les réalités et les réactions irrationnelles des Panurgistes alimente la spéculation gagnante…
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