Libéralisme et CDS
Pour comprendre les problèmes posés par les CDS, il est indispensable de lire les articles remarquablement bien sélectionnés par Lupus en commentaires sur mes billets, cliquer ici pour lire le commentaire n° 5 et cliquer ici pour le commentaire n°1.
Les gens de la Fed étaient depuis 2005 dans la même situation qu’à la fin des années 90 : ils avaient bien identifié les problèmes qui se posaient et qui allaient conduire à une crise (c’est à dire à un retournement des marchés, à un effondrement des indices d’actions et à une baisse du PIB) si les bonnes solutions n’étaient pas prises, mais ils ne pouvaient pas les imposer car ils savaient très bien que les groupes de pression (lobbies) du secteur financier étaient assez puissants pour s’y opposer.
Dans les deux cas, les gens de la Fed ont attendu que la crise ait lieu pour imposer leurs solutions car ils étaient alors en position de force, les marchés étant battus.
Ainsi, ils ont pu conserver leur réputation et leur pouvoir (la Fed doit toujours gagner contre les marchés).
En 2002, Alan Greenspan a pu imposer l’enregistrement des écarts d’acquisition en totalité lors de leur constatation (et non pas leur amortissement sur 20 ans, ce qui permettait à des entreprises d’acquérir des dot com à des prix surévalués sans enregistrer les pertes réelles immédiatement) et les stock options en tant que charges, avec davantage de rigueur dans tous les enregistrements comptables.
En 2009, Timothy Geithner va pouvoir imposer de réguler les CDS, c’est à dire de les faire réglementer et surveiller par la Fed (cf. les articles rapportés par Lupus).
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Cette aventure des CDS est très instructive : les CDS sont des produits financiers développés par les marchés en toute liberté, spontanément, sans l’intervention ni le contrôle d’une autorité publique.
Elle montre (une fois de plus) le rôle indispensable de l’État dans un système capitaliste libéral : il doit fixer les règles du jeu de façon à ce qu’il profite à l’ensemble de la nation et non pas à quelques joueurs privilégiés sinon le système dégénère.
Henry Paulson et le bombardier furtif B-2 ont imposé leur volonté aux banquiers et au secteur financier (alors qu’en Europe, ce sont les banquiers qui imposent leur volonté aux autorités).
Ils ont été très violents : ils ont flingué Bear Stearns, Lehman Brothers, AIG (plus de $1 000 milliards d’actifs), Merrill Lynch, Washington Mutual et d’autres encore.
Les survivants comme Citigroup, JPMorgan et d’autres doivent leur survie au Trésor et à la Fed.
Le système capitaliste libéral n’est pas un humanisme ni un monde de liberté totale comme le croient les libertariens et autres utopistes.
C’est un monde dur, de sauvages, un combat de tous les instants des marchés, des autorités, des États.
Il doit être correctement régulé.
Le problème est de trouver les bonnes règles et de les faire respecter pour que le jeu soit gagnant pour tout le monde.
Les Américains sont toujours les plus performants pour les trouver et les appliquer, à leur avantage et pour leur plus grande satisfaction.
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