Peugeot et le socialisme français
Les dirigeants de Peugeot ont accepté le prêt de €3 milliards de l’État à 6 % pour investir en France alors que le groupe était déjà sur endetté avec un gearing de 71 % au 30 juin 2008, derniers chiffres publiés à ce jour (le gearing est le rapport entre les dettes à long terme et les capitaux propres, en pourcentage) alors qu’il ne devrait pas dépasser 50 % d’après les normes de bonne gestion.
| PSA (milliards €)
| 30/06/2008
|
| Dettes à long terme
| 10,5
|
| Capitaux propres
| 14,8
|
| Gearing (%)
| 71,1
|
Les éléphants, c’est à dire les bons spéculateurs qui voient venir de loin les tsunamis, sont sortis depuis plusieurs mois des véhicules du groupe PSA qui fonçaient droit dans le mur : le cours des actions a chuté de plus de 80 % entre un plus haut de 61,37 € en juillet 2007 et un plus bas récent à 11,30 € alors que les moutons de Panurge ont applaudi à la signature de ce prêt qui va accentuer les problèmes de PSA au lieu de les résoudre (le cours a pris 50 % récemment).
La famille Peugeot, actionnaire majoritaire de PSA, a perdu plus de 80 % de sa fortune en quelques mois !
Les ascendants qui ont fondé l’entreprise et qui l’ont fait croître au fil des décennies doivent se retourner dans leur tombe.
Tous les constructeurs automobiles annulent ou diffèrent leurs investissements pour aligner leur production en fonction de la baisse de la demande qui est évaluée par les dirigeants de PSA à 20 % en 2009 par rapport à 2008.
L’effondrement de la France s’accentue depuis ces derniers mois.
Le plus étonnant est la totale passivité des capitalistes français qui laissent le président de la République prendre la décision d’investir (à tort) à leur place.
Les investissements des entreprises françaises à l’étranger sont supérieurs à ceux des entreprises étrangères en France depuis une dizaine d’années comme le montre très clairement ce graphique tiré des chiffres de la Banque de France,
Graphique 1 :
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Les déficits de la balance commerciale (des biens sur 12 mois glissants) s’accentuent depuis une dizaine d’années,
Graphique 2 :
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Ces graphiques montrent clairement que les investissements ne sont pas rentables en France à cause de la surévaluation (20 % maintenant) de la monnaie qui y circule comme l’indique l’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors français et allemands atteint récemment,
Graphique 3 :
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Depuis quelques jours, la Banque de France et les autres organismes financiers (banques, assureurs, Fonds de Réserve des Retraites, Caisse des Dépôts, etc.) rachètent des bons du Trésor français pour réduire l’écart de façon à occulter ce problème.
Depuis la crise dite des sub-prime, la situation en France est de plus en plus proche de celle de l’ex URSS : ce n’est pas un capitalisme d’État mais un socialisme centralisateur de plus en plus dur et même le retour d’un véritable communisme alors qu’il faudrait au contraire relancer l’activité dans un cadre le plus libéral possible en faisant re-fonctionner les marchés.
Pour cela, un premier impératif s’impose : sortir de l’euro-système de façon à laisser le franc français flotter par rapport aux autres monnaies dans le marché de changes libres : une baisse du franc français de 20 % par rapport au DeutscheMark rendrait les entreprises françaises compétitives et obligerait les Français à mettre en œuvre les réformes nécessaires.
Un deuxième impératif s’impose : faire comme les Américains qui ont restructuré les banques de façon à ce qu’elles respectent les deux ratios d’endettement fondamentaux (le total des dettes de chaque banque doit être inférieur à 12,5 fois le montant des capitaux propres et être inférieur à 10 % du PIB).
C’est à ces conditions que les banques pourront faire leur travail normalement, à savoir prêter de l’argent aux entreprises qui veulent investir, ce qui n’est pas la fonction de l’État.
La baisse du taux des prélèvements obligatoires s’impose enfin pour faire repartir la croissance sur des fondamentaux ainsi assainis comme ce fut le cas en Irlande pendant une vingtaine d’années.
Pour comprendre ces problèmes économiques simples, il est nécessaire d’avoir un minimum de culture monétariste.
Lire à ce sujet les articles des économistes de Work For All qui sont très instructifs, cliquer ici pour accéder à leur site.
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