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Guerres (financières) et paix

Guerres (financières) et paix


Les Américains travaillent, gagnent de l’argent et le dépensent, ce qui fait repartir la croissance du PIB spontanément, sans plan de relance, ai-je écrit à maintes reprises, et c’est ce que confirment une fois encore les dernières statistiques publiées aujourd’hui : les ventes de détail ont augmenté de 1,8 % en janvier (par rapport au mois précédent), de 0,7 % en février pour les ventes en dehors de l’automobile et de 3,4 % pour les ventes d’essence !


Les Américains roulent à nouveau, ça va, tout va bien, ça roule.


Le comportement (cf. le béhaviorisme) des Américains est à la base de la croissance du PIB qui repart depuis l’investiture d’Obama d’après les meilleurs indicateurs de tendances lourdes que sont l’évolution des rendements des Treasuries et des agrégats monétaires.


Le plan de relance d’Obama va se manifester d’abord par des baisses d’impôts pour beaucoup d’Américains qui vont en profiter pour dépenser ces dollars supplémentaires car 1 dollar d’impôt en moins, c’est toujours 1 dollar de plus dans la poche, prêt à être dépensé, donc 1 dollar de richesse supplémentaire à créer.


C’est la relance libérale par la consommation, naturelle, positive, pas du tout la relance socialiste, keynésienne, démagogique par la distribution de revenus sans travail.


80 % des Américains sont encore et toujours optimistes quant à leur avenir malgré tout ce que peuvent en dire tous les journaleux et tous les bonimenteurs (c’est la pire crise…).


Les marchés d’actions sont actuellement le lieu de rencontre des moutons et des éléphants : l'amplitude des fluctuations est considérable dans des tendances lourdes haussières lentes.

***


L’effondrement financier qui se produit depuis quelques mois doit s’analyser dans le cadre des guerres financières qui en sont à la fois la cause et les conséquences…


C’est d’abord une guerre des autorités (c’est à dire du gouvernement, de la Fed, de la SEC et d’autres organisations) contre des groupes de pression financiers très puissants, et même plus influents que les autorités.


Pour gagner une guerre de ce type, Alan Greenspan se contentait de laisser faire les marchés tout en dénonçant leur exubérance irrationnelle.


Après avoir pris une bonne claque avec le dégonflement de la bulle Internet, il a enfin pu imposer à ces marchés les mesures qu’il aurait voulu prendre avant l’apparition de cette bulle, ce qui aurait évité qu’elle se produise (si les groupes de pression l’avaient laissé faire préventivement).


Avec l’hypertrophie des produits dérivés qui s’est accentuée à partir de 2006, les autorités ont adopté presque la même politique : elles ont laissé faire les marchés, mais en leur tendant un piège de façon à rendre perdantes (presque) toutes les anticipations des investisseurs mal couverts dans ces produits dérivés.


Ce piège a été de faire croire aux marchés que W. avait donné son accord à une intervention militaire en Iran lors de son voyage en Israël à la mi-mai 2008.


Les investisseurs persuadés d’être bien informés ont été les premiers vendeurs : le renversement de la tendance haussière des indices d’actions s’est fait immédiatement, dès le lundi 19 mai, et un peu plus tard pour les marchés des Treasuries (à partir du vendredi 13 juin (!) après l’accord donné par Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy lors du voyage de W. en Europe).


Par la suite, les autorités ont attendu que les pertes s’accentuent et la guerre financière est montée en intensité : elles ont commencé par flinguer Lehman Brothers (cotée à Francfort !) et d’autres par la suite, dont AIG.


Cette guerre n’est pas terminée : les groupes de pression du secteur financier ont encore obtenu l’accord de certains parlementaires (toujours incompétents et corrompus) pour abandonner la règle de l’enregistrement des produits financiers à leur juste valeur de marché malgré l’opposition ferme des autorités (la SEC et les gens de la Fed).


Cette guerre continue, cf. quelques indications publiques données dans les commentaires de mon blog sous la signature de Lupus.


Elle est très dure, pleine de règlements de comptes sanglants, à coups de milliards de dollars.


Plus le temps passe, plus les adversaires des autorités sont perdants.


Au delà de cette guerre interne, la guerre fait rage entre les États-Unis et le reste du monde.


Le désordre augmente dans la Vieille Europe : l’industrie plonge en France en dessous de son niveau de 1997 ! et même en Allemagne.


Les Européens tombent dans tous les pièges qui leur sont tendus : au lieu de remettre de l’ordre dans les comptes des banques, les autorités ont toutes accepté d’abandonner la règle de l’enregistrement des produits financiers à leur juste valeur de marché


Les plans de relance adoptés ne relanceront que les dettes publiques et les impôts alors qu’il aurait fallu baisser le taux des prélèvements obligatoires pour le faire redescendre à son niveau optimal d’un tiers du PIB comme aux États-Unis.


La Vieille Europe subit le même sort que le Japon dont les entreprises très performantes sont gravement handicapées par les erreurs des dirigeants politiques et des banques.

***

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L
Dans le même ordre d’idée que mon post précédent cette intervention du maestro sur les causes de la bulle immobilière aux US…je l’ai trouvé remarquable en de nombreux points et elle constitue a mon sens une réponse a l’idée du fameux « conendrum » qu’il avait développé par le passé et confirme son explication du déficit US par l’excès d’épargne des pays émergents…<br /> ---------------------------------------------<br /> L'ex-patron de la Réserve fédérale américaine plaide non coupable ! Non, ce n'est pas la Fed qui a créé la bulle immobilière des années 2000-2006, en maintenant trop longtemps ses taux d'intérêts directeurs à un niveau trop bas ! <br /> Dans une tribune libre publiée sur le site internet du 'Wall Street Journal', Alan Greenspan estime aussi que le monde traverse "une crise économique globale qui sera sans conteste la plus virulente depuis celle des années 1930". Il se garde d'ailleurs bien d'en pronostiquer la durée : "elle s'achèvera au bout du compte et passera à la postérité"... <br /> Sur les causes de la crise, le banquier admet que la politique monétaire très accommodante de la Fed, menée après l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000, est "un coupable possible". Mais il avance une autre "explication bien plus crédible" et d'ordre plus global... En effet, note-t-il, les taux des Fed Funds déterminent le niveau des taux à court terme, et non celui des taux à long terme, qui servent de référence aux prêts immobiliers. Or, si les taux de la Fed et ceux des emprunts hypothécaires ont effectivement connu une corrélation stable par le passé (un rapport de 0,85 entre taux courts et longs), explique Greenspan, celle-ci s'est totalement dénouée entre 2002 et 2005 pour devenir "insignifiante", au fur et à mesure du développement d'un marché mondial des produits titrisés basés sur les crédits à long terme. <br /> Alan Greenspan lie en fait la baisse mondiale des taux à long terme au "boum" des marchés émergents, au premier rang desquels se trouve la Chine. Le monde a vécu un "mouvement tectonique" qui a vu les pays émergents "passer à partir des années 1990, de la planification centrale à des économies de plus en plus dynamiques, tirées par les exportations (...) Le résultat a été un bond de la croissance en Chine et dans bien d'autres économies émergentes, qui a conduit à un excès mondial d'épargne. Ce dernier a poussé les taux d'intérêts à long terme toujours plus bas à partir de début 2000 jusqu'en 2005...", explique le banquier américain. <br /> Ces taux d'intérêt très bas ont ensuite engendré une bulle immobilière au plan mondial, et pas seulement aux Etats-Unis, où la hausse des prix s'est située dans la 'moyenne mondiale', souligne-t-il. <br /> Dans ces conditions, Greenspan estime qu'un resserrement monétaire plus rapide aux Etats-Unis en 2004-2005 n'aurait pas pu empêcher la formation de la bulle spéculative immobilière, qui a déclenché la crise économique actuelle. Enfin, il met en garde contre un excès de régulation des professions financières, qui pourrait être "coûteux et contre-productif". L'ex-patron de la Fed préconise toutefois d'accroître les contraintes des banques et courtiers en matière de fonds propres et d'obligations collatérales...
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L
Bonjour, toujours un grand plaisir que de vous lire....Vos billets sont toujours aussi riche et dense quant au contenu et au développement d’une argumentation qui fait le plus souvent mouche…<br /> Sur l'idée éminemment reaganomics que vous développez avec beaucoup d'a propos des bons du trésor US 10ANS et des Bills comme point d’ancrage quant a la direction des marchés j’ai retrouvé extrait d’un vieil article de la TRIBUNE datant de 2001(avant les attentats du 11 septembre) ces quelques propos de Larry Kudlow, un économiste qui a servi sous l'Administration Reagan :<br /> « Les gens sont fous de vendre, soutient ainsi Larry Kudlow, un économiste qui a servi sous l'Administration Reagan. Ils devraient au contraire acheter à tout-va..." Et Joseph Battipaglia, président de la banque d'investissement Gruntal & Co, observe de son côté : "Les risques devraient considérablement diminuer parce que toutes les informations négatives à venir sont déjà comprises dans le prix des actions..." Larry Kudlow fonde ses prévisions sur le modèle développé il y a une vingtaine d'années par l'économiste Arthur Laffler. Une de ses techniques d'évaluation des marchés consiste à mesurer les gains en capitalisation en comparant les profits des entreprises et les taux des bons du trésor américains….En même temps, les taux de rendement des bons du trésor n'ont cessé de baisser à la suite des interventions de la Réserve Fédérale. "Cela veut dire qu'il faut acheter, affirme Larry Kudlow. Je n'ai jamais vu une telle baisse de rendement pour les bons du trésor sans que cela provoque de remontée du S&P. Cela veut donc dire qu'elle est imminente."<br /> <br /> Pour les sceptiques, Kudlow ajoute : "De la mi-1999 à la fin 2000, les gains en capitalisation ont chuté de près de 20% parce que les profits des entreprises diminuaient et les taux des bons du trésor ne cessaient de grimper. Il fallait vendre. Maintenant, il est temps d'acheter..."<br /> Autre chose j’ai créé il y a peu un petit blog sans prétention ou j’ai mis essentiellement pour l’instant quelques uns des commentaires que j’avais pu faire ici<br /> <br /> http://lupus1.wordpress.com/<br /> <br /> Verriez-vous un inconvénient à ce que j’y mette un lien vers vos travaux et billets ???<br /> portez vous bien
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C
<br /> Verriez-vous un inconvénient à ce que j’y mette un lien vers vos travaux et billets ???<br /> Que non !<br /> Comme je l'ai écrit à maintes reprises, j'ai toujours espéré qu'il y ait d'autres business économistes !<br /> <br /> Arthur Laffer. Une de ses techniques d'évaluation des marchés consiste à mesurer les gains en capitalisation en comparant les profits des entreprises et les taux des bons du<br /> trésor américainsOui : c'est l'idée que j'ai développée avec mon EPR qui est très élevé, à 8 % au moins, et les rendements des Treasuries qui sont très bas<br /> Les investisseurs ne parlent que d'investir en bons des Trésors alors que c'est exactement le contraire qu'il faut faire !<br /> Cliquer ici pour accéder au site de Larry<br /> Kudlow<br /> <br /> <br />
J
Encore merci de nous faire profiter de vos opinions, qui semblent vraiement bien corréler avec le marché en ce moment.<br /> <br /> Cependant, j'ai une remarque et une question à formuler : vos analyses partent du principe que le système financier actuel continura d'être utilisé à l'avenir. Alors je me demande quelles sont les raisons qui vous font penser qu'il est encore possible de foncionner avec : l'expansion monétaire est-elle sans limite ? L'accélération de création de dette pour payer les interêts ne devient-elle pas insoutenable ? Ne pensez-vous pas que cette pause de croissance mondiale associée au crédit-crunch actuel entrainera un retour d'inflation terrible et insoutenable ?<br /> <br /> En espérant poser des questions censées et d'obtenir votre point de vue<br /> <br /> Bonne continuation !
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O
Merci pour vos commentaires très intéressants. Avec mon peu de connaissance des mécanismes financiers, c'est parfois dur à suivre mais très révélateur. <br /> Depuis plusieurs je pense que c'est principalement une crise de médias sous pas mal d'aspects car à voir les succès du salon de l'automobile, de celui de la construction et des soldes de janvier qui sont tous au delà de l'espéré, la consommation n'a pas pu se perdre complètement en quelques mois....<br /> A noter qu'en tant que militaire, une intervention américaine en Iran n'a jamais été crédible avec les déploiements qu'ils ont actuellement. Depuis l'invasion en Irak, les USA seraient bien incapables malgré toute leur puissance de mener une nouvelle intervention d'ampleur. Du matériel éprouvé, des problèmes conséquents en personnel, une intervention terrestre d'ampleur est du domaine de l'irréalisable actuellement même pour le américains (NB : Et ce n'est pas mieux chez nous).
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