Crise : de la Ford T à Ka
Les ventes de voitures neuves baissent, les stocks d’invendus s’accumulent, les usines des constructeurs ferment, les équipementiers sont au plus mal, General Motors est au bord de la faillite, le chômage explose partout dans le secteur automobile.
C’est la plus grande crise depuis celle de 1929, en pire…
Oui, mais Ford Europe a lancé récemment de nouveaux modèles et en particulier la Ka, une petite voiture mais une véritable voiture (pas une Nano de Tata !) aux normes européennes (trop petite pour les Américains, elle ne sera pas commercialisée aux États-Unis), au design moderne, sans gadgets électroniques coûteux et fragiles, en promotion au prix de 7 300 euros avec prime à la casse, bonus et autres remises.
Début avril, tous les concessionnaires ont déjà vendu toutes les Ka qu’ils doivent recevoir au cours de ces prochains mois (la production est programmée longtemps à l’avance).
Pour commander une Ka avec les options désirées, la livraison est au plus tôt en octobre car les chaînes de montage sont saturées.
Les clients veulent acheter des voitures de taille réduite, bien conçues, innovantes, belles, aux formes plaisantes et modernes, qui marchent bien, à un prix abordable compte tenu de leurs revenus, mais les dirigeants des constructeurs veulent produire et vendre de grosses voitures sophistiquées qui coûtent cher.
L’offre ne répond pas à la demande, la demande ne trouve pas d’offre, le marché est bloqué.
Les gouvernements d’un certain nombre de pays européens ont trouvé la pire des solutions : la prime à la casse.
Tous les contribuables, qu’ils achètent ou pas une voiture neuve, paient des impôts et des taxes supplémentaires pour que ceux qui en achètent une la paient moins cher.
Ils diminuent donc leurs autres dépenses : le chiffre d’affaires des restaurants baisse de 20 à 50 %.
Les problèmes ne sont pas résolus mais déplacés d’un secteur à un autre.
La croissance repartira plus tardivement et elle sera inférieure à son potentiel optimal en Europe entre autres à cause de cette prime à la casse qui augmente encore le taux des prélèvements obligatoires.
Avec la Ford Ka, les Sarkow-boys font augmenter le chiffre d’affaires et les bénéfices d’une entreprise américaine et ils font travailler des ouvriers espagnols !
Encore un exemple d’erreurs économiques des hommes politiques et de dirigeants d’entreprises.
***