Grand écart historique
Les éléphants, c’est à dire les bons spéculateurs, continuent à quitter leur placement refuge favori que sont les bons du Trésor à échéance longue, en particulier les Notes à 10 ans qui en sont la référence principale : leur rendement a atteint 3,73 % en fin de séance de mercredi 27 mai
Graphique 1 :
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Les moutons de Panurge sont persuadés que l’Amérique est toujours au fond du gouffre et ils restent sur leur refuge que sont les Treasuries à échéance courte, ce qui permet aux entreprises et aux Américains de continuer à emprunter à des taux très bas, ce qui favorise la reprise de la croissance.
Conséquence : l’écart de 275 points de base entre les rendements des Notes à 10 ans (3,73 %) et à 2 ans (0,98 %) est un record historique…
Graphique 2 :
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… qui n’a été égalé qu’à deux reprises depuis que notre ami Fred de Saint Louis publie ses données : en septembre 1992 (premier point vert, après la crise de 1990-91 et avant la forte croissance des années Clinton) et le 23 juillet 2003 (deuxième point vert, après les épreuves que furent l’éclatement de la bulle Internet, les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre en Irak, et avant plusieurs années de forte croissance),
Graphique 3 :
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La croissance qui s’annonce ainsi sera forte mais elle sera fortement inflationniste, peut-être beaucoup plus inflationniste que je ne l’envisageais (c’est la raison pour laquelle les éléphants quittent tranquillement ce refuge depuis la mi-décembre 2008).
En effet, les gens du nouveau président s’opposent à la politique de leurs prédécesseurs : ils favorisent les syndicats qui vont obtenir des augmentations de salaires, des assurances santé et des engagements de retraite (ce qui va augmenter les coûts et donc renchérir les prix) et ils mettent fin aux délocalisations massives (ce qui va là encore renchérir les prix des produits dont la production sera maintenue aux Etats-Unis).
Par ailleurs, la remontée des rendements des Treasuries de toutes les échéances va renchérir les taux des crédits, ce qui augmentera les frais financiers des entreprises.
Tout est en place pour une inflation méchante, profonde, durable.
C’est d’autant plus inquiétant que les prix de l’énergie peuvent encore bondir, surtout après des guerres provoquées par des Musulmans parmi les plus dangereux (ils sont très nombreux et vraiment très dangereux) ou par les derniers irréductibles communistes coréens du Nord.
Les soubresauts de l’indice PCE complet depuis 1998 laissent penser que de grands bonds peuvent se produire dans un avenir proche,
Graphique 4 :
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La situation actuelle est très proche de celle des années 60 et 70 avec une inflation forte et un grand plongeon de la croissance (comme en 1975) qui pourrait se produire après cette reprise qui s’annonce,
Graphique 5 :
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La croissance du PIB n’est jamais stable, les turbulences ont été plus importantes en 2008-2009 que précédemment et elles le seront davantage à l’avenir.
L’inflation est un combat monétaire disait fort justement Jacques Le Bourva, un économiste français malheureusement tombé dans l’oubli.
Mercredi 27 mai est aussi une date importante : pour la première fois, le rendement des Notes à 10 ans (point bleu) a dépassé celui du Bund (point vert),
Graphique 6 :
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Les rendements des bons des Trésors montent (dans l’anticipation de l’inflation américaine), ceux de la France (point rouge) ont dépassé la barre symbolique des 4 % hier mercredi.
Les Français qui adorent payer des impôts seront contents : les intérêts de la dette publique augmentent.
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