Raison garder
L’Amérique est au bord du gouffre, plus personne ne veut acheter les bons du Trésor des Etats-Unis qui sont devenus de véritables junk bonds.
La preuve en est que les rendements des Notes à 10 ans ont bondit dramatiquement depuis ces dernières semaines.
Tous les experts en finances sont d’accord : Roubini, le Leap, les communistes russes, etc. relayés par tous les journaleux et bonimenteurs de la finance.
Bloomberg rappelle que le Trésor et la Fed ont dépensé $12 800 milliards ! pour tenter de sauver l’économie américaine, et en Europe l’ardoise se monte à $5 300 milliards.
Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est la fin de l’impérialisme américain.
Graphique 1 :
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En voyant ce premier graphique, le premier imbécile venu en tire la conclusion que les rendements des Notes à 10 ans ont (presque) toujours fluctué au dessus de 4 % depuis 1960, ce qui est donc dans les normes, et il a raison.
Le plongeon des rendements des Notes à 10 ans à 3,08 % le 18 décembre 2008 est historique et donc anormal.
Les rendements des Notes à 10 ans sont en concordance avec l’inflation…
Graphique 2 :
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… pour garantir une rentabilité réelle (compte tenu de l’inflation) normale de ce placement de père de famille de l’ordre de 2 à 3 % sur le long terme,
Graphique 3 :
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En période inflationniste, ce type de placement est peu rentable, mais il l’est en période désinflationniste.
Le premier imbécile venu fait donc preuve d’intelligence par rapport aux idiots inutiles, mais il peut encore faire mieux en consultant le blog de l’auteur signant Lupus, cliquer ici pour y accéder, qui rappelle bien la distinction entre les différentes affectations de ces $12 800 milliards engagés par le Trésor et la Fed.
Pour l’essentiel, il s’agit de garanties accordées à des banques.
Elles n’ont pas été mises en œuvre et elles ne le seront pas.
Ce ne sont donc pas des dépenses effectivement réalisées.
Un certain nombre d’établissements financiers ont reçu des prêts (sous différentes formes) mais ils cherchent tous à les rembourser au plus tôt de façon à ce que l’Etat ne se mêle pas de leur gestion, et ils vont le faire dans un avenir proche.
La plus grosse perte sera certainement celle d’AIG : une grande partie des $180 milliards qui y ont été injectés sera certainement irrécupérable.
Au final, les dépenses effectivement réalisées par le Trésor auront été relativement faibles.
Il a émis un très gros volume de bons pour répondre à la demande considérable des investisseurs, mais encore insuffisamment, ce qui a fait plonger anormalement les rendements des Treasuries qui remontent maintenant normalement.
Les autorités, c’est à dire le gouvernement, la Fed et d’autres entités profitent de la faiblesse actuelle des groupes de pression du monde de la finance pour mettre en place de nouvelles réglementations et de nouvelles structures pour que les marchés fonctionnent correctement à l’avenir aux Etats-Unis (cf. encore le blog signé Lupus).
Toutes les grandes banques américaines respectent les règles prudentielles d’endettement avec un µ inférieur à 12,5 (correspondant à un ratio Tier d’origine de 8 %) et aucune ne doit être trop grosse pour faire faillite, ce que j’ai traduit dans le ratio suivant : le total des dettes d’une banque doit être inférieur à 10 % du PIB.
La croissance repart aux Etats-Unis sur des fondamentaux sains avec des taux bas (les idiots inutiles deviennent miraculeusement utiles car le maintien des rendements des Treasuries à un niveau anormalement bas favorise la reprise de l’immobilier).
Il n’en est pas de même en Europe : la BCE évalue officiellement les pertes à $650 milliards dont la moitié a été comptabilisée à ce jour, ce qui doit être une évaluation minimale.
Les banques européennes ne respectent pas les ratios d’endettement avec des µ affolants (61 pour Deutsche Bank) et plus de €2 000 milliards de dettes au total pour la BNP et pour Deutsche Bank, cf. mes billets antérieurs.
Les banquiers européens ont réussi à imposer leurs lois et leurs règlements au détriment de tout le monde (ils se sont autorisés à ne pas comptabiliser leurs pertes à leur juste valeur de marché).
Dans ces conditions, le système financier fonctionne mal en Europe, et en France en particulier avec ses GosBanks, ce qui paralyse l’activité économique et y accentue le désordre.
Un tsunami financier peut donc se produire à tout moment, mais il peut très bien ne pas se produire pendant des années car, comme les véritables tremblements de terre, leur déclenchement est imprévisible, mais le risque est certain à terme.
La dette publique officielle (selon les critères de Maastricht) augmente, mais elle est encore très inférieure à celle de l’Italie et du Japon.
Le pire est à venir avec les engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés à leur juste valeur (ces dettes non provisionnées représentent 4 fois le PIB !).
L’anticapitalisme et l’anti-libéralisme viscéral des Français sont très profondément et massivement ancrés.
C’est le meilleur moyen de continuer à péricliter dans la plus grande satisfaction des Français.
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Cliquer ici pour lire l’article de Bloomberg.
Cliquer ici pour lire l’article du Wall Street Journal.
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