B-2, le Japon et autres
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, s’obstine à vouloir laisser les taux bas pour une période prolongée en rachetant des bons du Trésor en masse.
Il a contre lui un nouvel opposant avec Jeffrey Lacker qui vient de déclarer qu’il n’y avait pas de risque de déflation avec une inflation sous-jacente à 1,4 % et qu’il serait donc dangereux de laisser repartir ce fléau.
Auparavant, Janet Yellen, à peine nommée au Fomc, a elle aussi changé d’avis et pris position contre la politique monétaire trop accommodante exigée par B-2, rejoignant ainsi les positions de Charles Evans et William Dudley.
Thomas Hoenig fut le premier opposant à oser voter contre le maintien des taux de la Fed à zéro.
Narayana Kocherlakota a fait justement remarquer que le maintien de taux bas ne ferait pas repartir la croissance et l’emploi car le taux de chômage des bac + 4 et + était au minimum incompressible, ce qui constitue un goulet d’étranglement pour la croissance aux Etats-Unis où le niveau de productivité est très élevé.
Ce bon vieux Greenspan a pris clairement position contre la politique monétaire menée par son successeur.
Paul Volcker craint lui aussi les risques de résurgence de l’inflation, et il est bien placé pour savoir que c’est là un très gros danger difficile à combattre une fois qu’elle est partie.
Tous les dirigeants économiques du monde entier dénoncent la guerre des changes (ou des monnaies) provoquée par le maintien des taux de la Fed à un niveau trop bas.
B-2 s’apprête à justifier demain vendredi 15 octobre sa politique à partir de l’exemple du Japon dont les autorités n’ont pas voulu agir assez rapidement en baissant leur taux de base à zéro, puis sans l’accompagner d’une politique de rachats de bons du Trésor.
B-2 se trompe. En effet, au Japon, c’est l’hypertrophie de la masse monétaire qui bloque tout.
Dans ces circonstances, la baisse des taux et le rachat de bons ne peut pas relancer l’activité économique car les fondamentaux ne sont pas bons.
L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. L’argent est sain aux États-Unis après l’effondrement financier provoqué par la Fed, ce qui n’est pas le cas au Japon où les autorités n’ont jamais voulu éliminer la bulle monétaire.
Pour la seconde fois de son histoire récente (après la Seconde guerre mondiale), les gens de la Fed sont en train de faire une erreur monumentale qui accentue le désordre dans le monde entier.
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