BCE : risques de défaut de paiement de banques
Olivier Crottaz cite sur son blog un article du journal belge L’écho qui rapporte que la BCE a prêté en urgence jeudi et vendredi 31 milliards d’euros à des banques qui étaient en manque de liquidités, donc au bord du défaut de paiement.
Cette somme est considérable, la procédure est tout à fait inhabituelle.
La situation dans la zone euro s’est considérablement aggravée depuis la 1° semaine de cette année 2011 comme je l’ai écrit à maintes reprises.
Les bons spéculateurs, c'est-à-dire les investisseurs qui observent avec justesse les tendances à venir des marchés, ont sorti leurs capitaux de la zone euro (les éléphants sont toujours les premiers à sentir venir un tsunami).
Pour contrer cette fuite, la communauté financière euro-zonarde n’a rien trouvé de mieux que de faire remonter le cours de l’euro par rapport au dollar (US$), ce qui sauve globalement les apparences mais ne résout pas les causes du problème.
Ce qui s’est passé ces deux derniers jours peut être un remake de ce qui s’est produit le 6 mai 2010 lorsque deux banques présentant un risque systémique ont été en défaut de paiement comme l’a écrit la BCE dans son bulletin de juin.
Ces banques étaient très certainement grecques, et il peut en être de même en ce moment, ou du Portugal, ce qui est possible.
Les Grecs ont bien compris qu’en cas de sortie de la zone euro de leur pays, les sommes qu’ils détiennent sur leurs comptes bancaires en Grèce seront automatiquement converties en drachmes au cours officiel lors de l’adoption de l’euro, c'est-à-dire qu’ils auront perdu un pouvoir d’achat considérable.
Ceux qui auront pris la précaution de vider leur compte courant pour placer leur argent dans un autre pays de la zone euro, en Allemagne de préférence, conserveront leurs euros, en ayant donc conservé leur pouvoir d’achat.
Conséquences : les banques grecques n’ont plus d’argent disponible et elles sont donc obligées d’emprunter auprès de la seule banque au monde qui ose encore leur prêter : la BCE.
Il est possible qu’il en soit de même actuellement pour des banques du Portugal.
Dans le cas présent, ces prêts en urgence montrent que la situation s’est brusquement aggravée en cette fin de semaine au point de surprendre les dirigeants de ces banques qui n’avaient pas prévu une dégradation aussi importante aussi rapidement.
Quand la vague du tsunami arrive, c’est trop tard pour réagir.
Cliquer ici pour lire le dernier article d’Olivier Crottaz sur son blog.
Cliquer ici pour lire l’article du journal belge L’écho.
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