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Dette de l’Etat et dette de la nation

 

Dette de l’Etat et dette de la nation

 

Il ne faut pas confondre dette de l’Etat et dette de la nation

La dette de l’Etat du Japon représente 200 % du PIB. C’est largement supérieur à la norme de 60 %.

Moody's vient d’abaisser de "stable" à "négative" la perspective de la note de cette dette mais précise que ce n’est pas très inquiétant car 95 % de cette dette sont détenus par des investisseurs japonais.

En effet, les Japonais dans leur ensemble sont, dans une certaine mesure, financièrement dans une situation saine car ils peuvent financer eux-mêmes leurs dettes du fait que la position nette du Japon en tant que nation est excédentaire vis-à-vis de l’étranger : 57 % du PIB fin 2008 d’après le Trésor de Nouvelle-Zélande qui publie des chiffres fiables.

En supposant qu’il en est de même fin 2010, le PIB annuel ayant été de 5 474 milliards de dollars (US$), la position nette du Japon en tant que nation est excédentaire vis-à-vis de l’étranger de l’ordre de 3 000 milliards de dollars.

Ces excédents sont le résultat d’une balance commerciale (+ 71,5 milliards d’euros en 2010) et de celle des revenus des investissements japonais à l’étranger (+ 81 milliards d’euros) excédentaires depuis des années, ce qui révèle le très haut niveau de compétitivité globale du Japon.

Il n’en est pas de même en France dont la position nette en tant que nation est déficitaire vis-à-vis de l’étranger de l’ordre de 1 000 milliards d’euros à cause des déficits accumulés de la balance commerciale et des investissements directs étrangers et en tenant compte du fait que 68,9 % de la dette de l’Etat sont détenus par des étrangers (d’après les derniers chiffres révisés de l’AFT, fin septembre).

Pour l’instant ces déficits sont occultés par les transferts intra-communautaires (provenant de l’Allemagne pour l’essentiel) et par les investisseurs étrangers, mais ils sont bien réels.

Il y a une quarantaine d’années, tous les Français savaient que des déficits persistants de la balance commerciale allaient se traduire par une dévaluation du franc et par une dégradation de leur pouvoir d’achat.

L’existence de l’euro, l’ouverture des marchés internationaux des capitaux et une absence totale de culture économique et financière élémentaire laissent couver une situation réelle très grave car il est très difficile de rétablir au niveau d’une nation une position nette équilibrée vis-à-vis de l’étranger.

Par ailleurs, le Japon est handicapé par une hypertrophie considérable de la masse monétaire (en M3-M2) comme l’est la France (en M1).

***

 

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I
<br /> Je rejoins votre analyse avec un bémol concernant le Japon: plus que la dette, ce sont les déséquilibres démographiques qui hypothèquent l'économie.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Non : ils n'ont pas d'incidence importante, du moins actuellement<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Merci beaucoup pour cette mise au point. On comprend mieux comment une analyse monétariste permet de saisir facilement les choses !<br /> <br /> J'ai malgré tout encore du mal à saisir l'ensemble des causes et conséquences des différentes distorsions des agrégats M1, M2, M3... A chaque fois vos analyses sont limpides sur des cas<br /> particuliers, mais je ne saurais m'en faire une représentation générale !<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Qu'en est-il des Etats-Unis et de leur position nette vis-à-vis de l'étranger ?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Cf. ce que j'en ai déjà écrit à ce sujet...<br /> <br /> <br /> <br />