BNP et les Etats-Unis
Les plus grandes entreprises non américaines veulent généralement être cotées aux Etats-Unis pour renforcer la confiance des investisseurs en leurs titres.
Les Gos banques françaises n’y sont pas cotées. Oralement, leurs dirigeants interrogés disent qu’ils ne le veulent pas car les coûts sont élevés alors que le marché est peu actif pour leurs titres, ce qui se comprend…
En effet, les investisseurs américains font comme moi : ils examinent attentivement les comptes des banques pour vérifier si elles respectent les règles prudentielles d’endettement connues sous l’expression Bâle III maintenant, ce qui correspond aux recommandations de ce bon vieux Greenspan.
Les big banks américaines respectent quasiment ces exigences de Bâle III (un multiple µ inférieur à 10 soit un ratio Tier supérieur à 10 %)…
Tableau 1 :
| 2010 Q4 | Bank of America | JPMorgan | Citigroup |
| actions de préfér. | 16,6 | 7,8 | 0,3 |
| total des dettes | 2 053,2 | 1 949,3 | 1 749,0 |
| capitaux propres | 211,7 | 168,3 | 165,5 |
| µ réel (leverage) | 9,7 | 11,6 | 10,6 |
| Tier réel (%) | 10,3 | 8,6 | 9,5 |
Sommes en milliards de dollars
… ce qui est loin d’être le cas de BNP-Paribas,
Tableau 2 :
| BNP | 2008 | 2009 | 2010 |
| Total des dettes | 2 035,2 | 1 998,6 | 1 933,4 |
| Capitaux propres | 40,4 | 59,1 | 64,7 |
| µ réel (leverage) | 50,4 | 33,8 | 29,9 |
| Tier réel (%) | 2,0 | 3,0 | 3,3 |
Sommes en milliards d’euros
La situation de BNP était catastrophique au plus fort des turbulences financières fin 2008 et elle n’a pu être rétablie que grâce au plus grand hold-up du siècle réussi sur Fortis (le butin est de l’ordre de 20 milliards d’euros !).
En fait, les dirigeants de BNP font croire au public français que leur banque est cotée aux Etats-Unis en se basant sur un certificat américain de dépôt (ADR, American Depositary Receipt) référencé faussement dans la rubrique « Action BNP Paribas » qui n’est pas une action mais un produit financier (un certificat !) coté sur une bourse libre… hors cote ! (U.S. over-the-counter –OTC- securities market) de la société Pink OTC Markets Inc.
Cette bourse libre n’est pas sous le contrôle des autorités américaines (la SEC) ni cet ADR, ce qui permet à BNP, entre autres, de continuer à ne pas publier de comptes trimestriels pour informer correctement les investisseurs américains.
La tromperie des dirigeants de BNP ne porte pas en fait sur le mécanisme de cet ADR comme je l’ai écrit précédemment : en effet le titre BNPQY coté sur l’OTCQX (Pink OTC Markets Inc - International Premier QX) est géré par la banque JP Morgan qui a certainement acquis un paquet d’actions BNP justifiant la tenue de cet ADR, mais elle porte sur la communication à propos de ce produit et sur le fait que la cotation des actions BNP est présentée comme l’étant aussi aux Etats-Unis.
Tous les journaleux et bonimenteurs reprennent ces informations qui ne correspondent pas à la réalité...
Bien entendu, BNP, la plus grande banque du monde par le total de ses dettes, n’a aucune implantation aux Etats-Unis car ses dirigeants ne pourraient pas y faire ce qu’ils font en Europe.
Une fois de plus, lorsqu’une banque ne respecte pas ces règles prudentielles d’endettement, cela signifie qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas quelque part. Pour ma part, je ne recommande jamais d’investir dans les actions d’une telle banque, ni d’y rester en tant que client.
Cliquer ici pour lire la page de BNP consacrée à cet ADR qui n’est pas coté (sans accent circonflexe) aux Etats-Unis sur une bourse contrôlée par la SEC.
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