Bons pas bons
Les non-résidents possédaient 67,7 % des 1 250 milliards d’euros de la dette de l’Etat fin décembre 2010 d’après les derniers chiffres publiés par l’AFT, l’Agence France Trésor, soit 850 milliards environ.
45 milliards d’euros sont donc sortis en 6 mois de ce refuge qu’est l’obligataire public français par rapport à fin juin 2010, ce qui n’apparait pas dans les sorties de la maison France d’après les chiffres de la Banque de France.
Ces capitaux ne se sont pas portés non plus sur les actions françaises ni sur les obligations d’entreprises.
Manifestement, comme au bon vieux temps du système de Bretton Woods, des informations indispensables ne sont pas disponibles.
Il est possible que ces capitaux très flottants soient sortis de France et qu’en compensation d’autres y soient entrés, comme par exemple ceux d’investisseurs attirés par l’immobilier français (Italiens, anglo-saxons, arabes des pays producteurs de pétrole, européens de l’Est, asiatiques), et que nos Gos banques aient fait le forcing pour acheter des bons de notre cher Trésor pour les refiler sans délai à leurs clients, soit directement, soit par l’intermédiaire des fonds divers qu’elles gèrent.
Au 1° trimestre 2011, la situation a certainement empiré. Ce sont donc a priori 100 milliards d’euros environ qui sont sortis de l’obligataire public français par rapport à fin juin 2010.
Beaucoup de chiffres sont ainsi biaisés, ce qui ne permet pas aux marchés de donner une image fidèle de la réalité.
Il est possible que l’écart des rendements des bons à 10 ans entre la France et l’Allemagne soit en réalité plus élevé que ce qui apparait dans les chiffres publiés, ce qui confirme l’impression de village Potemkine qu’est la zone euro.
Par ailleurs, pour ce qui concerne la QE de B-2, un autre scénario est encore possible : la Fed pourrait conserver jusqu’à leurs échéances les 1 000 milliards de dollars de Treasuries qu’elle possède, comme elle l’a fait pour les titres qu’elle avait acquis précédemment en profitant de la hausse des taux pour en tirer des bénéfices au profit… du Trésor dont la dette nette serait diminuée d’autant !
Enfin, il est intéressant de remarquer que les dirigeants des grandes banques du Portugal menacent ce qui reste du gouvernement de ne pas souscrire aux émissions du Trésor (sur le marché primaire) s’il persiste à ne pas accepter l’aide proposée par l’UE.
Une fois de plus, les dirigeants des big banks montrent leur pouvoir d’influence considérable sur les hommes politiques.
Cliquer ici pour voir les données de l’AFT.
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