Bretton Woods flasque
Dans un système de changes fixes de type Bretton Woods, les pays dont les déficits de la balance des transactions courantes n’étaient pas compensés ordinairement par les excédents de la balance des investissements directs étrangers et des investissements en portefeuille, étaient obligés de dévaluer leur monnaie (car il n’y avait plus de réserves en devises) et de diminuer les dépenses publiques.
Dès lors, tout le monde, c’est-à-dire les entreprises, les ménages et l’Etat, était obligé de s’adapter à la situation nouvelle et les équilibres fondamentaux se rétablissaient plus ou moins facilement sur un fond de manifestations populaires hostiles.
Ce monstre contre nature que constitue l’euro-système est en train de faire de même : l’euro baisse par rapport à la monnaie de référence qu’est le dollar (des Etats-Unis) et les gouvernements de ces cochons de pays du Club Med viennent de décider de diminuer drastiquement leurs dépenses.
C’est en fait une dévaluation de l’euro dans une transposition imparfaite et maladroite de l’orthodoxie monétaire dans le cadre d’un système de changes fixes de type Bretton Woods.
En effet, la zone euro est un système hétérogène constitué de pays ayant de forts excédents commerciaux comme l’Allemagne (les Pays-Bas et l’Irlande) et ces cochons de pays du Club Med qui ont des déficits abyssaux.
La zone euro n’est pas une nation, et elle ne doit donc pas avoir une monnaie unique.
Cet ersatz de dévaluation ne règle pas les problèmes car il aurait fallu que la monnaie qui circule dans ces cochons de pays du Club Med soit dévaluée par rapport à la monnaie qui circule en Allemagne.
La monnaie qui circule dans ces cochons de pays du Club Med est encore surévaluée et la monnaie qui circule en Allemagne est sous-évaluée.
Le résultat est une augmentation du désordre en Allemagne dont les fondamentaux ne sont plus sains, ce qui sert très précisément les intérêts des Etats-Unis qui bénéficient ainsi de l’affaiblissement d’un redoutable concurrent qui est le premier exportateur mondial.
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