Club Med : danke schön !
Les heureux habitants de ces cochons de pays du Club Med peuvent dire danke schön aux Allemands qui leurs paient généreusement de quoi festoyer depuis une dizaine d’années…
En effet, malgré des excédents de la balance des transactions courantes (qui comprend ceux de la balance commerciale et des investissements directs étrangers) qui se montent à 140 milliards d’euros en moyenne par an (au moins depuis 3 ans), comme la Chine, la position nette de l’Allemagne vis-à-vis de l’étranger reste à des niveaux très bas comme le montre le tableau ci-dessous, les réserves de change en devises étant elles aussi au plancher (inférieures à 30 milliards d’euros, alors que celles de la Chine sont de… 3 000 milliards de dollars !),
| Fin de périodes… | Milliards € |
| 1999 | 136 |
| 2007 | 163 |
| 2008 | 201 |
| 2009 | 314 |
| Novembre 2010 | 486,5 |
La forte hausse de la position nette de l’Allemagne vis-à-vis de l’étranger depuis les turbulences financières de 2008 s’explique (comme pour la France) par l’importance des achats de bons du Trésor par des non-résidents, ce qui se voit dans la baisse historique des rendements du Bund (jusqu’à fin août 2010, cf. mes articles à ce sujet) mais ceux-ci remontent (surtout depuis le 7 janvier 2011) ce qui provoque la baisse de la position nette (positive) de l’Allemagne vis-à-vis de l’étranger.
A titre de comparaison, la position nette de la France est négative à hauteur de 230 milliards d'euros.
La dette de l’Etat allemand couverte par les bons du Trésor fluctue aux alentours de 1 000 milliards d’euros (à titre de comparaison, celle de la France était de 1 223 milliards fin septembre 2010, dernier chiffre publié).
Des investisseurs non-résidents détenaient une grande partie de cette dette. Ils sont en train de désinvestir en bons du Trésor allemand car les placements en actions redeviennent plus rentables et parce que les bons du Trésor allemand sont l’objet de défiance à cause des engagements de garantie portant sur des prêts à ces cochons de pays du Club Med (+ ceux de l’Irlande).
Dans ces conditions, la situation nette réelle de l’Allemagne tend logiquement vers zéro, ce qui précipite fortement celle de la zone euro en territoire négatif, ce qui risque de provoquer un défaut de paiement en devises des pays les plus vulnérables de la zone euro.
Pour prévenir ce risque qui s’est déjà produit début mai 2010, les grandes banques centrales ont conclu et reconduit des accords de swaps, ce qui montre que ce risque est bien réel et clairement identifié par leurs dirigeants bien que ce sujet tabou ne fasse pas l’objet d’analyses ni de commentaires dans les médias.
Pour résoudre ces problèmes à court terme, les dirigeants politiques euro-zonards tentent de diminuer les déficits (ce qui provoque un ralentissement de la croissance du PIB et des désordres) et ils augmentent les emprunts en cherchant à les faire couvrir par des investisseurs non-résidents (hors de la zone euro, chinois entre autres) afin de réduire leur exposition nette vis-à-vis de l’étranger.
Ce sont là des expédients qui ne résolvent pas les problèmes de fond mais qui en diffèrent les échéances.
La seule solution est le rétablissement des fondamentaux, à savoir des monnaies nationales des pays actuellement membres de la zone euro dans le système international de changes libres.
Ce qui se passe dans la zone euro montre que ce système monétaire international est remarquablement bien organisé : aucun pays n’a intérêt à avoir des excédents ou des déficits trop élevés. Il est ainsi autorégulé, à condition qu’il fonctionne librement en respectant quelques règles fondamentales.
***
Cliquer ici pour voir les chiffres des comptes courants de l’Allemagne depuis les 12 derniers trimestres.
Cliquer ici pour voir les chiffres de la position nette de l’Allemagne vis-à-vis de l’étranger (pages 95 à 96 et 132 à 138 en PDF), colonne 21 pour la période antérieure à l’euro et colonne 22 depuis son adoption (Netto Auslands Position…). Tout est simple, à condition de trouver ces chiffres, ce qui n’est pas si simple…
Cliquer ici pour voir les chiffres de la dette de l’Etat en Allemagne (Total outstanding debt).
Ces chiffres confirment mes analyses antérieures...
***