Euro fort parce que faible
L’euro est fort parce qu’il est faible, c’est encore un avatar de la logique paradoxale. Explications…
Au mois de décembre, et surtout au cours de la première semaine de janvier, les marchés ont fonctionné logiquement : les investisseurs ont sorti leurs capitaux de l’obligataire public pour acquérir des actions sous cotées d’entreprises en croissance dont les bénéfices sont eux-aussi en hausse, surtout aux Etats-Unis.
Résultat : l’euro a continué à baisser fortement par rapport au dollar US$ (puisque les capitaux se sont dirigés surtout vers les Etats-Unis) et surtout, ils sont sortis des bons des Trésors, préférentiellement de ces cochons de pays du Club Med (les PIGS + la France) qui ne survivent que grâce au fait que des non-résidents ont acheté une part importante de la dette de leur Etat.
C’est là encore un autre avatar de la logique paradoxale qui est très bien utilisé en France : quand des non-résidents achètent des OAT, ce sont autant de capitaux qui entrent dans les comptes de la balance des paiements de la France et qui viennent donc en diminution de la dette de la France vis-à-vis de l’étranger.
La logique est imparable : plus l’Etat français augmente sa dette et plus elle est couverte par des non-résidents, plus la position nette de la France vis-à-vis de l’étranger s’améliore (plus précisément : plus le déficit diminue, cf. mes graphiques sur mes articles précédents).
La zone euro se rapprochait alors à grande vitesse de son point de rupture, comme au début mai 2010, mais comme il y avait là une antériorité, les autorités ont trouvé une parade : elles ont fait augmenter l’euro par rapport au dollar, en particulier grâce aux interventions énergiques et multiples de Jean-Claude Le Tricheur qui a brandi la menace du relèvement des taux de la BCE face au risque d’inflation.
Ainsi, l’argent revenant dans la zone euro et surtout sur les bons de leurs Trésors, les écarts de leurs rendements par rapport à ceux de l’Allemagne ont diminué et la position nette des pays du Club Med vis-à-vis de l’étranger s’améliore. Les apparences sont sauves, à court terme du moins.
En réalité, ces expédients ne font qu’aggraver la situation économique des pays du Club Med : la monnaie qui circule dans ces pays est réévaluée alors qu’il aurait fallu la dévaluer !
Les euro-zonards font très exactement tout ce qu’il n’aurait pas fallu faire : s’endetter davantage et réévaluer. Erreurs fatales.
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