Défaut de paiement et €
Ce qui vient de se passer mercredi 11 aout est un parfait remake de ce qui s’est produit le jeudi 6 mai en fin de séance américaine : au moins 2 grandes banques (présentant un risque systémique) de la zone euro ont été en défaut de paiement en dollars (US$).
La seule différence est que les accords de swap conclus le dimanche 9 mai entre les grandes banques centrales (la BCE et la Fed en particulier) ont permis d’éviter le défaut de paiement effectif dans la journée du mercredi 11 aout alors qu’en l’absence d’accords de swap, des défauts de paiement ont été effectifs pendant un certain nombre de minutes le jeudi 6 mai en fin de séance américaine, ce qui a fait plonger brusquement les cours des actions de près de 10 %.
Les gens de la Fed et d’autres sont intervenus en urgence le jeudi 6 mai pour mettre fin aux défauts de paiements, ce qui a limité les dégâts.
La BCE a confirmé les rumeurs de risques de défauts de paiements en publiant les informations sur l’activation des accords de swap dans la journée du mercredi 11 aout.
Les marchés actions ont baissé, mais moins que le 6 mai.
Mai, aout, 2 crises systémiques évitées de peu dans la zone euro.
Qu’est-ce qui a été fait pour y remédier ?
Rien !
Qu’est-ce qui sera fait pour y remédier ?
Rien !
Ça ne peut pas durer éternellement a prévenu tristement B-2, le bombardier furtif Ben Bernanke.
Que faudrait-il faire fait pour y remédier ?
Sortir de l’euro système !
Les pays de la zone euro qui ont des déficits récurrents de la balance commerciale et des investissements directs étrangers non compensés par des entrées nettes de capitaux doivent sortir de l’euro système. C’est la seule et unique solution.
Une monnaie doit correspondre à une nation, or la zone euro n’est pas une nation. Les nations de la zone euro doivent donc récupérer leur monnaie… nationale pour que la croissance du PIB puisse y atteindre son potentiel optimal.
Il y aurait une autre solution possible : transformer la zone euro en nation, c’est-à-dire mettre fin à la souveraineté des nations, mais cette solution est totalement impossible, irréaliste.
Les Français acceptent de subventionner des iles comme la Corse, les Antilles, la Réunion ou des départements pauvres de l’hexagone, mais ils n’accepteraient jamais de le faire à grande échelle pour la Grèce, et encore moins les Allemands.
Ces contraintes économiques sont incontournables. Les discours des hommes politiques sur l’euro sont dangereux.
Ça ne peut pas durer éternellement !
L’euro système est un système fermé de changes définitivement fixés de type Bretton Woods (cf. notre ami le docteur Bernard Trémeau), mais sans ses possibilités de réajustements qui étaient des soupapes de sureté.
Comme tout système fermé dans lequel le désordre est croissant, il ne peut aller qu’à une explosion !
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Remarques…
Le surendettement des Etats de la zone euro n’a rien à voir avec les risques de défaut de paiement de grandes banques qui présentent un risque systémique. Ce sont deux problèmes totalement différents qui se produisent en même temps.
La croissance aux Etats-Unis est normale. Si les marchés boursiers stagnent, c’est à cause de la panique créée par les désordres dans la zone euro qui provoquent un repli sur les Treasuries.
Et enfin, je suis, à ma connaissance, le seul à avoir analysé correctement et rapidement ces crises de la zone euro…
Tout est simple, pour ceux qui veulent comprendre, et qui ont assimilé un certain nombre de connaissances, cf. mes billets antérieurs.
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