€ désordre mondial
J’ai abordé dans mon article précédent un des problèmes de l’euro sous un angle intéressant : que se serait-il passé si l’euro n’avait pas été adopté ?
Le deutschemark aurait pris de la valeur par rapport à toutes les autres monnaies…
Les Allemands auraient eu alors une monnaie forte leur permettant de continuer à acheter des produits du Club Med qui ne leur auraient pas coûté cher (et ils auraient pu passer des vacances bon marché en Espagne et en Grèce), ce qui y aurait entretenu la croissance et l’emploi.
Les entreprises du monde entier auraient hésité à acheter des produits fabriqués en Germanie en leur préférant des produits équivalents made in USA, ce qui aurait contribué à rééquilibrer les balances commerciales de l’Allemagne (avec des excédents à la baisse) et des Etats-Unis (avec des déficits en voie de résorption).
La croissance du PIB aux Etats-Unis présente actuellement une anomalie par rapport à ce qu’elle était dans le passé avec un taux de chômage important qui ne provient pas uniquement de la sous-évaluation (faible) du renminbi mais, entre autres, des déséquilibres qui se produisent dans la zone euro.
En effet, les chiffres d’affaires de Boeing, de Caterpillar, etc. sont anormalement faibles car beaucoup de leurs prospects dans le monde leur préfèrent des produits fabriqués en Germanie qui bénéficient d’une monnaie commune qui est sous-évaluée pour eux.
Inversement, les exportations des entreprises de ces cochons de pays du Club Med sont pénalisées par cette monnaie commune qui est surévaluée pour elles, ce qui y accentue les déficits des balances commerciales.
Les excédents de la balance commerciale de l’Allemagne ne se traduisent pas par des réserves de 3 000 milliards d’euros (ou de dollars comme en Chine) car ils sont absorbés par les déficits des balances commerciales de ces cochons de pays du Club Med, ce qui occulte ce problème car la balance commerciale de la zone euro est globalement proche de l’équilibre.
Les déséquilibres engendrés par l’euro ont été plus ou moins supportables pendant 10 ans, comme en Argentine, mais ils deviennent de plus en plus insoutenables.
Pour l’instant, le maintien de l’euro pénalise un peu la croissance des Etats-Unis, mais à terme, les Américains seront largement gagnants avec les dégâts difficilement réparables qui auront été commis en Europe.
Les crises sont toujours le résultat d’erreurs en économie commises par des dirigeants politiques ignares : d’après les travaux de Ben Bernanke et autres, celle des années 30 a été provoquée par la France en achetant de l’or avec ses réserves au lieu de les investir.
L’obstination des hommes politiques à maintenir l’euro jusqu’au bout est une erreur historique : l’euro n’est pas un symbole politique d’une certaine Europe mais une monnaie, c'est-à-dire un concept purement économique, fondamental.
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