Deutsche Bank et les règles d’endettement
D’après les informations qui sont publiées sur Bâle III, les capitaux propres des banques devraient représenter au moins 6 % du total de leurs dettes.
Pour que Deutsche Bank respecte cette règle sur la base de l’actif total à la fin du 1° semestre 2010, il faudrait alors augmenter les capitaux propres de près de 70 milliards d’euros !
| Deutsche Bank | 2010 T2 | Bâle III | Normes |
| Total dettes | 1 883 | 1 816 | 1 781 |
| Capitaux propres | 42,6 | 110,0 | 145,0 |
| µ | 44,2 | 16,5 | 12,3 |
| Tier d'origine | 2,3 | 6,1 | 8,1 |
En fait, les dirigeants des banques européennes ont réussi au fil des années à faire entériner leurs propres règles prudentielles d’endettement à la place de celles qui ont été adoptées à l’origine par la BRI, le Tier 1 (les capitaux propres doivent représenter au moins 8 % du total des dettes).
C’est le ratio (leverage, mon µ, devant être inférieur à 12,5) qui est maintenant respecté aux Etats-Unis pour les grandes banques (cf. mes billets à ce sujet).
Compte tenu de la perte de confiance envers les banques, ce bon vieux Greenspan préconise même un durcissement de ces règles avec un µ inférieur à 10 (le total des dettes ne devrait pas dépasser 10 fois le montant des capitaux propres).
Dans ce cas, il faudrait alors augmenter les capitaux propres de DB de 100 milliards d’euros ! … ce qui ferait plonger son cours et les ratios de rentabilité.
Les dirigeants des banques européennes exercent une forte pression sur les autorités (la BRI) pour que les exigences en véritables capitaux propres (capital + bénéfices accumulés) soient les moins contraignantes. Ils obtiendront certainement satisfaction, ce qui est très dangereux !
Aux Etats-Unis, la seule parole de ce bon vieux Greenspan a suffi pour que les investisseurs exigent des banques qu’elles respectent les ratios prudentiels d’origine, pour le plus grand bien des Américains.
La loi du marché est plus forte que les mauvaises règles trafiquotées par les banquiers européens.
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