Deutsche Bank et tsunami européen
Deutsche Bank vient enfin de publier son bilan (seul le résultat était publié jusqu’à présent, ce qui est contraire aux règles).
Les chiffres sont impressionnants : le total des dettes a diminué de 700 milliards d’euros en un an ! En effet, il est tombé de 2 172 milliards fin 2008 à 1 464 milliards d’euros fin 2009,
| Milliards € | 2008 T4 | 2009 T1 | 2009 T2 | 2009 T3 | 2009 T4 |
| Total dettes | 2 172 | 2 070 | 1 699 | 1 625 | 1 464 |
| Capitaux propres | 30,7 | 33,7 | 34,3 | 34,6 | 36,6 |
| µ | 70,7 | 61,5 | 49,5 | 47,0 | 39,9 |
| Tier d'origine | 1,4 | 1,6 | 2,0 | 2,1 | 2,5 |
Les capitaux propres ont augmenté, si bien que le ratio d’endettement µ (leverage) a chuté de 70,7 à 39,9 ! mais il reste largement au-dessus des normes de 12,5.
La situation de Deutsche Bank était dramatique en 2008. C’est moins pire maintenant !
Il est clair d’après ce tableau que ce ratio d’endettement µ est le ratio le plus important que doivent impérativement respecter les banques, comme l’impose la BRI (et les Américains, dont ce bon vieux Greenspan), mais les dirigeants des banques européennes refusaient jusqu’à présent de respecter cette règle très contraignante.
Pour ne pas révéler l’étendue du désastre et du risque de tsunami bancaire, toute la communauté bancaire européenne fait en sorte que ces problèmes ne soient pas abordés dans les médias, et ça marche !
Malgré les moyens d’information dont on dispose actuellement, en particulier internet, on aurait pu supposer que les Européens aient eu le minimum d’intelligence pour comprendre ces problèmes bancaires élémentaires et agir en conséquence. Erreur fatale.
La propagande la plus grossière marche parfaitement et même, tous les banquiers sont persuadés d’avoir raison en refusant de prendre en considération ce ratio µ.
Pour avoir une capitalisation respectant les règles prudentielles de ce bon vieux Greenspan, il faudrait que Deutsche Bank ait une centaine de milliards d’euros de capitaux propres supplémentaires, ou seulement 400 milliards d’euros de dettes au total !
Dans ces conditions, il est compréhensible que les gens de la Buba refusent énergiquement d’apporter des capitaux pour aider ces cochons de pays du Club Med qui n’ont aucune réserve du fait du déficit de leurs balances commerciales.
L’Allemagne peut se sortir de cette situation délicate grâce à ses excédents de la balance commerciale qui lui permettent d’engranger des réserves salvatrices mais elle reste une maison de trop grande tolérance pour ses banques qui ne respectent pas les règles du jeu.
Un petit rappel : Lehman Brothers, cotée à Francfort pour échapper aux règles imposées par la SEC, a fait faillite avec un µ de 25, deux fois plus que les normes…
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