Dévaluations, € et monétarisme
Comme des personnes ont encore et toujours des difficultés pour comprendre ce que j’écris, des explications complémentaires semblent indispensables et pour cela, il faut retourner au bon vieux temps du système de Bretton Woods…
Après mai 1968, le gouvernement français a généreusement accordé 25 % d’augmentation au Smig (à Grenelle) et la 4° semaine de congés payés. Les coûts des entreprises françaises ont augmenté. Elles ont donc augmenté les prix de leurs produits. Les entreprises des pays voisins n’ont pas supporté ces augmentations. Les ventes entreprises françaises à l’étranger ont donc été pénalisées, ce qui a fait baisser les réserves de change (en devises) de la France (car les exportations ont faibli).
Dans les mois qui ont suivi, le général de Gaulle a dit : nous de dévaluerons pas !
Le gouvernement français a été obligé de dévaluer le franc de 11 % en août 1969 car les réserves de change en devises étaient au plus bas.
Si à cette époque là, les Allemands avaient dit aux Français : ne vous en faites pas ! La Buba a beaucoup de devises en réserve, nous allons vous les donner, c’est la solidarité européenne !, la France n’aurait pas été obligée de dévaluer.
C’est très exactement ce qui s’est passé au cours de ces dernières années dans l’euro système : les 35 heures ont augmenté les charges des seules entreprises françaises, ce qui a fait baisser les réserves de change en devises de la France, mais grâce aux transferts entre banques centrales de la zone euro, les réserves en devises de la Buba ont été transférées sur le compte de la Banque de France, ce qui est visible dans la rubrique (absconse) 3.3 autres investissements.
Ces opérations étaient techniquement nécessaires car la balance des paiements de la zone euro doit impérativement être équilibrée ainsi que celles des pays membres.
Ces expédients ont pu fonctionner pendant une dizaine d’années car les réserves en devises de la Buba permettaient d’absorber les déficits de ces cochons de pays du Club Med (les PIGS + F) ce qui semble ne plus être le cas depuis 2009, d’où une certaine fébrilité chez les dirigeants euro-zonards et une certaine incompréhension parmi leurs bons peuples.
Par ailleurs, la non-comptabilisation des engagements de retraite en France permet de mettre en circulation de l’argent (non gagné) qui aurait dû être investi dans le capital des entreprises par l’intermédiaire de fonds de pension (pour procurer des revenus pour les futurs retraités), ce qui contribue grandement à l’hypertrophie de la masse monétaire.
Si, à la fin des années 60, un type avait dit aux Français : ne vous en faites pas ! La Buba a beaucoup de devises en réserve, nous allons vous les donner, c’est la solidarité européenne !, tout le monde aurait dit : il est fou !
Maintenant, tout est inversé : un type sensé dit qu’ils sont tous fous avec l’euro !
C’est un peu simplifié, pour mieux me faire comprendre, mais finalement tout est simple…
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