Euro mystification, suite
De petits compléments s’imposent à mon article précédent…
Les chiffres de la position nette des pays vis-à-vis de l’étranger (par rapport au PIB, colonne 1) donnés par le Trésor (et non la banque centrale) de Nouvelle Zélande sont fiables, bien entendu : ils correspondent à ceux de la Banque de France (-421 milliards d’euros, rubrique 3.3, autres investissements) et au PIB nominal de l’Insee. De petits écarts subsistent cependant du fait que ces chiffres sont souvent réactualisés marginalement mais les ordres de grandeur sont indubitables.
Compte tenu des chiffres des PIB annuels en milliards d’euros publiés par Eurostat (colonne 2), tout tableur normalement constitué donne les chiffres de la position nette des (PIGS + F + Irlande) vis-à-vis de l’étranger en milliards d’euros (colonne 3) et le total : -2 269 milliards d’euros !
|
| 1 | 2 | 3 |
|
| Position % GDP | GDP | Position in € |
| Portugal | -91 | 172,021 | -156,36 |
| Spain | -84 | 1 088,124 | -918,83 |
| Ireland | -80 | 179,989 | -144,31 |
| Greece | -77 | 235,678 | -181,00 |
| Italy | -25 | 1 567,851 | -393,25 |
| France | -24 | 1 948,511 | -475,61 |
| Total |
|
| -2 269,35 |
Ainsi sont confirmés les chiffres que j’ai donnés à la louche dans mon article précédent, en pire même puisqu’ils dépassent mes craintes à plus de 2 000 milliards d’euros !
Pire encore : comme je l’ai écrit, ces chiffres officiels ne prennent pas en considération le fait qu’une partie non négligeable de la dette de l’Etat de ces pays est détenue par des non-résidents.
Pour la France dont les données réelles sont plus faciles à décrypter pour moi, la dette nette vis-à-vis de l’étranger était de 1 055,9 milliards d’euros fin septembre 2010.
La dette nette réelle des (PIGS + F + Irlande) vis-à-vis de l’étranger est donc de l’ordre de 3 000 milliards d’euros en concordance avec les réserves de changes de la Chine.
Si les Allemands n’avaient pas fait l’erreur historique d’adopter l’euro, ils auraient 3 000 milliards d’euros de réserves de change, à peu près comme la Chine.
Ces excédents ont en fait été plus ou moins discrètement transférés depuis 10 ans aux (PIGS + F + Irlande) pour leur éviter le grand plongeon.
Maintenant, que faire ?
Les Américains, dont le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke répètent que c’est aux Européens de régler leurs problèmes, et aux Allemands d’aider les pauvres (PIGS + F + Irlande), ce qui est bien entendu le meilleur moyen pour plomber ces redoutables concurrents.
Les Allemands sont finalement comme les Français : des veaux qui sentent quand même qu’on les emmène à l’abattoir.
Bien entendu, tous les monétaristes savent, depuis le début, que l’euro est une monnaie contre nature. Le problème était de montrer comment (par quels moyens, dans quelles rubriques, dans quelles données) la tromperie a pu passer pendant une dizaine d’année.
Je suis quand même surpris d’être le seul, ou le premier, à ma connaissance, à avoir décrypté ces problèmes.
Les Français ont eu de saines réactions pendant la Révolution en coupant des têtes. Il n’est pas certain que les Allemands réagissent aussi bien.
L’avenir est par définition incertain. Tout dépendra surtout de leurs réactions.
Pour l’instant, tous les dirigeants politiques connaissant la gravité de ces problèmes s’acheminent vers le maintien de la zone euro en continuant à essayer de remplir le tonneau des Danaïdes mais c’est de plus en plus difficile.
Cliquer ici pour voir les documents du Trésor de Nouvelle Zélande, cliquer ici pour voir les chiffres des PIB de la zone euro et cliquer ici pour lire mon article sur la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger.
***