Lehman Brothers : fraudes confirmées + BNP…
Je reviens une fois encore sur la fameuse faillite de Lehman Brothers en 2008 pour donner quelques précisions supplémentaires qui confirment les fraudes avérées des dirigeants de cette banque…
La banque Lehman Brothers qui a fait faillite le 15 septembre 2008 était bien Lehman Brothers Holdings Inc. dont le siège était aux Etats-Unis mais cotée à Francfort pour échapper au contrôle de la SEC comme je l’ai déjà écrit.
Son dernier rapport de gestion… non certifié ! (Form 10-K, et 10-Q) de 2008 encore consultable sur le site de la Bafin (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht) précise page 18 fin du 1° paragraphe que cette banque est également cotée sur le Nyse sous le code LEH : The common stock of Lehman Brothers Holdings Inc is listed on the New York Stock Exchange under the symbol "LEH", ce qui est faux.
En effet, aucun document concernant cette banque n’est archivé sur le site de la SEC (U.S. Securities and Exchange Commission), que ce soit sous cette dénomination, sous les symboles LEH, LBHI ou autre.
Par contre, un titre comportant la dénomination Lehman Brothers Holdings Inc. donne l’apparence d’être coté aux Etats-Unis quand on consulte les données du site du Wall Street Journal sous le code LEHMQ mais sous ces informations se trouve la mention Pink OTC Markets Inc - (Limited Information).
Pink OTC Markets Inc. est une société de services financiers qui gère un système de cotation et de négoce électroniques sur le marché libre américain des titres négociés hors cote (OTC) : U.S. over-the-counter (OTC) securities market qui n’est pas soumis au contrôle de la SEC comme c’est le cas pour le Nyse.
Ainsi, le public, c'est-à-dire les investisseurs, les créanciers et toutes les autres personnes ont été volontairement induites en erreur par les dirigeants de Lehman Brothers à plusieurs reprises.
La tromperie est manifeste, avérée, et elle n’est pas la seule.
Comme les dirigeants de cette banque ne respectaient pas les règles en vigueur aux Etats-Unis, les autorités ont fait en sorte qu’elle soit déclarée en faillite.
J’avais déjà découvert dans les jours qui ont suivi la déclaration de faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 qu’aucune information n’était disponible sur le Nyse, et j’avais alors été obligé d’aller sur le site de la banque pour obtenir les données me permettant d’analyser a posteriori sa situation. Par la suite, la banque a fait en sorte qu’aucun document concernant son bilan ne soit plus consultable sur internet. Seules restaient alors les informations officielles qui sont encore consultables sur le site de la Bafin car Francfort était la seule et unique place de cotation officielle de cette banque.
Je précise que ce sont les investigations d’Olivier Fluke qui ont permis de préciser les modalités de cette tromperie. C’est lui qui a trouvé cette cotation LEHMQ sur le Wall Street Journal. Je me doutais bien que la tromperie reposait sur une solution de ce type, mais je n’ai pas pu trouver ce chainon manquant.
Une fois de plus, nos investigations financières, d’Olivier Fluke et de moi-même, sont redoutablement efficaces et fiables. Il est difficile de nous tromper.
Par ailleurs, je viens de découvrir que les dirigeants de Lehman Brothers ont donné des idées à ceux de BNP-Paribas qui est également cotée aux Etats-Unis… sur l’OTC ! pour échapper aux contrôles des autorités américaines qui ne laisseraient pas passer ses manquements aux règles.
En effet, les certificats américains de dépôt (ADS, American Depositary Share) de BNP-Paribas sont cotés aux États-Unis sur le marché OTCQX (Pink OTC Markets Inc - International Premier QX) sous le symbole BNPQY et non sur le Nyse alors que cette banque est cotée sur le même système de cotation, Nyse (Euronext) mais en France sous le contrôle folklorique de l’AMF pour échapper aux rigueurs de la SEC.
La tromperie est là aussi manifeste.
Pour l’instant, BNP-Paribas n’a pas fait faillite.
Ouf !
Les banques ne sont pas des entreprises comme les autres. Elles doivent absolument respecter très rigoureusement des règles prudentielles très précises car elles peuvent entrainer un ou des pays en faillite si leurs dirigeants font certaines fraudes ou erreurs majeures.
Pour l’instant, seules les autorités des Etats-Unis ont montré qu’elles sont capables de contenir les agissements coupables des dirigeants de leurs banques qui ont souvent un pouvoir d’influence considérable.
Et encore un petit rappel indispensable : quand une banque ne respecte pas les règles prudentielles d’endettement dites de Bâle II puis III, ce la signifie toujours qu’il y a quelque chose qui ne va pas quelque part. Le problème est alors de trouver les fraudes en ne faisant jamais confiance aux dirigeants de ces banques.
***
Cliquer ici pour voir les rapports de gestion de Lehman Brothers Holdings Inc. publiés sur le site de la Bafin et cliquer ici pour voir celui de 2007-2008.
Cliquer ici pour voir le site de la SEC.
Cliquer ici pour voir le site d’OTC Markets.
Cliquer ici pour voir les données du Wall Street Journal sur Lehman Brothers, puis les autres.
Cliquer ici pour voir le site d’Olivier Fluke.
***