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Olivier Fluke et le PIB

 

Olivier Fluke et le PIB

 

Les investigations financières d’Olivier Fluke sont diaboliquement pertinentes et utiles…

Il vient d’analyser dans un certain nombre d’articles les méthodes utilisées par les experts de l’Insee pour calculer le PIB. La plus grande anomalie que j’ai relevée dans leurs méthodes concerne les loyers dits imputés aux propriétaires de logements qui se montent à 159 milliards d’euros en 2010.

En effet, ces experts de l’Insee attribuent aux propriétaires de leurs logements l’équivalent d’un loyer qui est estimé à la louche, c’est à dire sans aucune rigueur, sous prétexte qu’ils occupent gratuitement le logement dont ils sont propriétaires, ce qui n’est absolument pas logique comme je l’ai déjà relevé dans mon article consacré au PIB français du 4° trimestre 2010.

En suivant la logique des experts de l’Insee, pourquoi n’appliquent-ils pas le même raisonnement aux millions de propriétaires de voitures qui ont l’outrecuidance de l’utiliser gratuitement : ils devraient comptabiliser son utilisation journalière au prix d’une location !

Il en est de même pour les machines à laver le linge : chaque lavage fait chez soi devrait être comptabilisé au tarif des laveries automatiques, etc.

Olivier Fluke a confirmé que cette méthode est utilisée ailleurs qu’en France, en particulier aux Etats-Unis, ce qui a contribué à gonfler artificiellement le PIB dans la mesure où cette méthode ne tient pas compte de la chute des prix des logements qui a été très importante en 2008-2009.

Olivier Fluke a posé là un problème important qu’il faut résoudre correctement…

Par définition, le PIB enregistre la somme des valeurs ajoutées pendant une certaine période aux prix du marché pour donner une image fidèle de la réalité.

Les propriétaires de leur logement ne créent aucune valeur marchande en l’occupant. Ces loyers imputés ne se justifient donc pas. C’est clair.

Par contre, la valeur marchande de ces logements peut évoluer au cours du temps. Les entreprises doivent comptabiliser les biens immobiliers à leur juste valeur aux prix du marché à la fin de leurs exercices, ce qui donne lieu à l’enregistrement de produits exceptionnels (en cas d’augmentation de leur valeur) ou de charges exceptionnelles (en cas de baisse de leur valeur).

Il devrait en être de même pour les particuliers (alors que les plus ou moins values sur leur logement ne sont comptabilisées que lors de leur cession). En adoptant cette méthode, le PIB des Etats-Unis ferait apparaitre une chute en 2008-2009 encore plus importante que celle qui a été publiée.

Par ailleurs, les propriétaires de leur logement créent effectivement une valeur marchande en l’occupant à partir du moment où ils remboursent chaque mois l’emprunt qu’ils ont contracté pour l’acquérir.

C’est uniquement en pareilles circonstances que les experts de l’Insee devraient enregistrer, non pas des loyers dits imputés mais tout simplement le montant du remboursement de leur emprunt (intérêts et capital), ce qui est souvent l’équivalent d’un loyer.

Les propriétaires ayant entièrement payé leur logement et l’occupant ne créent alors plus aucune valeur tant que le prix de leur logement est en concordance avec le marché (sans plus-values ni moins values potentielles).

Telle est à mon avis la solution logique à ce problème important posé par Olivier Fluke.

Dans l’état actuel des méthodes appliquées pour déterminer les PIB, les chiffres publiés ne donnent pas une image fidèle de la réalité. Le PIB est surestimé, surtout aux Etats-Unis, ce qui fausse significativement toutes les analyses.

Je tiens à préciser que sans les investigations d’Olivier Fluke (et quelques emails échangés) je n’aurais jamais pu en arriver à ces conclusions sur ce sujet, et je l’en remercie vivement, cliquer ici pour accéder à son blog.

***

Enfin, il est amusant de relever qu’en adoptant cette méthode d’évaluation du PIB, les experts de l’Insee comptabilisent en loyers dits imputés les multipropriétaires de résidences secondaires pour chacune d’entre elles, ce qui gonfle magistralement le PIB ! Ségolène Royal est une vache à lait pour le PIB !

***

 

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B
<br /> Il me semble, mais je ne veux pas dire de bêtise, qu'il est dangereux de compter les remboursements (y compris intérêts) comme valeur côté ménage. Le fait qu'une personne rembourse tel ou tel<br /> montant ne change rien à la valeur "du marché" de son bien. Nous ne sommes pas en finance islamique, et sauf accident (type hypothèque), le bien appartient à l'acheteur dès le début. Le meilleur<br /> exemple est un couple qui divorce après 5 ans : même en dehors des frais annexes (notaires etc), il peut être amené à revendre son bien moins cher que le prix d'achat.<br /> Seul la variation de "prix au marché" devrait compter dans le PIB.<br /> Il me semble que la même réflexion s'applique pour une maison neuve : l'année de la construction, les ouvriers et tous les gens impliqués travaillent sur le chantier, pour une valeur qui apparait<br /> déjà dans le CA du constructeur.<br /> compter EN PLUS la valeur de la maison une fois construite au prix du marché reviendrait à compter cette maison "en double" !<br /> Me trompe-je ?<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Isque: ce n'est pas vrai aux USA pour les entreprises. On en revient à la même conclusion: en quelque sorte les comptes des entreprises US sont les plus transparents qui soient.<br /> <br /> <br />
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I
<br /> Les entreprises ne comptabilisent pas les produits non réalisés. Cela fait partie des principes de prudence comptable . Les biens immobiliers sont toujours comptabilisés a leur valeur d'entrée. En<br /> cas de dépréciation, une provision est constituée, en cas d'appréciation, c'est le statu quo. C'est seulement a la vente qu'on pourra parler de plus value.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Non : en IFRS, les biens immobiliers dont la société est propriétaire sont comptabilisés à leur juste valeur de marché contrairement à ce qui se faisait auparavant<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> bonsoir.cela remet il en cause votre optimisme sur les us ? quelles autres conséquences en tirez vous ? (monnaie,bourse,...)merci<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Non, c'est une "mauvaise nouvelle", un correctif doit être apporté, et c'est le même problème ailleurs.<br /> <br /> <br /> De ce fait, les ratios d'endettement public sont beaucoup trop élevés !  <br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> Est-ce vraiment un problème à partir du moment où la même norme est utilisée par tout le monde, et à partir du moment où on regarde les variations du PIB, et non sa valeur abolue ?<br /> <br /> Dans le cas des logements, une baisse des prix entraîne en principe également une baisse des loyers, ce qui doit donc contribuer à la baisse du PIB avec cette méthode de calcul...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Oui : "tout le monde" fait la même erreur, ce qui est relativement rassurant !  <br /> <br /> <br /> Par contre, il y a une incidence importante, surtout aux US, même sur les variations d'une année sur l'autre.<br /> <br /> <br /> D'après les informations dont je dispose, il n'y aurait pas eu de baisse des prix des loyers, là est le gros problème qui crée des écarts importants par rapport à la réalité la baisse du<br /> PIB a été et est supérieure à ce qui a été publié.<br /> <br /> <br /> <br />