Petits Suisses : grands banquiers mais…
Les Petits Suisses sont les meilleurs banquiers du monde. Ils n’ont pas attendu les conseils de ce bon vieux Greenspan pour respecter les nouvelles normes d’endettement dites de Bâle III (un µ ou leverage de 10 au maximum, soit un ratio Tier de 10 % au minimum) : presque toutes les banques qui publient leurs résultats les respectent sauf les 2 big banks too big to fail, UBS et Crédit Suisse.
La place financière suisse est en train de revenir au premier plan mondial, en particulier parce qu’il existe un très grand nombre de petites banques indépendantes très bien gérées, donc parfaitement fiables, ainsi qu’un grand nombre d’autres entités compétentes (cabinets d’avocats, assureurs, etc.), ce qui montre une fois de plus que les réglementations ne servent à rien : la compétence des banquiers est essentielle et elle suffit.
Il ne faut pas réguler davantage le capitalisme (c'est-à-dire multiplier les règles et les organismes de contrôle), mais au contraire il faut plus de liberté pour le capitalisme (et les banques).
La présidente de la FINMA (l’Autorité de surveillance indépendante qui protège les clients des marchés financiers) a bien relevé que le total des dettes d’UBS représente 2,5 fois le PIB annuel et qu’elle ne respecte pas les règles de Bâle III alors que Bank of America ne représente que 14 % du PIB (et les règles de Bâle III), ce qui est déjà considéré comme too big to fail par les Américains, elle est incapable d’exiger la mesure qui s’impose : un démantèlement d’UBS et de Crédit Suisse.
Oswald Grübel, le président d’UBS qui, comme ses homologues français ne respecte rien ni personne, a menacé de délocaliser sa banque dont 80 % du bilan est fait hors de son pays. C’est là une occasion à saisir pour les citoyens helvètes s’ils ne veulent pas payer un jour très cher les erreurs de ces banquiers sans scrupules. Leur manque de réactions est étonnant et grave.
Les activités d’UBS aux Etats-Unis devraient passer par une banque de droit de ce pays, dont les contribuables seraient ainsi les payeurs en dernier ressort, et non pas ceux d’Helvétie, et il devrait en être de même pour les activités d’UBS dans les autres pays.
Les banques ne sont pas des entreprises ordinaires. Du fait de leurs particularités, elles ne doivent intervenir hors de leur pays que marginalement car elles engagent la responsabilité des contribuables du pays dont elles dépendent dans l’organisation mondiale du système bancaire.
Tableau 1 :
| UBS (milliards CHF) | 2009 Q4 | 2010 Q1 | 2010 Q2 | 2010 Q3 | 2010 Q4 |
| Total des dettes | 1 292 | 1 306,1 | 1 404,9 | 1 407,2 | 1 265,4 |
| Capitaux propres | 48,6 | 50,3 | 53,3 | 53,3 | 51,8 |
| µ (leverage) | 26,6 | 25,9 | 26,3 | 26,4 | 24,4 |
| Tier (%) | 3,8 | 3,9 | 3,8 | 3,8 | 4,1 |
Sommes en milliards de francs suisses
Tableau 2 :
| Bank of America | 2009 Q4 | 2010 Q1 | 2010 Q2 | 2010 Q3 | 2010 Q4 |
| actions de préférence | 37,2 | 18,0 | 18,0 | 18,1 | 16,6 |
| total des dettes | 2 029,1 | 2 121,3 | 2 148,7 | 2 127,3 | 2 053,2 |
| capitaux propres | 194,2 | 211,9 | 215,2 | 212,4 | 211,7 |
| µ (leverage) | 10,4 | 10,0 | 10,0 | 10,0 | 9,7 |
| Tier (%) | 9,6 | 10,0 | 10,0 | 10,0 | 10,3 |
Sommes en milliards de dollars
***