Energie, économie et libéralisme
Quelques petites réflexions s’imposent à propos de l’énergie sur le plan économique après ce qui vient de se passer au Japon…
La demande mondiale en énergie augmente. Le pétrole répond très bien à cet objectif : le coût réel d’extraction d’un baril, hors taxes et autres prélèvements étatiques, est de l’ordre de 5 à 10 dollars (US$) et le carburant devrait être vendu à la pompe aux alentours de 10 centimes d’euro le litre.
C’est un produit abondant : les découvertes de nouvelles nappes correspondent depuis des décennies à la consommation, ce qui laisse une réserve inchangée sur le long terme.
Pour rappel, le Club de Rome prédisait en 1972 sur la base des experts unanimes un épuisement des réserves en pétrole avant l’an 2000 !
D’autres experts nous répètent depuis quelques années la même chose et ils ont réussi à imposer ces idioties suprêmes que sont la taxe carbone, les droits à polluer, etc.
L’offre d’électricité a des difficultés à répondre à la demande. A priori, le problème est d’obtenir ce produit non stockable aux moindres coûts.
La comptabilité doit donner une image fidèle de la réalité. Si des biais sont introduits, les calculs économiques sont faussés et des erreurs peuvent être commises et avoir des conséquences graves, comme celle qui consiste à préconiser l’énergie nucléaire et la voiture électrique.
Le coût de l’énergie nucléaire est fortement sous-estimé à plusieurs niveaux...
D’abord, pour ce qui concerne la construction : selon les bonnes vieilles habitudes des industriels de ce secteur, les coûts des projets sont minimisés avant leur lancement, puis au fur et à mesure de leur développement, les clients sont amenés à accepter des dépenses supplémentaires indispensables.
Ensuite, les coûts de déconstruction sont eux-aussi fortement minimisés pour les mêmes raisons d’autant plus que les échéances sont lointaines.
Enfin, tout le monde considère que c’est aux Etats de prendre en charge les conséquences d’accidents nucléaires majeurs selon la bonne vieille méthode qui consiste à privatiser les bénéfices et à externaliser les pertes en les faisant porter sur les contribuables qui sont toujours les payeurs en dernier ressort.
Ainsi, tout le monde considère que c’est l’Etat japonais qui doit prendre en charge les conséquences du tsunami et des problèmes de la centrale de Fukushima et non les assurances ! … comme pour les big banks too big to fail.
En intégrant ces 3 types de coûts à leur juste valeur, l’énergie nucléaire n’est certainement pas rentable, d’autant plus qu’elle est fortement capitalistique (il faut engager un capital considérable dont la rentabilité est faible).
En France, le problème est aggravé par le fait que les investissements dans les centrales nucléaires ont été publics, c'est-à-dire payés par les contribuables lors de leur construction. Les prix actuels de l’électricité sont donc fortement inférieurs à ce qu’ils devraient être car ils n’intègrent pas les amortissements à leur juste valeur ni les coûts de d’investissement pour maintenir les capacités productives durablement à leur niveau (les coûts de remplacement ou de renouvellement).
Par ailleurs, les centrales nucléaires présentent des risques considérables : un accident majeur au Japon peut avoir des conséquences graves partout dans le monde, y compris en Europe.
Les ingénieurs prétendent qu’ils ont tout prévu, mais certains viennent de s’apercevoir que ce qui s’est passé à Fukushima n’a pas été pris en considération : l’arrêt de l’alimentation électrique extérieure et la panne des groupes électrogènes, ce qui est possible dans une centrale en construction réputée sûre comme l’EPR de Flamanville où ces groupes peuvent ne plus être opérationnels en cas de grosse tempête (ils sont au niveau de la mer) ou d’attentat bien conçu et bien réalisé.
En outre, le problème des déchets nucléaires ne peut pas être résolu d’une façon acceptable dans la mesure où ils ont une durée de vie éternelle à l’échelle humaine.
Enfin, la prolifération de ces déchets est extrêmement dangereuse car certains peuvent être récupérés par des adversaires résolus du capitalisme libéral, et ils sont nombreux, déterminés et efficaces (es bombes sales peuvent être confectionnées et acheminées par containers)...
Conclusions de ces quelques brèves réflexions : il faut laisser faire les marchés qui trouvent petit à petit les meilleures solutions aux moindres coûts, et surtout diminuer le rôle et les interventions des Etats qui perturbent les marchés en taxant injustement en particulier les produits pétroliers.
Ainsi par exemple, les prix du gaz se sont effondrés avec l’exploitation du gaz de schiste, les voitures circulent avec du carburant vert au Brésil, etc.
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