Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

S&P, le AAA de la France et la SNCF…

 

Cliquer sur le lien pour lire cet article sur mon nouveau blog :

 

 

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France

 

Mon ordinateur a de la mémoire : je mets en ligne présentement un article que j’ai écrit et mis en ligne sur mon ancien blog le 15 octobre 2007 sur les comptes de la SNCF qui a fait disparaitre une bonne centaine de milliards d’euros d’engagements de retraite non comptabilisés grâce à un tout de passe-passe gouvernemental que j’ai été le seul à mettre en évidence jusqu’à maintenant.

On voit très clairement sur cet exemple que S&P refusait déjà d’intégrer en 2007 ces dettes qui sont passées sur le compte de l’Etat mais qui n’y sont pas comptabilisées en tant que telles…conformément à certaines règles de Maastricht mais en violation des règles comptables élémentaires qui doivent donner une image fidèle de la réalité.

En tenant compte de ces dettes miraculeusement effacées, le AAA de la France est loin de se justifier. C’est bien là une autre preuve de la manipulation de l’information opérée par cette agence de notation.

SNCF : faillite et patate chaude

Les engagements de retraites de la SNCF étaient inscrits hors bilan jusqu’à présent, mais ils auraient dû être intégrés en tant que dettes à long terme depuis le 30 juin 2007 en application des normes IFRS, ce qui aurait créé une situation nette massivement négative c’est à dire la faillite de la SNCF
Document 1 :

Mais le décret du… lundi 7 mai 2007 (le lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy !) permet à la SNCF d’éliminer la plus grande partie de ces engagements de retraites qui se montaient à 116,5 milliards d’euros au 30 juin 2007 d’après les comptes consolidés (non certifiés) du 1° semestre 2007, note 17 page 51 (p. 90 dans la version en ligne).
Document 2 :

Avec moins de 6 milliards d’euros de capitaux propres et plus de 20 milliards d’euros de dettes à long terme (disons, normales) au 31 décembre 2006, la SNCF aurait donc dû être déclarée en faillite depuis un certain temps.
Or, la SNCF publie des comptes qui font apparaître au 30 juin 2007 une situation nette positive en prétendant que ces dettes n’étant pas immédiatement exigibles, n’ont pas à être comptabilisées en tant que dettes à long terme !
Document 3 :

Cette interprétation est une aberration monumentale !
En effet, une dette à long terme n’est pas immédiatement exigible par définition, sinon ce serait une dette… à court terme !
Etant à long terme, toute dette est une créance dont l’échéance est (plus ou moins) éloignée, et c’est exactement le cas de ces engagements de retraite : les salariés de la SNCF ont des créances certaines sur la SNCF dont les échéances et les montants sont globalement connus et évalués officiellement dans les comptes publiés par la SNCF depuis ces dernières années.

Cette dette de 116,5 milliards d’euros au 30 juin 2007 n’est pas provisionnée. Elle est repoussée d’année en année (en augmentant !) et camouflée dans une usine à gaz énarchique, c’est à dire dans des artifices comptables. C’est l’exception française.

La dette réelle engendrée par la SNCF doit être majorée de celle du Réseau Ferré de France, soit 27,7 milliards d’euros (au 31 décembre 2006)… ainsi que de 10,7 milliards d’euros du SAAD (Service Annexe de l’Amortissement de la Dette), entité de la SNCF sans personnalité juridique dotée d’une comptabilité distincte dixit le rapport financier de 2006 page 40, qui précise que cette dette transférée au SAAD n’apparaît plus au bilan de la SNCF !

Les dettes réelles de la SNCF se montent donc au 30 juin 2007 à un total de 182,6 milliards d’euros (soit 2 880 euros par Français !) décomposées de la façon suivante :
• 116,5 milliards d’engagements de retraite au 30 juin 2007,
• 27,7 milliards de dettes à long terme, au 30 juin 2007,
• 27,7 milliards du RFF au 31 décembre 2006,
• 10,7 milliards du SAAD au 31 décembre 2006.

Les 27,785 milliards d’euros de dettes à long terme comprennent 18,876 milliards de dettes à long terme normales, en IFRS, auxquelles il faut ajouter des lignes qui sont comptabilisées en dettes à court terme mais qui devraient être comptabilisés en dettes à long terme :
• 5,277 milliards de subventions d’investissement,
• 1,065 milliard de dettes sociales,
• 1,136 milliards de dettes sur l’Etat et les collectivités,
• 1,431 milliard de comptes de régularisation qui auraient dû être comptabilisés en diminution du chiffre d’affaires, diminuant d’autant les bénéfices et augmentant d’autant les dettes.

Les agences de notation Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch attribuent la meilleure note (AAA) à la dette de la SNCF car elle est garantie par l’Etat, mais ces agences ne comptabilisent pas cette dette de la SNCF dans les dettes de l’Etat français ni celle des autres entreprises publiques, ce qui n’est pas cohérent et très dangereux à terme (ce défaut d’information financière peut conduire à une crise systémique).

Elles mettent en jeu leur crédibilité avec la dette publique française.

L’Expansion du 10 novembre 2006 avait déjà noté que la SNCF aurait dû être déclarée en faillite : cliquer ici pour lire cet article encore en ligne.

La SNCF y avait répondu immédiatement par un communiqué du même jour [qui n’est plus disponible en ligne] développant déjà cette argumentation surréaliste.
La presse française n’a publié aucun article à ce sujet depuis un an… La dette de la SNCF ne doit intéresser personne !

Les IFRS, International Financial Reporting Standards ou Normes Internationales d’Information financière sont plutôt des principes (ou des règles de portée générale) qui doivent être interprétés et appliqués par toutes les entreprises dans le monde de façon à faciliter la communication sur leur situation financière.
Les sociétés cotées dans l’Union Européenne doivent obligatoirement les adopter depuis le 1° janvier 2005. Cette obligation s’applique aussi (depuis le 31 août 2007 au plus tard !) aux entreprises publiques non cotées qui font appel public à l’épargne comme la SNCF.
Les IFRS permettent de donner une image plus fidèle de la réalité des entreprises que les règles qui étaient appliquées précédemment.
En URSS, les comptes de toutes les entreprises étaient aussi surréalistes…

Cliquer ici pour lire le rapport financier de la SNCF pour 2006 et cliquer ici pour les autres rapports annuels et semestriels.
Cliquer ici pour lire mon article sur mon ancien blog (la plupart des liens ne sont plus valables).

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
<br /> N'en est-il pas de même pour la dette de la France? Elle ne prend pas en compte l'engagement à payer les retraites des fonctionnaires (qui représentent 20 à 25% des actifs).<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Oui, bien sûr, cf. ce que j'en ai écrit il y a un certain temps (je vais ressortir certains docs)<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> Mais à quoi sert donc la Cour des Comptes?<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> à faire croire au peuple crédule que les comptes publics sont crédibles<br /> <br /> <br /> Il ne faut jamais faire confiance à une banque ni à un organisme public, et toujours vérifier les sources soi même !<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Bonsoir,<br /> Tout est simple.<br /> La transformation du AAA en AA+ des USA va permettre à B2 d'attirer des capitaux sur les bons du trésor US puisque:<br /> - la note AA+ n'est pas gravissime,<br /> - l'attrait des bons est renforcé car plus rénumérateur ceci au détriment des autres bons, eurozonards entre autres,<br /> - il fallait bien trouver un palliatif au QE3.<br /> <br /> Ce qui vient d'être fait par B2 qui de ce point de vue est un génie, faisant d'une pierre 2 coups. Ce coup n'est, à mon avis pas le fait du hasard mais mûrement réfléchi avec l'annonce de SetP de 4<br /> 000 MUSD d'économies sur 10 ans, sinon sanction, donc avec 2 400 MUSD la sanction est arrivée.<br /> L'histrion c'est fendu en regrets alors qu'il est en train de se faire bais.. La France concerve son AAA, c'est risible.<br /> <br /> <br />
Répondre
B
<br /> Ce que je ne comprends pas, c'est comment la pratique même du "hors bilan" puisse être possible !<br /> Par définition, le bilan doit donner une image fidèle, donc si vous mettez des trucs en dehors, ça ne veut plus rien dire...<br /> Le problème n'est pas seulement avec la SNCF, beaucoup de banques ont aussi quantités de cochonneries hors bilan...<br /> Pas étonnant que tout pète avec une telle opacité... les marchés ne peuvent pas jouer leur role correctement dans ces conditions !<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> J'ai une aussi bonne mémoire que votre ordinateur, je m'en rappelle aussi :)<br /> <br /> Et plus globalement vous dénonciez les règles comptables françaises qui ne prenaient pas en compte les engagements sur les retraites, alors que c'était le cas au USA.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Moi aussi...<br /> <br /> <br /> Ces problèmes de règles comptables que je soulevais alors prennent maintenant de l'importance : on commence à en voir les effets ! La situation est + pire qu'on<br /> l'admet...<br /> <br /> <br /> <br />