Spéculation, contradictions, précipitation et capitulation
Jean-Claude Le Tricheur a déclaré à plusieurs reprises la semaine dernière qu’il n’était pas question que la BCE achète des bons de Trésors euro-zonards.
Tôt ce lundi 10 mai, la BCE a annoncé qu’elle allait le faire de façon à racheter ces junk bonds dont personne ne veut, ce qui fait baisser évidemment les rendements des bons des Trésors de ces cochons de pays du Club Med, cf. mes billets à ce sujet.
Le village Potemkine euro-zonard est repeinturluré pour le plus grand plaisir de ses dirigeants.
Plus grave et totalement inattendu (pas annoncé en tout cas) : les grandes banques centrales ont annoncé dans la précipitation tôt ce lundi 10 mai la réactivation des accords de swap, ce qui signifie que les réserves en devises de la BCE, 462 milliards d’euros fin 2009, étaient au plus bas vendredi dernier !
Curieusement, tout le monde parle de ce fumeux plan de déstabilisation euro-zonard de 750 milliards d’euros prêtés par des pays surendettés alors que pas un euro ne sera versé !
Par ailleurs, il est étonnant de constater que l’Allemagne capitule sur tous les fronts de jour en jour.
De toute façon, ces initiatives précipitées ne résolvent pas les problèmes qui sont à la base de l’éclatement de la zone euro : dans un système de changes fixes de type Bretton Woods, et c’est le cas de la zone euro comme l’a fort justement bien analysé notre ami le docteur Bernard Trémeau, seules des dévaluations peuvent rétablir les équilibres fondamentaux lorsqu’une ou des nations ont des gains de productivité inférieurs à celles qui ont des monnaies fortes.
Ces cochons de pays du Club Med seront donc obligés de sortir un jour ou l’autre de la zone euro.
Toutes ces mesures, c’est reculer pour sauter de plus haut, ce qui sera plus douloureux à l’arrivée.
Spéculer, c’est voir juste et loin.
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