Tsunamis
Les régions où peuvent se produire des tsunamis sont bien connues : ce sont celles où d’autres tsunamis ont déjà eu lieu, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, de nouveaux tsunamis y sont certains. La seule incertitude est la date et l’heure de ces tsunamis à venir : maintenant, plus tard, dans 10 ans ou dans 50 ans.
Quand l’onde d’un tsunami arrive, c’est toujours trop tard pour agir. Les éléphants de Thaïlande perçoivent dans leurs grosses pattes les vibrations du tremblement de terre précurseur d’un tsunami et ils se réfugient alors sur les hauteurs. Les Thaïlandais qui ont bien compris leurs réactions les suivent alors. Ils s’en sortent toujours tous.
Dans la zone euro, toutes les conditions d’un violent tsunami sont réunies : les plaques des pays membres sont artificiellement collées les unes aux autres par des parités monétaires définitivement bloquées, ce qui les empêche de suivre leurs mouvements naturels imposés par les variations inégales des gains de productivité (celles de l’Allemagne et des Pays-Bas devraient monter, celles des pays du Club Med baisser).
Les tensions augmentent au fur et à mesure que le temps passe, ce qui renforcera le tremblement de terre et le tsunami qui en suivra.
La zone euro n’est absolument pas du tout préparée à subir un tel tsunami car les déséquilibres sont considérables avec une masse monétaire hypertrophiée : M1 représente 50 % du PIB contre 12 % aux Etats-Unis (ce qui équivaut à construire abondamment des maisons et des usines sur une côte basse soumise à un risque de tsunamis).
Dans ces conditions, des big banks qui ne respectent pas (et de loin !) les règles prudentielles d’endettement dites de Bâle III jouent le même rôle que de vieilles centrales nucléaires bâties sur des côtes exposées aux tsunamis.
Tout peut basculer d’un moment à un autre, ou tout peut continuer comme avant, pendant un certain temps...
Les bons spéculateurs, ceux qui voient loin et juste, comme les éléphants de Thaïlande, ont toutes les chances de survivre. Le mieux est évidemment de ne pas prendre le risque de se situer près d’une zone à risques.
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Une petite remarque : il n’y a pas d’antécédent exact pour la zone euro, mais tous les pays dont la parité de la monnaie a été figée artificiellement par rapport à celle d’un autre, avec une productivité qui augmente moins vite que celle du pays de référence, en ont subi les conséquences : une crise très importante comparable à un tsunami, le dernier exemple étant l’Argentine par rapport aux Etats-Unis.
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