III. Masse monétaire libre et behaviorisme
Pour comprendre les relations entre la croissance du PIB et la masse monétaire libre, il faut comprendre à quoi correspondent en réalité, concrètement, les variations des agrégats monétaires.
Quand les Américains craignent que leur situation se dégrade dans un avenir proche, ils dépensent relativement moins et ils augmentent donc leur épargne, ce qui signifie que M2-M1 augmente et que la croissance du PIB réel ralentit : épargne et croissance sont inversement proportionnelles.
Inversement, quand ils anticipent une amélioration de leur situation, ils dépensent davantage en diminuant leur épargne : M2-M1 diminue et la croissance du PIB réel augmente. Finalement, cette loi de la masse monétaire libre est simple !
Ce qui est important est donc la réaction des Américains, c’est à dire des individus, qui est visible dans la variation des agrégats monétaires, et non pas la variation relative des agrégats monétaires et du PIB en masse, in abstracto. Il n’y a d’ailleurs pas de corrélation observable entre les variations des agrégats monétaires et le PIB tous deux étant déflatés, c’est à dire en valeurs réelles contrairement à ce que pensent les économistes autrichiens.
Le comportement des ménages est donc déterminant : il explique cette corrélation quasiment parfaite entre la masse monétaire libre M2-M1 en valeurs courantes (non déflatées) et la croissance du PIB réel sur les 50 dernières années aux Etats-Unis et les mêmes résultats que l’on retrouve par exemple dans la zone euro, en Thaïlande et partout ailleurs.
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Les réactions des ménages sont très rapides et très élastiques. La Fed publie le jeudi soir les données de M1 et de M2 qui permettent de connaître avec 10 jours de retard seulement le comportement des ménages, et donc les tendances les plus récentes du comportement des Américains.
Ainsi, il est possible de connaître presque en direct l’orientation du PIB et donc d’anticiper correctement les marchés, avant les opérateurs qui ne connaissent pas cette loi de la masse monétaire libre… d’où son intérêt car la spéculation est alors gagnante !
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La Fed a relevé son taux de base au dessus de sa neutralité (4 %) en décembre 2005. Les marchés de l’obligataire public ont réagi les premiers : la courbe des taux est devenue plate, et même inversée, ce qui annonce toujours une baisse de la croissance du PIB réel dans un délai de 6 mois.
Effectivement, la croissance a commencé à baisser 6 mois plus tard : à partir du mois de juin, ce qui est observable sur les données de M2-M1 qui augmente à partir de cette date car les Américains ont bien senti que leur situation ne s’améliorerait pas dans un avenir proche. Ils ont donc augmenté leur épargne (M2-M1) et relativement diminué leurs achats ce qui fait diminuer la croissance du PIB réel.
La tendance se poursuit : la croissance du PIB diminue : elle a été de 2 % au 3° trimestre par rapport au précédent mais elle est restée à un niveau élevé au 4° trimestre grâce à un effet richesse important et à la mondialisation.
Les membres du FOMC ont relevé trop tard et trop lentement leur taux de base, ce qui a entraîné une croissance du PIB trop forte, supérieure à son potentiel optimal. Elle est donc inflationniste.
Pour faire tomber l’inflation dans la zone idéale de 1 à 1,5 %, ils sont obligés de créer une baisse de la croissance, et à la limite une récession. Cependant, comme l’économie américaine est très forte, la baisse est lente, mais certaine.
Comme les marchés actions anticipent mal ce ralentissement de la croissance, il y aura prochainement un collapsus.
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Publié initialement le 11/01/07 revu le 04/02/07, 3° de 4 billets sur ce thème.
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