Laffer, Rubin et Keynes
Le budget de l’Etat doit-il être en équilibre, en excédent ou en déficit ?
La politique fiscale peut-elle stimuler la croissance en période de crise ?
Si oui, comment ?
Arthur Laffer, Robert Rubin et Keynes ont donné des réponses différentes…
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Pour Keynes, c’est simple : il suffit de distribuer de l’argent à ceux qui n’en ont pas et d’augmenter les dépenses publiques pour faire repartir la croissance période de crise.
C’est la solution préférée de la gauche, surtout en France, mais cette politique fiscale et économique a toujours donné des résultats catastrophiques comme tout le monde peut le constater, en France en particulier.
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Robert Rubin, l’ancien ministre des finances de Bill Clinton, donne une meilleure réponse : l’Etat ne doit pas augmenter ses dépenses ni baisser ses impôts de façon à dégager des excédents budgétaires pour que l’économie se développe sur des bases saines. Tout le monde peut alors en profiter : les plus pauvres et les plus riches !
Cette politique fiscale et économique a donné de bons résultats à la fin des années 90, et les excédents fiscaux se sont montés à 2,4 % du PIB à la fin du mandat de Clinton en 2000.
Cependant, les Américains ont eu de la chance : ils ont bénéficié de l’assainissement de l’économie réalisé pendant les années Reagan, et il n’y a jamais eu de crise majeure pendant que Clinton était président.
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Encore mieux : Arthur Laffer, l’un des Reaganomics les plus influents, a proposé de diminuer les impôts pour relancer la croissance en cette période de crise du début des années 80, ce qui a fait augmenter le déficit budgétaire qui a atteint un record de 5,6 % du PIB en 2003 !
Oui mais, moins d’impôts, c’est plus d’argent dans la poche des consommateurs qui vont en profiter pour augmenter leurs dépenses. La demande augmente, l’offre y répond : la croissance du PIB repart, ainsi que… les rentrées d’impôts ! car les revenus qui augmentent globalement sont imposables.
Moins d’impôts aujourd’hui, c’est plus de croissance demain, et ce sera finalement plus de croissance et d’impôts pour après demain !
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C’est la politique qui a été menée par George W. Bush après le trou d’air de 2001-2002 : les baisses d’impôts ont augmenté le déficit à 3,4 % du PIB en 2004 mais la croissance est repartie, ce qui a permis de réduire les déficits à 2,5 % du PIB en 2005, 1,85 % en 2006 et 1,17 % seulement en 2007.
En effet, le déficit se montait à 162,8 milliards de dollars au cours de l’année fiscale qui s’est terminée le 30 septembre dernier pour un PIB de 13 926,7 milliards de dollars au 3° trimestre.
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Graphique :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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Une petite erreur systématique sur ce graphique : le PIB pris en compte est celui du 4° trimestre de l’année civile, suivant la fin de l’exercice fiscal qui se termine le 30 septembre (sauf pour 2007 !). L’incidence de cette erreur est négligeable sur ce graphique.
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Les données sont fournies par l’ami Fred de Saint Louis : http://research.stlouisfed.org/fred2/
Pour comprendre le mécanisme de la courbe de Laffer, voir les excellents articles de Work For All : Causes de la croissance différentielle en Europe
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Dans mon billet Questions /réponses précédent, je n’avais pas vérifié les chiffres, ce que je fais d’habitude dans les billets ordinaires, en dehors des Questions /réponses…
Merci à Vincent Bénard de m’avoir signalé mon erreur… Voir son blog : http://www.objectifliberte.fr/
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