Le nouveau paradigme américain
Tout va très bien aux Etats-Unis : les Américains travaillent, gagnent de l’argent, le dépensent et épargnent. Tous les fondamentaux sont bons.
Auparavant, au XX° siècle, quand les Américains augmentaient leur épargne, ils diminuaient leurs dépenses, ce qui ralentissait la demande et la croissance du PIB diminuait.
Actuellement, ils augmentent leur épargne de 8 % d’une année sur l’autre, ce qui est beaucoup, mais la croissance du PIB ne plonge pas ! car les Américains sont plus de plus en plus riches : ils peuvent à la fois consommer et épargner.
Un effet de richesse joue maintenant un rôle important et perturbe les conclusions des analyses antérieures qui se basent sur les anciens comportements.
Par ailleurs, les gains de productivité sont et resteront élevés, mais avec une faible croissance de la population en activité car la participation des Américains tend à baisser, ce qui crée là aussi des problèmes nouveaux : la croissance du PIB est et sera à son potentiel optimal dans les 2 %, inférieure à ce qu’elle a été depuis plus de 50 ans (3,5 %).
*
L’augmentation de M2-M1 (l’épargne des Américains) est stabilisée à 8 % d’une année sur l’autre,
Graphique 1 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
Normalement, cette augmentation de M2-M1 provoque une baisse de la croissance du PIB qui est atténuée par l’effet de richesse,
Graphique 2 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
L’épargne des Américains augmente : elle représente maintenant 43 % du PIB,
Graphique 3 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
L’épargne des Américains reste dans sa tendance historique : entre 40 et 45 % du PIB,
Graphique 4 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
M1 (l’argent que les Américains ont dans leurs portefeuilles et sur leurs comptes courants) représente maintenant moins de 10 % du PIB car leurs revenus sont élevés : ils dépensent et placent leurs revenus rapidement. Ils ont confiance en l’avenir.
Graphique 5 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
Les créations d’emplois sont et resteront à des niveaux inférieures à ce qu’elles ont été dans le passé : moins de 100 000 emplois créés par mois, ce qui est cohérent avec la diminution de la participation et permet quand même d’augmenter le niveau de vie de la population.
Graphique 6 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
*
Les Américains sont donc déjà entrés dans un nouveau paradigme.
*
La crise du subprime passionne et terrifie certains milieux financiers, mais il s’agit là d’un problème relativement mineur par rapport à l’ensemble de l’économie américaine qui est fondamentalement saine.
Il n’en est pas de même dans la zone euro où M1 représente 43 % du PIB ! C’est tellement gros que personne ne voit cette hypertrophie de M1 qui a et qui aura de très graves conséquences !
***