L’iceberg des crises
La crise du subprime est la partie émergée de l’iceberg des crises, celle qui se voit.
La plus importante est celle qui ne se voit pas : la crise monétaire dans la zone euro.
La crise du subprime porte sur $250 milliards (ou davantage ?) mais celle de la zone euro porte sur plus de €2 500 milliards !
C’est de l’argent non gagné visible surtout dans l’agrégat monétaire M1, l’argent que les Euro-zonards ont dans leurs portefeuilles et sur leurs comptes bancaires.
Si la crise principale avait été celle du subprime, la Fed serait intervenue massivement, or elle n’injecte que quelques milliards à très court terme au fil des semaines et deux fois $20 milliards dans un plan programmé alors que la BCE a injecté sans préavis €350 milliards le 18 décembre… pour en retirer €133 milliards le lendemain et €150 milliards le jour suivant !
La crise monétaire dans la zone euro est difficilement gérable !
Elle est bien visible dans la structure des agrégats monétaires par rapport au PIB : M1 représente 43 % du PIB contre moins de 10 % aux Etats-Unis, ce qui signifie que la plus grande partie de ces €3 800 milliards ne sont pas le résultat de la vente de produits régulièrement comptabilisés, mais de la distribution d’argent non gagné.
Structure des agrégats aux Etats-Unis :
Graphique 1 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
Structure des agrégats dans la zone euro :
Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)
Sur ce graphique n° 2, les courbes sont aplaties mais l’augmentation de M1 est en fait très importante
Graphique 3 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
M1 dans la zone euro augmente de 6 à 8 % par an alors que le total de cet agrégat fluctue aux Etats-Unis aux alentours de $1 350 milliards depuis plusieurs années.
L’augmentation de M1 et de M2-M1, l’épargne des Euro-zonards, en euros est importante
Graphique 4 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
En 1998, la structure des agrégats de la zone euro était proche de celle des Etats-Unis en 1960 : M1 représentait 28 % du PIB. Ce ratio aurait dû baisser de 15 points en 10 ans pour tendre vers 12 % du PIB, mais il a au contraire augmenté de 15 points pour atteindre 43 % !
Les entreprises américaines disposent de trésoreries considérables qui représentaient plus de 25 % du PIB en 2006 (agrégat M3-M2), alors qu’elles stagnent aux alentours de 10 % du PIB dans la zone euro (la Fed ne publie plus les chiffres de M3-M2 depuis mars 2006).
La cause principale de cette crise monétaire de la zone euro vient des engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés, ce qui a pour conséquence de distribuer des revenus indus. Ainsi par exemple, le gouvernement français a effacé récemment une centaine de milliards d’euros de dettes des comptes de la SNCF sans les faire apparaître ailleurs !
C’est de la création monétaire, de l’argent non gagné qui circule en masse dans la zone euro.
Les économistes européens ne sont pas conscients de ces problèmes. Ils considèrent que la croissance de pays comme la France est satisfaisante grâce au maintien d’une consommation élevée… qui est réalisée avec de l’argent non gagné, de la création monétaire.
***