Inintelligence économique et monétarisme (1)
Encore un petit retour sur quelques problèmes financiers et monétaires importants…
Si j’ai bien compris, certains de mes lecteurs (comme la plupart des Français) sont persuadés que les banques créent de la monnaie (c’est à dire de l’argent non gagné) quand elles accordent des crédits à leurs clients !
C’est là une erreur majeure.
Quand une banque prête 100 € ou $, elle a nécessairement déjà au moins ces 100 € ou $ dans ses comptes et non pas 10 (comme le croient à tort certains de mes lecteurs et la plupart des Français !).
En effet, toutes les banques sont obligées d’avoir à tout moment une position nette créditrice auprès de la banque centrale. C’est là une règle intangible.
Comme les banques ordinaires n’ont généralement pas assez d’argent lorsqu’elles accordent des prêts, elles doivent emprunter sur les marchés financiers… dont la fonction principale est justement de répondre à cette demande par une offre de capitaux (collectés par d’autres établissements, d’où les turbulences actuelles car certaines d’entre elles doivent absolument acquérir de l’argent à très court terme, même à un prix élevé, cf. les taux de l’Euribor).
Cet aspect du fonctionnement des banques est mal connu en France, car tout le monde, c’est à dire les banquiers (en fait, les salariés des banques en contact avec le public), les professeurs, les journaleux et tous les bonimenteurs répètent depuis des générations les mêmes inepties sur la création monétaire par les banques parce que certaines d’entre elles ont jadis effectivement commis de telles erreurs (en prêtant de l’argent sans respecter ces règles).
Ces pratiques condamnables n’existent plus depuis longtemps dans les pays disons évolués où les banques doivent respecter un certain nombre de règles : en particulier, leurs fonds propres doivent représenter au moins 8 % de leurs engagements mais bien entendu (sous-entendu), les prêts accordés doivent être couverts par des dépôts (auprès des banques prêteuses) ou par des emprunts de façon à ce qu’elles aient toujours une position nette créditrice.
Il n’y a pas de création monétaire (c’est à dire de distribution ni de circulation d’argent non gagné) par les banques si toutes les règles de bonne gestion sont respectées.
La création monétaire (au sens de distribution et de circulation d’argent non gagné) se fait dans d’autres circonstances : en particulier quand les entreprises versent des salaires supérieurs aux gains de productivité, ce qui est inflationniste.
De l’argent non gagné circule alors, la masse monétaire augmente plus vite que la création de richesse : la croissance du PIB réel ralentit (cf. ma loi de la masse monétaire libre).
Le bon fonctionnement des marchés financiers est indispensable pour que la croissance atteigne son potentiel optimal.
C’est le cas aux États-Unis où les autorités font respecter ces règles (la Fed, la SEC, la Justice et surtout les victimes des irrégularités éventuelles).
Les entreprises n’accordent pas d’augmentations de salaires intempestives aux États-Unis.
Leurs bénéfices augmentent (ce qui fait augmenter l’agrégat M3-M2 dont les chiffres ne sont plus publiés par la Fed). Ils sont distribués sous la forme de dividendes (qui sont immédiatement réinvestis) ou utilisés pour racheter des actions, ce qui ne les fait pas entrer dans la masse monétaire M2.
L’argent est donc sain, aux États-Unis du moins (ce qui n’est pas le cas en France, cf. le prochain billet).
C’est le premier pilier de la réussite pour les Reaganomics.
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