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Mondialisation des équilibres

Mondialisation des équilibres


Une fois de plus, ce bon vieux Alan Greenspan a raison : les équilibres doivent être considérés et réalisés maintenant au niveau des nations et des établissements financiers en tenant compte des équilibres mondiaux, ce qui est un peu plus délicat que du temps où il présidait la Fed…


Il avait bien abordé ce problème dans son livre, Le temps des turbulences, en particulier pour ce qui concerne les gains de productivité et l’équilibre des balances commerciales.


Les paysans chinois augmentent considérablement leur productivité en allant travailler dans des usines (et ils en retirent de grands avantages), ce qui profite aussi aux Américains qui peuvent acheter des biens coûtant ainsi moins chers que s’ils avaient été produits aux États-Unis.


Les balances commerciales de la Chine et des États-Unis sont chacune fortement déséquilibrées mais l’équilibre mondial est réalisé, ce qui est essentiel et globalement, les gains de productivité sont supérieurs aux gains de productivité endogènes de chacun de ces pays.


La mondialisation libérale est un jeu gagnant gagnant (ces idées sont déjà bien connues).


Les problèmes financiers et monétaires sont plus délicats à comprendre et à maîtriser car les équilibres doivent être réalisés d’une certaine façon au niveau mondial, au niveau national et au niveau de chaque établissement financier (les banques et les compagnies d’assurance).


La Banque centrale de Chine détient des réserves en US$ ($1 900 milliards), qui lui permettent de rattraper les déséquilibres bancaires et monétaires hérités des décennies précédentes (du temps du communisme de Mao).


Par ailleurs, les bons du Trésor des États-Unis (qui couvrent les déficits du budget de l’État) n’ont pas besoin d’être achetés par des capitaux issus d’activités réalisées aux États-Unis pourvu qu’ils soient achetés par des dollars régulièrement gagnés sur des marchés sans création monétaire, ce qui est le cas.


Là encore les équilibres sont réalisés au niveau mondial pour le bénéfice de toutes les parties alors qu’un déséquilibre apparaît au niveau de chaque nation, ce qui n’a aucun inconvénient.


Par contre, il importe, et c’est fondamental, vital même, qu’il y ait dans chaque nation de l’argent sain, c’est à dire sans création monétaire, sans hypertrophie de la masse monétaire.


Or, les gens de la Fed, dont Alan Greenspan et B-2, ont bien identifié l’existence de deux bulles dans le secteur financier : la première, celle dite des sub-prime a éclaté au 2° semestre de 2007 et au premier trimestre 2008, la seconde a éclaté spectaculairement à partir du 15 septembre dernier (la crise dite des CDS).


Une fois de plus, les produits dérivés, bien qu’ils représentent une masse considérable d’engagements, ne sont pas dangereux tant qu’ils sont correctement couverts (ce qui a presque toujours été le cas depuis qu’ils existent).


Si ce n’est pas le cas, les bénéfices sont indus, c’est alors de l’argent non gagné qui circule (de la création monétaire), une bulle très dangereuse qu’il faut faire éclater au plus tôt.


Dans le cas contraire, ce sont des pertes monumentales… qui font alors éclater sainement la bulle en épongeant l’argent non gagné.


Conclusion : il fallait absolument que le bombardier furtif de nouvelle génération entre en action pour détruire la deuxième bulle, ce qui a été fait avec l’aide de ses fidèles collaborateurs, dont Henry Paulson.


Ça fait mal, très mal, mais après, ça ira mieux, c’est pour notre bien à tous !


***


Compléments…


La destruction créatrice continue pour les banques aux États-Unis. Leur assainissement passe par une nécessaire recapitalisation à partir de capitaux dits publics, c’est à dire de capitaux qui transitent par l’intermédiaire d’organismes publics.


En effet, comme les gérants de capitaux n’ont plus confiance dans les banques, ils préfèrent les placer dans des Treasuries et ces capitaux vont ensuite se porter au capital des banques.


Il n’y a pas de création monétaire dans ce circuit (car les capitaux empruntés existent légitimement et ils circulent normalement), ni réellement de déficits publics, car les sommes empruntées ne sont pas dépensées mais investies dans le capital de banques viables qui seront de nouveau profitables quand les perturbations présentes seront passées (dans quelques mois).


Par ailleurs, Alan Greenspan relève que le ratio des capitaux propres sur l’actif des banques qui était à 100 % il y a 5 000 ans, était encore à 60 % en 1840 aux États-Unis pour tomber à des niveaux exceptionnellement bas (moins de 10 %) après la guerre (la Seconde, mondiale).


Dans la mesure où il n’y a pas de contrôle a priori possible des organismes financiers, ni de lois ni de règles efficaces pour empêcher le développement de bulles issues d’engagements non couverts sur des produits dérivés, la sanction des marchés est la seule envisageable, mais elle fragilise les établissements financiers (les investisseurs n’ont plus confiance en leurs comptes).


Conséquence logique : les banques doivent augmenter leurs capitaux propres (par rapport à leurs dettes totales, c’est mon multiplicateur de crédit µ) pour consolider leur crédibilité.


C’est ce qui se passe aux États-Unis.


Enfin, la Fed n’est pas vraiment un prêteur en dernier ressort, mais une usine de retraitement des capitaux qui, sous l’étiquette publique, peuvent recapitaliser les banques quand les marchés n’ont plus confiance en elles.


Après l’exubérance irrationnelle des marchés, la Fed est maintenant obligée d’intervenir pour contrer au contraire leur déprime irrationnelle.


Si les Américains manœuvrent bien dans les turbulences actuelles, il n’en est pas de même ailleurs, et en Europe en particulier : Sarko & co font tout pour qu’il n’y ait pas de destruction créatrice dans le secteur financier ni ailleurs, ce qui empêche le retour des équilibres fondamentaux, et pire, ils augmentent les déficits publics par des dépenses intempestives.


Le plan de sauvetage annoncé par Barack Obama sera financé par la croissance retrouvée dans les 6 mois à venir et compensé par des compressions de dépenses publiques non justifiées, ce n’est donc pas en réalité un plan de relance keynésien.


Par ailleurs, l’hypertrophie croissante de la masse monétaire dans la zone euro condamne ses pays à une croissance inférieure à son potentiel optimal pour les décennies à venir, comme au Japon.

***

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J
Ce qui se dit sur l'Iran http://www.mondialisation.ca/index.php?context=newsHighlights&newsId=18
Répondre
L
mondialisation réussie : l'exemple bank of america/cbc...partenariat gagnant/gagnant usa/chine....<br /> 4 news pour illuster mon propos<br /> ----------------<br /> Bank of America va monter à 19,1% du capital du chinois CCB <br /> Date: 17/11/2008 <br /> <br /> WASHINGTON, Nov 17 (Thomson Financial) - Bank of America a annoncé lundi qu'elle<br /> allait exercer les options qui l'autorisent à monter au capital de son<br /> partenaire chinois China Construction Bank Corporation (CCB).<br /> <br /> La participation de la première banque américaine va atteindre 19,1% du capital<br /> de CCB, contre 10,75% actuellement, selon un communiqué de l'établissement.<br /> <br /> Le groupe bancaire américain espère que l'opération sera bouclée d'ici la fin<br /> du mois.<br /> <br /> Bank of America était entré au capital de CCB en septembre 2005, acquérant à<br /> l'époque 9% pour 2,5 milliards de dollars.<br /> <br /> Deuxième banque chinoise, CCB a, depuis, été introduite à la Bourse de Hong<br /> Kong en octobre 2005, puis à la Bourse de Shanghai en octobre 2007, et affiche<br /> actuellement la troisième capitalisation bancaire mondiale, à 126 milliards de<br /> dollars. La part actuelle de Bank of America est ainsi valorisée à 13,5<br /> milliards de dollars.<br /> <br /> Les actions qui vont être acquises dans le cadre de l'exercice d'options ne<br /> pourront être revendues avant le 29 août 2011 sans l'accord de CCB, indique Bank<br /> of America.<br /> <br /> "Bank of America a l'intention de demeurer un partenaire à long-terme et un<br /> important investisseur stratégique de CCB", ajoute le groupe américain, alors<br /> qu'au printemps des rumeurs de presse avaient évoqué un souhait de la banque de<br /> se désengager de CCB pour empocher les énormes plus values enregistrée sur cette<br /> transaction.<br /> <br /> ---------------------------<br /> La Fed autorise la deuxième banque chinoise à s'installer aux USA<br /> <br /> <br /> <br /> WASHINGTON, Dec 8 (Thomson Financial) - La Réserve fédérale américaine (Fed) a<br /> autorisé lundi la China Construction Bank (CCB), deuxième banque chinoise, à<br /> s'installer aux Etats-Unis en ouvrant une antenne à New York.<br /> <br /> Cette antenne devrait se consacrer "à des activités de banque de dépôt, de<br /> prêt, de placements en Bourse et à d'autres services bancaires", écrit la Fed<br /> dans un communiqué.<br /> <br /> La banque centrale rappelle que la CCB est détenue à 57,0% par l'Etat chinois,<br /> à 19,7% par le groupe bancaire américain Bank of America, et à 5,7% par le fonds<br /> d'investissements public singapourien Temasek, le reste du capital étant<br /> dispersé dans le public.<br /> <br /> La Fed indique avoir jugé adéquat le contrôle antiblanchiment dont la CCB fait<br /> l'objet par les autorités de régulations chinoises et indique que la CCB s'est<br /> engagée à respecter les normes américaines en la matière.<br /> <br /> Elle juge par ailleurs que le niveau des fonds propres de la banque est<br /> supérieur au minimum requis par l'accord de Bâle (1998) et est "équivalent à ce<br /> qui serait requis pour une organisation bancaire américaine".<br /> <br /> La CCB sera la quatrième banque de Chine (hors Hong Kong) à s'établir aux<br /> Etat-Unis, après l'Agricultural Bank of China, la Bank of China et la Bank of<br /> Communications.<br /> <br /> L'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), première banque chinoise, a<br /> déposé elle aussi une demande auprès de la Fed pour s'installer à New YorK<br /> <br /> --------------------------<br /> Bank of America renonce à vendre 3 mds USD de titres du chinois CCB (presse)<br /> <br /> <br /> <br /> WASHINGTON, Dec 19 (Thomson Financial) - Bank of America a abandonné son projet<br /> de vendre pour 3 milliards de dollars d'actions de son partenaire chinois China<br /> Construction Bank Corporation (CCB), face à l'opposition de Pékin, affirme<br /> vendredi le Financial Times (FT).<br /> <br /> "La banque américaine avait engagé la semaine dernière UBS pour l'aider à<br /> vendre un bloc d'actions cotées à Hong Kong afin de réduire sa participation<br /> dans CCB à moins de 17%", indique le quotidien financier, citant des sources<br /> proches du dossier.<br /> <br /> Fin novembre, Bank of America avait exercé des options qui lui avaient permis<br /> de faire grimper sa participation dans CCB, deuxième banque chinoise, de 10,75%<br /> à 19,1%.<br /> <br /> Le prix proposé pour les actions à vendre offrait un rabais de 15% par rapport<br /> au cours actuel de CCB, et des investisseurs institutionnels européens et<br /> américains avaient rapidement fait part de leur intérêt.<br /> <br /> Mais l'offre a finalement été retirée quelques heures à peine avant que son<br /> résultat soit annoncé, à la suite d'une conversation téléphonique entre le PDG<br /> de Bank of America, Kenneth Lewis, et son homologue de CCB, Guo Shuqing, raconte<br /> le FT.<br /> <br /> "Les négociants de la zone asiatique pensent que le gouvernement chinois a fait<br /> de son mécontentement sur le calendrier de cette vente", car cela aurait pu<br /> précipiter à la baisse le cours de CCB au moment même où Pékin tente d'arrêter<br /> la glissade du marché de Hong Kong, explique le quotidien financier.<br /> <br /> ------------------------------<br /> Bank of America: pas de pression de Pékin pour renoncer à vendre titres CCB <br /> Date: 23/12/2008 <br /> <br /> PEKIN, Dec 23 (Thomson Financial) - Bank of America a démenti des informations<br /> de presse selon lesquelles elle avait abandonné son projet de vendre pour trois<br /> milliards de dollars d'actions qu'elle détient dans China Construction Bank<br /> (CCB) sous la pression du gouvernement chinois, dans un communiqué.<br /> <br /> "Nous avons abandonné la vente des actions en raison de nos propres raisons<br /> internes", a indiqué le porte-parole de BofA, Robert Stickler, dans le<br /> communiqué transmis à l' lundi soir.<br /> <br /> Selon le Financial Times du 19 décembre, citant des sources proches du dossier,<br /> l'offre de cession des actions avait attiré des investisseurs mais elle avait<br /> été finalement retirée quelques heures à peine avant que son résultat ne soit<br /> annoncé, à la suite d'une conversation téléphonique entre le PDG de Bank of<br /> America, Kenneth Lewis, et son homologue de CCB, Guo Shuqing.<br /> <br /> "Les négociants de la zone asiatique pensent que le gouvernement chinois a fait<br /> part de son mécontentement sur le calendrier de cette vente", car cela aurait pu<br /> précipiter à la baisse le cours de CCB au moment même où Pékin tente d'arrêter<br /> la glissade du marché de Hong Kong, avait alors expliqué le quotidien financier.<br /> <br /> Fin novembre, Bank of America avait exercé des options qui lui avaient permis<br /> de faire grimper sa participation dans CCB, deuxième banque chinoise, de 10,75%<br /> à 19,1%.<br /> <br /> BofA, selon le FT, "avait engagé la semaine dernière UBS pour l'aider à vendre<br /> un bloc un bloc d'actions cotées à Hong Kong afin de réduire sa participation<br /> dans CCB à moins de 17%".<br /> <br /> "Je ne peux pas dire si et quand nous vendrons des actions CCB mais il est tout<br /> à fait possible que nous le ferons à l'avenir tout en conservant une<br /> participation significative dans CCB", a indiqué M. Stickler.
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L
bonjour a vous<br /> <br /> tout a fait excellent votre point sur la mondialisation et ses effets bénéfiques quand elle est jouée intelligement...le point sur la crise voulue et non pas la crise subie aux us me parait aussi tout a fait pertinent...<br /> quant a la démontration que si l'on se place d'un point de vue des circuits monétaires le plan obama n'est en rien un plan khénésien s'appuyant sur de la dépense publique qui trouverait sa source dans un surcroit d'impot d'endettement ou de création monétaire pure mais un plan qui au contraire repose sur la mobilisation de flux monétaires(des énergies) existants ayant déja transités dans les circuits économiques (donc de l'argent sain) ou la fed se substitue aux banques afin de recapitaliser celles ci selon des normes encore plus strictes mais aussi pour permettre d'optimiser l'allocation du capital dans les projets les plus porteurs de création de richesse futurs...on a donc bien la aux US le politique que se soumet a l'économique et non l'inverse comme europe...la chine étant quant a elle tt a fait dans la mème phase que les us...<br /> bon il y aurait bien sur encore beaucoup a dire sur votre billet mais en tous les cas merci a vous d'avoir su mettre en mots et en concepts ce qui parfois chez beaucoup d'entre nous est du domaine de l'intuition avec tous les efforts que cela suppose pour s'extraire a la fois du préchi précha et de la désinformation ambiante...
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Z
Cher Jean-Pierre Chevallier,<br /> <br /> Votre billet de vendredi dernier notait la nette baisse de la croissance aux USA.<br /> Le plan de sauvetage d'Obama n'est-il pas sensé restaurer la confiance et donc être à l'origine du renversement de tendance ou<br /> Ce plan de sauvetage ne sera t-il possible que si la croissance revient ?
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T
que c'est bon de vous entendre dire que l'état peut être parfois la solution et pas le problème, mais ce n'est pas très reaganomic!
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