M3 et les idiots inutiles
B-2 a fait supprimer la publication des chiffres de M3 avant même de prendre ses fonctions (!), ce qui permet aux gens de la Fed d’avoir des informations qui ne sont pas à la disposition du public.
Les marchés peuvent ainsi être induits en erreur, et c’est ce qui s’est produit au cours de ces derniers mois.
La Fed dispose donc d’un gros avantage sur tout le monde en réduisant l’information disponible, ce qui est contraire à toutes les règles. C’est inadmissible.
A priori, il n’est pas possible de reconstituer des chiffres fiables de M3 en dehors du cadre d’une banque centrale.
Les chiffres des cash flows trimestriels sont publiés, mais il ne s’agit que des flux de trésorerie, sans les stocks ni leurs variations.
Les chiffres de M3 (aux Etats-Unis) ne peuvent donc pas être connus.
Cependant, certaines personnes prétendent pouvoir reconstituer de telles séries en extrapolant certaines données, ce qui pouvait donner de bons résultats dans le passé, mais ce qui s’est produit depuis 2006 n’a pas d’antériorité et il est donc impossible d’avoir des données fiables.
Ainsi par exemple, Shadowstats publie une estimation de l’augmentation de M3 qui aurait culminé à 17 % (d’une année sur l’autre) au début de 2008, cliquer ici pour voir le graphique.
J’ai reconstitué (sur mon tableur) la série de M3 après février 2006 de façon à arriver à de tels résultats avec une courbe se rapprochant de celle de Shadowstats,
Graphique 1 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Comme les chiffres de M2 sont connus, il est possible de déterminer M3-M2 dont l’augmentation aurait culminé à 35 % d’une année sur l’autre, ce qui est totalement irréaliste,
Graphique 2 :
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M3-M2 aurait alors atteint 43 % du PIB, comme M2-M1,
Graphique 3 :
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M3-M2 aurait atteint plus de $6 000 milliards au début de l’année 2008, c’est à dire 5 fois plus que les bénéfices publiés, ce qui est là encore totalement irréaliste,
Graphique 4 :
Cliquer ici pour agrandir le graphique.
Il est toujours surprenant de constater que, dans le domaine économique et financier, les gens sont prêts à gober les informations les plus irréalistes, les plus invraisemblables, les plus irrationnelles, les plus stupides !
Les moyens de communication ont fait des progrès considérables mais la réflexion des gens n’a pas progressé, même avec Internet qui favorise finalement le panurgisme.
On a l’impression de revenir au Moyen Age.
Après l’exubérance irrationnelle des marchés, c’est maintenant le temps de l’irrationalité tout court.
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