M3, B-2 et la zone
M3-M2 augmentait de 15 % d’une année sur l’autre à la fin de l’année 2005 et au début 2006, (ce qui était beaucoup trop) car de graves dysfonctionnements se produisaient dans les trésoreries des entreprises américaines (qui comptabilisaient de l’argent non gagné à partir de la cession de titres portant sur des emprunts hypothécaires classés en sub-prime et d’engagements non couverts sur des produits dérivés).
Alan Greenspan, arrivant à la fin de son mandat n’a pas voulu reconnaître ce problème (il a quitté ses fonctions en faisant croire que l’économie américaine était saine et en superforme grâce à lui) mais les gens de la Fed et B-2 (Ben Bernanke) l’avaient bien identifié.
B-2 avait même pris la précaution (avant sa prise de fonctions le 1° février 2006) de faire supprimer la publication des chiffres de M3 (après ceux de février 2006) de façon à ce que le public ne puisse pas avoir des informations complètes et fiables (sur ce problème) pour pouvoir agir plus efficacement et plus librement.
Dans ces conditions, comment connaître l’évolution de M3, sachant qu’il s’agit là de données indispensables pour comprendre les problèmes économiques et financiers, et les risques ?
J’ai déjà donné deux réponses : les bénéfices publiés et les cours de l’or, ce qui est loin d’être satisfaisant.
Une troisième solution confirme les deux premières : les chiffres de M3-M2 de la zone euro.
En effet, les entreprises de la zone euro ont maintenant globalement les mêmes caractéristiques que celles des États-Unis et leur trésorerie évoluait donc à peu près de la même façon que celle des entreprises américaines avant février 2006 (j’ai divisé les chiffres de M3-M2 des États-Unis par 3 pour faire coïncider les courbes, les unités étant des milliards d’euros),
Graphique 1 :
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Il en est de même pour ce qui concerne les variations de M3-M2, avec une différence cependant : la trésorerie des entreprises de la zone a augmenté un an après celles des États-Unis (points noirs),
Graphique 2 :
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Les évolutions de M3-M2 aux États-Unis et dans la zone euro sont donc logiquement liées et il est donc justifié de prolonger l’évolution de l’agrégat M3-M2 des États-Unis (après le point jaune) dans les mêmes tendances que celle de la zone euro,
Graphique 3 :
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L’augmentation de M3-M2 aurait été de l’ordre de 15 % d’une année sur l’autre des deux côtés de l’Atlantique, avec un sommet atteint au début de 2008 (points rouges) et une chute très marquée depuis ces derniers mois en concordance avec la baisse des bénéfices,
Graphique 4 :
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L’augmentation de M3 peut alors être déduite de celle de M3-M2,
Graphique 5 :
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Ces évaluations sont certainement proches de la réalité.
Elles montrent que l’argent non gagné en excédent dans M3-M2 ne se montait qu’à $600 milliards… seulement, mais pour faire éclater cette bulle (relativement petite), les gens de la Fed et du gouvernement ont utilisé des armes de destruction massive qui ont fait des dommages collatéraux considérables.
Si l’augmentation de M3-M2 avait pu être contenue à 7 % après le mois de juillet 2005 (au lieu de monter à 15 %), M3-M2 aurait été de l’ordre de $4 000 milliards actuellement contre $4 600 milliards,
Graphique 6 :
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Les gens de la Fed et du gouvernement ont dû tirer la leçon des aventures d’Alan Greenspan qui dénonçait en vain l’exubérance irrationnelle des marchés à la fin des années 90 : ses mises en garde n’ont pas pu empêcher le développement de la bulle Internet.
Pour faire éclater la seconde bulle, B-2 et ses collaborateurs ont dû rendre perdantes les anticipations des investisseurs qui ont pris des engagements non couverts après le 18 mars 2008 en anticipant logiquement la reprise de la croissance.
Faire croire aux marchés qu’Israël allait intervenir militairement en Iran (et en envoyant quelques porte-avions faire des ronds dans le golfe Persique) a fait plonger les marchés d’actions à partir du 19 mai, et la situation est devenue intenable pour un certain nombre d’établissements financiers dans le monde, ce qui a provoqué un gigantesque effondrement financier et… une petite récession.
Tout le monde (ou presque) a été pris au piège, y compris les fonds de pension comme CalPERS dont les en-cours de $254 milliards au 2° semestre 2007 ont plongé à $184 milliards actuellement !
Comme l’a déclaré Laura Bush, l’Histoire jugera… et reconnaîtra que les gens de la Fed et du gouvernement ont eu raison d’agir ainsi car l’argent est sain aux États-Unis, sinon, une véritable crise aurait pu se produire, et ça aurait été vraiment catastrophique !
L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.
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