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Alan Greenspan et les ratios

Alan Greenspan et les ratios


Ce bon vieux Alan Greenspan est toujours le même : indispensable et toujours pertinent…


Dans son article du 18 décembre dans The Economist, cliquer ici pour le lire, il précise que le ratio des capitaux propres par rapport à l’actif (en pourcentage, appelons le G comme Greenspan pour simplifier) pour les banques devrait être supérieur à 10 % pour restaurer la confiance, comme c’était encore le cas en 2006,


Graphique :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Ce ratio G (surveillé attentivement par la Fed depuis… 1834 !) est en fait peu adroit.


Il serait préférable d’utiliser tout simplement le multiplicateur d’endettement que je désigne par la lettre µ (leverage en anglais) qui est le rapport entre le total des dettes et les capitaux propres et qui s’interprète dans ce cas de la façon suivante : le total des dettes ne doit pas dépasser 9 fois le montant de leurs capitaux propres.


Ce µ est en fait l’inverse du ratio Tier initial qui devrait donc être supérieur à 11,1 % (colonne 3 du tableau),


Tableau :

 

1

 

 

2

 

 

3

 

 

4

 

 

5

 

 

Total dettes

 

 

100

 

 

100

 

 

100

 

 

100

 

 

100

 

 

Capitaux propres

 

 

8

 

 

10

 

 

11,11

 

 

12,5

 

 

16,28

 

 

Actif

 

 

108

 

 

110

 

 

111,11

 

 

112,5

 

 

116,28

 

 

G (% Cap pr / actif)

 

 

7,41

 

 

9,09

 

 

10

 

 

11,11

 

 

14

 

 

µ (dettes / cap pr)

 

 

12,5

 

 

10

 

 

9

 

 

8

 

 

6,14

 

 

Tier (% cap pr / dettes)

 

 

8

 

 

10

 

 

11,11

 

 

12,5

 

 

16,28

 

 


Dans les années 80, la confiance dans les banques américaines était forte, et sur cette expérience, les banques centrales ont adopté un ratio Tier de capitalisation minimale de 8 % ce qui correspond à un µ de 12,5 et à un G de 7,4 % (colonne 1 du tableau).


La situation a dégénéré à partir de 2006 (après le départ d’Alan Greenspan !) : un certain nombre de banques n’ont pas respecté ces ratios qui ont explosé parfois, surtout en Europe (avec des µ à 30 et davantage, cf. l’étude de l’OCDE dans un billet antérieur et mais autres billets) et la Fed n’a pas réagi.


Il est maintenant absolument indispensable de renforcer les capitaux propres des banques pour restaurer la confiance : Alan Greenspan propose un G de 14 % (colonne 5), c’est à dire un µ de 6,1 et un Tier de 16,3 % ! ce qui est peut-être excessif.


Un G de 10 % comme en 2006 n’étant pas suffisant, il devrait être au minimum de 11 %, ce qui correspond à un Tier de 12,5 % et à un µ de 8, ce qui signifie que le total des dettes des banques ne devrait pas dépasser 8 fois le montant de leurs capitaux propres.


En fait, la plupart des milliers de banques américaines respectent les normes d’endettement, peu de banques les dépassent mais leurs incartades sont très spectaculaires et leurs effets sont dévastateurs.


Il n’est pas nécessaire de réunir une conférence internationale pour adopter de nouvelles règles ni de renforcer les réglementations : les banques publient leurs bilans qu’il suffit d’interpréter correctement.


Ainsi, les banques qui ont des multiples d’endettement µ trop élevés peuvent être sanctionnées rapidement par les marchés et leurs clients : c’est la destruction créatrice de ce bon vieux Schumpeter dans le secteur bancaire.


Cependant, les dommages collatéraux sont trop importants : il eût été préférable que la Fed intervienne, au moins verbalement pour annoncer la montée des risques, ce qu’aurait certainement fait Alan Greenspan s’il était resté encore un peu à la tête de la Fed.


Enfin, il est intéressant de remarquer qu’un système libre est en fait autorégulateur : les banques qui ne respectent pas les limites d’endettement sont normalement obligées d’augmenter leurs capitaux propres, mais comme elles ne peuvent pas augmenter leurs bénéfices dans les mêmes proportions, leurs ratios de rentabilité (ROE) baisse, ce qui les oblige à restaurer un ratio d’endettement dans les normes pour survivre.


En fait, le gros problème est surtout celui du manque de culture économique et financière.


Pourtant, c’est simple, tout est simple disait Milton Friedman : le total des dettes des banques ne doit pas dépasser 10 fois le montant des capitaux propres, yaka ajouter un zéro à droite !

***

 

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F
Pourquoi n'avoir pas prévenu quand il était temps, au lieu de le faire 2 ans après que le mal est fait?<br /> Meme les agences de notation sur les CDS n'ont rien vu. Et Greenspan qui était alerté n'a pas agi.<br /> Alors, il faut une autorité assez forte pour sévir
Répondre
G
Ce que je veux dire c'est que si l'on permet aux banques de ne pas respecter ce ratio, elles creent de la monnaie a leur convenance. Elles en creent meme plus que ne pourrait faire l'Etat. <br /> <br /> Elles rendent donc une politique monetariste impossible. Rien a voir avec les champs. Je suis donc d'accord avec Gave qui dit que la garantie de creation monetaire saine est un des quelques services public minimaux qui doivent etre assures par un Etat liberal.<br /> <br /> On a le droit au respect de la propriete, a la justice...et a une monnaie qui reste saine. Les banques doivent imperativement avoir une certaine quantite de fonds propres avant de creer de nouvelles lignes de credit.
Répondre
C
<br /> Attention ! Les banques ne créent pas d'argent en accordant des prêts au delà des limites !<br /> Elle ont prêté de l'argent qu'elles ont emprunté,<br /> il n'y a pas de création monétaire dans ce cas<br /> <br /> Il ne sert à rien de vouloir rajouter des réglementations car celles qui existent ne sont pas respectées, et c'est l'Etat qui les viole le 1° alors qu'il est chargé de les faire respecter !!!<br /> <br /> <br />
J
Lorsqu'on laisse libre, dans un premier temps, on ne peut que constater des excès. <br /> Est-il aussi insensé que cela de penser qu'au final une auto-régulation puisse se faire ?<br /> <br /> Pas une activité comme les autres ? Ainsi la sacro-sainte prairie pastorale nourricière ! Foin des protections, un tout premier laboureur l'a retournée et a permis l'inédit champ de blé, inédite concentration énergétique stockable fondement d'un complet renouvellement d'une société pastorale se sédentarisant et augmentant du même coup son niveau de vie.
Répondre
L
bonjour , merci , tres pertinent...<br /> la remise a jour et l'application de ces simples normes prudentielles suffisent en effet a permettre un fonctionnement harmonieux du systeme...aujourd'hui face a une crise de confiance le rétablissement de celle ci passe par un renforcement de ces normes comme a parfaitement raison de le souligner greenspan...<br /> je pense que c'est ce qui est a l'oeuvre aux US et la chose devrait s'étendre y compris au domaine de l'assurance...<br /> il y a une valeur que je suis et que j'aime bien c'est travelers, voyez ce que l'on peut lire sur un petit compte rendu des résultats du 4T<br /> ------------------<br /> "Travelers : résiste au 4ème trimestre <br /> mar 27 jan, 12h14 <br /> <br /> <br /> Le fournisseur de services d'assurance de St. Paul, Minnesota, Travelers Co, a publié pour son 4ème trimestre 2008 clos fin décembre un bénéfice net de 801 M$ et 1,35$ de bpa dilué, contre un bénéfice de 1,06 Md$ et 1,64$ de bpa dilué sur le même trimestre, un an avant. Le bénéfice opérationnel trimestriel a été de 939 M$, sur un bpa de 1,58$, contre 1,06 Md$ et 1,63$ par titre l'année précédente, à la même époque. Sur l'ensemble de l'exercice 2008, malgré une activité des tempêtes importante et des marchés d'investissement difficiles, Travelers a réalisé un profit opérationnel totalisant 3,2 Mds$. Pour 2009, le Groupe se dit bien positionné dans un environnement économique incertain, soulignant la qualité de son bilan avec un ratio dette sur capital de 19,5% et un niveau de liquidité de 2,1 Mds$.... <br /> <br /> ------------<br /> 19.5% de ratio dette sur capital voila qui est fort bien par les temps qui courent...<br /> <br /> enfin j'ajouterais 2 petites analyses qui viennent compléter votre développement interessant sur la balance necessaire et toujours a faire entre application de normes prudentielles et destruction/création schumpétarienne...<br /> <br /> ----------------------<br /> Reprendre les actifs <br /> toxiques après la faillite<br /> <br /> Les Etats-Unis débattent vivement de l’idée d’une banque qui reprendrait les actifs toxiques. Ils l’appellent «bad bank» ou «aggregator bank». Depuis des mois, le problème se situe dans la fixation du prix de ces mauvais crédits. Trop cher et le contribuable est trompé. Trop bas et aucune banque n’est prête à les céder. Selon William Seidman, cité par le Barrons, la question du prix va «tuer la bad bank». Le gouvernement devrait laisser tomber les banques les plus faibles et ensuite reprendre leurs actifs sans devoir les payer. L’Etat les revendrait par la suite au plus offrant.....<br /> <br /> --------------------------------<br /> Ne supprimons pas <br /> le «cerveau de l’économie»<br /> <br /> La sophistication financière va de pair avec la puissance économique et militaire, selon un professeur cité dans le dossier de The Economist sur l’avenir de la finance. C’était vrai de l’Italie du XIVe siècle, du Royaume-Uni au XIXe et des Etats-Unis au XXe. La finance, c’est le «cerveau de l’économie», pour reprendre Frederic Mishkin. Une création remarquable qu’il faut utiliser avec sagesse plutôt que la supprimer. Une étude indique d’ailleurs que la libéralisation financière augmente la croissance de 1% par personne et par an. Certes, il faut réglementer la finance, tout en se rappelant que ses manquements doivent beaucoup à la politique. Les propositions faites par Hank Paulson vont dans le bon sens. Les dix-huit prochains mois devraient permettre d’avancer sur cette voie. Mais attention de ne pas créer une réglementation et une autorité mondiale. La concurrence entre réglementations est une bonne chose selon l’hebdomadaire. Elle n’empêche pas les échanges et la création de standards internationaux. Ces derniers devront être compris comme guides.<br /> <br /> ----------------------------<br /> portez vous bien....
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G
Oui j'ai vu la meme video. Donc quand vous dites que le bilan des banques est suffisant, ca n'est pas vrai, elles le trafiquent.<br /> <br /> Les banques sont le siege de la creation monetaire, et peuvent dissimuler une partie de cette creation en trafiquant leur bilan. Donc une politique monetariste necessite d'avoir un bilan non trafique des banques. Il faut donc un controle a un certain moment....car ca n'est pas une activite comme une autre.
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