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Greenspan et les banques françaises

Greenspan et les banques françaises


Le ratio Tier a été défini à l’origine comme étant le rapport minimal que les banques doivent respecter entre les capitaux propres et le total des dettes (en pourcentage), soit 8 % mais les banques ont obtenu le droit de calculer ce ratio autrement de façon à pouvoir en opacifier les méthodes de calcul et publier des ratios qui les arrangent, c’est à dire qui donnent des ratios Tier égaux ou supérieurs aux exigences minimales.


Ainsi, elles ne donnent pas une image fidèle de la réalité en vue de tromper les investisseurs, ce qui est un délit : elles prétendent respecter ce ratio Tier, mais en le calculant selon la méthode directe d’origine (par le rapport entre les capitaux propres et le total des dettes en pourcentage d’après les chiffres officiels publiés au 30 juin 2008, cf. mes billets précédents), les banques françaises ont un ratio Tier réel de 3 % seulement,


Tableau 1 :

Tier au 30/06/08

 

 

réel

 

 

publié

 

 

BNP

 

 

3,2

 

 

7,6

 

 

Société Générale

 

 

3,9

 

 

8,1

 

 

Crédit Agricole

 

 

2,9

 

 

8,9

 

 


À titre de comparaison, les banques américaines n’ont jamais eu un ratio Tier réel aussi faible.


Une nécessité s’impose : recapitaliser ces banques de façon à respecter le ratio Tier défini à l’origine par la BRI (la Banque des Règlements Internationaux).


Pour cela, il faudrait injecter €200 milliards dans ces 3 banques ! pour respecter la norme du Tier d’origine à 8 %, soit un µ de 12,5 au maximum, µ étant l’inverse du Tier, c’est à dire le rapport entre le total des dettes et le montant des capitaux propres,


Tableau 2 :

µ (au 30/06/08)

 

 

12,5

 

 

9

 

 

BNP

 

 

84,8

 

 

139,5

 

 

Société Générale

 

 

42,6

 

 

74,8

 

 

Crédit Agricole

 

 

72,5

 

 

116,8

 

 

Total

 

 

199,9

 

 

331,2

 

 


Comme la confiance que l’on a dans les banques a diminué, les exigences ont augmenté.


Pour Alan Greenspan, le ratio Tier d’origine devrait être maintenant plus restrictif : le total des dettes ne devrait pas dépasser 9 fois les capitaux propres et pour cela, il faudrait injecter €331 milliards dans nos 3 banques !


Nos, car seul l’État, c’est à dire nous, les contribuables, est en mesure d’apporter ces capitaux pour l’instant, mais comme l’État n’a pas ces €331 milliards, le financement ne pourrait se faire que par l’emprunt, ce qui augmenterait d’autant la dette publique.


Les sommes en jeu sont tellement énormes que le gouvernement n’ose pas emprunter ces €331 milliards nécessaires à la recapitalisation de ces banques surdimensionnées par rapport aux capacités françaises.


Résultat : comme ces banques ne donnent pas confiance, elles ne peuvent plus emprunter sur les marchés, et elles ne peuvent donc plus prêter normalement, ce qui bloque l’activité économique dans tous les secteurs.


La France, et l’Europe sont tombées dans un piège diabolique et fatal.


Les Américains (des États-Unis !) sont arrivés à sortir d’une situation comparable car le Trésor a émis des centaines de milliards de bons qui ont été utilisés pour recapitaliser les banques vulnérables (ayant dépassé les normes) mais viables.


Les centaines de milliards de dollars qui étaient en attente de placement ont ainsi pu s’investir en Treasuries, ce qui a épongé l’excès d’argent gagné et non gagné qui circulait.


Les Américains ont bien joué : une énorme destruction créatrice fait repartir la croissance sur des fondamentaux sains et la Vieille Europe est au tapis.

***

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D
Bonjour,<br /> et merci de vos sommentaires sur les banques francaises vs americaines, qui aident a comprendre un peu mieux la situatio. Une question cependant: vous parlez de destruction creatrice. Mais ou se manifeste-t-telle, dans la mesure ou un billet precedent de lupus justifiait une amelioration relative aux US, due a l'injection keynesianiste de capitaux des contribuables americains (qui disposent d'encore moins d'argent place qu'en France, d'ou une dette importante)? Je comprends qu'en terme de dettes, la dette americaine, meme si elle est enorme, n'est pas comparable a la francaise, car le monde a besoin des americiains (surtout les chinois qui ont achete des bons du tresor pour financer la relance americaine). Le vrai probleme, c'est que les banques francaises auraient pu bcp mieux investir leur capital important, venant des economies des menages. Cependant, les USA ne pourront pas non plus tenir avec de tels emprunts, car les chinois auront besoin de pretter leur argent au niveau interne (il ya un danger de protectionnisme en cas de crise).
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C
Monsieur Chevallier,<br /> <br /> Je pense que le gouvernement français connais mas o menos l'état des banques.<br /> petite phrase de Fillon hier sur TV5 Monde :<br /> (.......qu'auraient dit les français s'ils étaient allés dans leurs banques et avaient trouvé guichet fermé........). C'est lui qui a été le premier à dire que les caisses étaient vides. On le savait, mais officiellement, c'est Fillon.<br /> 2001 Argentine : les guichets, fermés, plus d'argent, la révolte....!! Aujourd'hui sont prudents les argentins au grand dam du gouvernement : environ 22 milliards de dollars sont sortis du pays depuis mai. Direction l'Uruguay (petite Suisse latine), les Estados Unidos....<br /> 2009 va être torride pour les indécrottables Keynésiens.<br /> <br /> Cordialement.
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L
2 petit exemples de pièges diaboliques et fatales...pour la vieille europe socialiste...<br /> <br /> ------------------------------<br /> Dérivés de crédit : Fortis pas plus exposé que ses pairs<br /> <br /> <br /> Sur base des chiffres du troisième trimestre 2008, l’exposition nette de Fortis aux crédits structurés s’élève à 40 milliards d’euros. Si ce montant correspond à la moyenne du secteur (39 milliards d’euros), il se révèle cependant inférieur à la dite moyenne lorsqu’elle est exprimée en pourcentage des fonds propres ou en pourcentage du capital « Tier 1 ».<br /> <br /> (L'Echo) - Sur base des chiffres du troisième trimestre 2008 collectés auprès de Morgan Stanley, Moody’s et la Banque centrale européenne, l’exposition nette de Fortis aux crédits structurés, en ce compris les désormais tristement célèbres obligations adossées à des prêts hypothécaires à risque (« MBS »), s’élève à 40 milliards d’euros.<br /> <br /> Si ce montant correspond à la moyenne du secteur (39 milliards d’euros), il se révèle cependant inférieur à la dite moyenne lorsqu’elle est exprimée en pourcentage des fonds propres ou en pourcentage du capital « Tier 1 » (actions ordinaires + actions perpétuelles + réserves + intérêts minoritaires dans les filiales ou « goodwill »).<br /> <br /> Dans les deux cas, Fortis fait état d’un ratio de 117 % (à fin 2007) et 160 % (à fin juin 2008), contre une moyenne sectorielle de 154 % et 186 %.<br /> <br /> Dans ce registre, c’est Dexia qui décroche la palme avec des dérivés crédits portant sur 111 milliards d’euros (quasi 3 fois plus que Fortis), en ce compris les 96 milliards d’euros d’obligations adossées à d’autres dettes («ABS ») détenues par la filiale de rehaussement de crédit FSA. Un montant qui équivaut à 677 % de ses fonds propres et 793 % de son ratio de solvabilité Tier 1. Quant aux crédits structurés de KBC, qui se chiffrent à 16 milliards d’euros, ils représentent 87 % des fonds propres du groupe et 114 % de son Tier 1. <br /> <br /> - 28/01/2009 <br /> <br /> ------------------------------<br /> Le taux de défaillance de crédit va grimper en EUROPE<br /> Date: 28/01/2009 <br /> Richard Barley, <br /> <br /> DOW JONES NEWSWIRES <br /> <br /> (Dow Jones)--Le taux de défaillance sur les crédits et obligations à note spéculative va grimper à 18,3% en 2009, selon Moody's Investors Service. <br /> <br /> C'est davantage que le pic de 16,6% atteint en 2002 et à des lieues des 2% enregistrés l'an dernier. Dans le pire des cas, le taux pourrait même atteindre 24,4%. <br /> <br /> Cela promet d'être douloureux, bien davantage que l'éclatement de la bulle technologique. Cette fois-ci, le marché est sensiblement plus grand et plus varié. Entre 2000 et 2008, la valeur nominale de l'indice Merrill Lynch des émetteurs d'obligations à haut rendement a plus que doublé à 91,3 milliards d'euros. L'émission de leveraged loans, les crédits accordés à des entreprises déjà fortement endettées, a grimpé à 238 milliards d'euros en 2007 contre environ 100 milliards en 2004. <br /> <br /> Le mix sectoriel a changé également. En 2001, 13 des 20 principaux émetteurs de dette de l'indice Merrill Lynch étaient des acteurs des télécoms et du câble, et en 2002, les medias et télécoms représentaient 87% des défauts de crédit en Europe. Mais en 2008, seuls trois des 20 premiers émetteurs de dette de l'indice étaient des sociétés des télécoms et du câble. Les défauts de crédit vont donc se ressentir de manière beaucoup plus large. <br /> <br /> Etrangement, les crédits s'en sortent moins bien que les obligations. Les crédits ont pourtant toujours été un investissement plus sûr que les obligations, présentant un meilleur taux de recouvrement. C'est ce qui a attiré les investisseurs vers les CDO et autres hedge funds, qui représentaient plus de 50% des investisseurs en crédit en 2007, prenant la place des traditionnels investisseurs bancaires. <br /> <br /> Cependant, cette demande a conduit à un relâchement des standards et à une tolérance pour un taux d'endettement plus élevé. <br /> <br /> Le scénario de base de Barclays Capital pour 2009 est un taux de défaillance de crédit de 6,5% en Europe, tandis que son scénario catastrophe prévoit un taux de 12%. La banque précise que les taux de défaillance sur les crédits pourraient être deux fois plus élevés que ceux sur les obligations. L'agence de notation Standard & Poor's observe pour sa part qu'il y a eu 10 défauts de crédit en Europe au cours des douze mois précédant juin 2008, mais aucun défaut sur des obligations. De nombreux observateurs craignent en outre que les taux de recouvrement soient plus faibles que par le passé. <br /> <br /> -Richard Barley, Dow Jones Newswires
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C
<br /> <br /> Vos interventions sont vraiment excellentes ! ... je viens justement de m'apercevoir que la situation de Fortis n'était pas si horrible que ça, ie. il y a pire !<br /> Je vais préparer un billet à ce sujet...<br /> <br /> <br /> <br />
G
Il commence à être question de ce tier one dans les médias mainstream visiblement: http://blogs.lexpress.fr/attali/2009/01/unionisation-des-banques.php<br /> <br /> S'il fallait recapitaliser les banques à la hauteur indiquée, ça serait vraiment une catastrophe!
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C
<br /> Beaucoup d'erreurs dans les comptes d'Attali<br /> Les miens sont bons, et les conclusions sont pires !<br /> <br /> <br />
G
Greenspan n'est pas un gourou! Il lui arrive de se tromper. Il a même reconnu s'être trompé sur la "free-market ideology" lors d'une audition face au Sénat Américain...
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