Le Crédit Mutuel et les autres
Pour compléter le panorama de la situation des banques françaises, il faut ajouter les chiffres du Crédit Mutuel… qui n’a toujours pas publié à ce jour son bilan 2008 !
Seuls les chiffres du bilan de 2007 sont disponibles, cliquer ici pour lire le rapport, ceux de 2008 ne sont que quelques chiffres très partiels publiés le 26 mars sur une seule page, cliquer ici pour lire ce document visible à partir de la page des Communiqués de presse, cliquer ici pour y accéder.
Comme je l’ai déjà écrit, les banques françaises ne respectent rien, ni les lois ni les règlements ni les règles comptables en toute impunité.
Tableau 1 :
| Crédit Mutuel
| 2007
| 2008
|
| Total dettes
| 526,4
| 556,7
|
| Capitaux propres
| 26,9
| 25,0
|
| µ
| 19,6
| 22,2
|
Les chiffres sont en milliards d’euros, µ représentant le ratio du total des dettes sur les capitaux propres (qui doit être inférieur à 12,5).
C'est l’inverse du ratio Tier d’origine (qui doit être supérieur à 8 %).
Rappel des µ des banques françaises…
Tableau 2 :
| 2008T4
| BNP
| Crédit Agricole
| Soc Gen
| Crédit Mutuel
|
| Total des dettes
| 2 017
| 1 606
| 1 089
| 557
|
| Capitaux propres
| 59,0
| 47,3
| 40,9
| 25
|
| µ
| 34,2
| 34,0
| 26,6
| 22,2
|
… dont le total des dettes atteint €6 652 milliards soit 3,4 fois le PIB de 2008 (€1 940 milliards),
Tableau 3 :
| 2008T4
| Caisse d'épargne
| Banque Populaire
| Natixis
|
| Total des dettes
| 633,2
| 204,8
| 545,9
|
| Capitaux propres
| 16,6
| 8,7
| 9,9
|
| µ
| 38,2
| 23,5
| 55,1
|
À titre de comparaison, aux États-Unis, les banques ont déjà publié leurs résultats du 1° trimestre 2009 alors qu’aucune banque française ne publie ses comptes trimestriels,
Tableau 4 :
| 2009Q1
| Bank of Am
| JPMorgan
| Citigroup
| Wells Fargo
| Goldman S
|
| Total dettes
| 2 082,4
| 1 909,0
| 1 678,6
| 1 178,8
| 820,2
|
| Capitaux pr
| 239,5
| 170,2
| 143,9
| 107,1
| 64,4
|
| µ publié
| 8,7
| 11,2
| 11,7
| 11,0
| 12,7
|
| actions préf
| 73,3
| 32,0
| 74,2
| 31,4
| 16,5
|
| total dettes r
| 2 155,7
| 1 941,0
| 1 752,8
| 1 210,2
| 836,7
|
| capitaux pr r
| 166,2
| 138,2
| 69,7
| 75,7
| 47,9
|
| µ réel
| 13,0
| 14,0
| 25,1
| 16,0
| 17,5
|
Il suffit de transformer les actions de préférence en actions ordinaires (si Timothy Geithner et Ben Bernanke le veulent) pour que les banques américaines respectent toutes les ratios prudentiels.
Le système bancaire sera alors parfaitement sain aux États-Unis et pourra repartir sur de bons fondamentaux ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe.
Le ratio Tier a été défini à l’origine par les grandes banques centrales (la BRI) comme la règle indispensable à respecter pour que la confiance règne dans le secteur bancaire mais les dirigeants des banques françaises et européennes ont fait pression pour que ces règles simples soient détournées en adoptant d’autres règles complexes et ils ont obtenu satisfaction.
Actuellement, on en voit les conséquences : la confiance a disparu dans le secteur bancaire européen.
Les banques ne se prêtent plus d’argent entre elles.
Elles ne peuvent donc plus emprunter l’argent qui leur est nécessaire ce qui bloque la plupart des crédits.
Ainsi par exemple, les dirigeants de Peugeot ne peuvent plus emprunter pour investir, leurs clients ne peuvent plus emprunter pour acheter une voiture neuve, le marché immobilier est bloqué par les banques qui ne veulent ou ne peuvent plus prêter.
Toute l’activité économique est paralysée en France, et en grande partie en Europe.
À ma connaissance, je suis le seul en France et en français à utiliser ces concepts qui sont pourtant bien établis et utilisés partout dans le monde, et je les applique à partir des chiffres officiels.
Les écarts entre les ratios européens et américains sont clairs mais aucun banquier français, aucun journaleux des finances n’admet mes analyses.
Je suis désolé, mais j’ai raison.
Les Français ne réagissent pas.
Fermez les yeux, faites nous confiance, laissez nous faire, laissez vous faire disent tous les banquiers !
Et ça marche ! mal.
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