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Banques françaises : grave

Banques françaises : grave


La situation des banques françaises est grave, très grave même car elles ne respectent pas les ratios prudentiels fondamentaux. Un petit rappel s’impose (encore !)…


Les actifs d’une banque sont financés par ses capitaux propres et des dettes.


Pour que la confiance règne dans un système bancaire, le montant des capitaux propres de toute banque doit représenter au moins 8 % du total de ses dettes.

C’est le ratio Tier tel qu’il a été défini à l’origine et qui peut se formuler autrement et plus simplement par le multiplicateur µ (ou levier) d’endettement : le total des dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant des capitaux propres (c’est l’inverse du ratio Tier).


C’est simple, clair, compréhensible.


Les banques publient leurs bilans et tout le monde peut calculer ces ratios,


Tableau 1 :

2008T4

 

 

BNP

 

 

Cdt Agricole

 

 

Soc Gen

 

 

CdE-BP-N

 

 

Cdt Mutuel

 

 

Total dettes

 

 

2 017

 

 

1 606

 

 

1 089

 

 

1 383,8

 

 

557

 

 

Capitaux pr

 

 

59,0

 

 

47,3

 

 

40,9

 

 

35,2

 

 

25

 

 

µ

 

 

34,2

 

 

34,0

 

 

26,6

 

 

39,3

 

 

22,2

 

 

Tier 1 (%)

 

 

2,9

 

 

2,9

 

 

3,8

 

 

2,5

 

 

4,5

 

 


J’ai regroupé dans la colonne CdE-BP-N l’ensemble en cours de constitution de la Caisse d’Épargne, de Banque Populaire et de Natixis.

Les chiffres sont en milliards d’euros et de dollars.


Tableau 2 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

Total dettes

 

 

2 082,4

 

 

1 909,0

 

 

1 678,6

 

 

1 178,8

 

 

820,2

 

 

Capitaux pr

 

 

239,5

 

 

170,2

 

 

143,9

 

 

107,1

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

8,7

 

 

11,2

 

 

11,7

 

 

11,0

 

 

12,7

 

 

Tier 1 (%)

 

 

11,5

 

 

8,9

 

 

8,6

 

 

9,1

 

 

7,9

 

 


Les banques américaines respectent ces premiers ratios, ce qui n’est pas le cas pour les banques françaises.


Conséquence : la confiance ne règne plus dans le système bancaire français, et c’est souvent pire ailleurs en Europe (en Allemagne, au Royaume-Uni et surtout en Belgique), ce qui paralyse toute l’activité économique car les banques ne peuvent plus emprunter sur les marchés et elles ne peuvent donc plus prêter à leur tour.


La BRI (la Banque des Règlements Internationaux qui regroupe les banques centrales des grands pays développés) a édicté ce premier ratio dans les années 90.


D’autres ratios de bonne gestion s’imposent, mais ils n’ont pas été retenu par la BRI.


L’un des plus important est que le total des dettes d’une banque ne doit pas dépasser 10 % du PIB du pays dans lequel elle est logée car en cas de faillite, ce sont les contribuables de son pays d’origine qui sont ses sauveteurs en dernier ressort.


Les 4 plus grandes banques françaises sont hors normes : en cas de faillite de l’une d’elles, il serait impossible de la sauver, et ce serait alors la faillite de la France et des Français.


C’est ce qu’on appelle le risque systémique (un système bancaire qui s’écroule).


Le cumul du total des dettes des 5 plus grandes banques françaises est encore plus inquiétant puisqu’il représente 340 % du PIB contre 54 % aux États-Unis !


Tableau 3 :

Milliards € ou $

 

France

 

États-Unis

 

Total des dettes des 5 banques…

 

6 652

 

7 670

 

PIB 2008

 

1 940

 

14 200

 

Dettes / PIB

 

340 %

 

54 %

 


La grande force des États-Unis est d’avoir des dirigeants compétents qui savent imposer le respect des règles qui sont nécessaires pour que la population vive durablement normalement.


La Vieille Europe est en train de creuser son tombeau.


Comment se fait-il que je sois le seul, à ma connaissance du moins, à prendre en considération ces chiffres ?


C’est inquiétant !


Rares sont ceux qui en comprennent l’importance.


C’est encore plus inquiétant !


Le monde du XXI° siècle sera Pacifique, c’est à dire dominé par la réussite des États-Unis et de la Chine, la Vieille Europe s’étant autodétruite, soit par son système bancaire, soit par l’hypertrophie de la masse monétaire provenant des engagements de retraites qui n’ont pas été provisionnés.


Dans son livre, Le temps des turbulences, Alan Greenspan en arrive à cette conclusion sans en donner les explications.

***

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J
Si tout le monde coule, ne serait-ce pas plus prudent de placer une partie de son patrimoine dans les métaux précieux avant la débâcle?
Répondre
C
<br /> L'or ne rapporte rien !<br /> C'était bon pour les boat people<br /> <br /> <br />
F
J'ai une question tout à fait pratique. Que pensez vous d'aller dans les filiales internet qui ne font pas ou peu de spéculation (Cortal, Boursorama) ou dans une banque étrangère iùmplantée en France (HSBC) ?<br /> <br /> Comme vous n'êtes pas conseiller patrimonial, je comprendrais que vous m'envoyez paître !<br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> FB
Répondre
C
<br /> Boursorama est une filiale de la Générale et HSBC ne vaut guère mieux<br /> A priori ya rien<br /> De toutes façons, dans un risque systémique, tout le monde coule<br /> <br /> <br />
C
Oui, mille fois oui pour les banques francaises. Vous avez raison. Et oui, les francais sont des veaux.<br /> <br /> Mais n'oubliez pas les banques US.<br /> <br /> Etre "moins pire" ne signifie pas automatiquement etre "meilleur". ;-)<br /> <br /> <br /> (AOF) - Le gouvernement américain a annoncé à Bank of America et à Citigroup qu'elles pourraient avoir à lever des fonds, selon le premiers résultats du « stress test » auquel les principales banques américaines ont été soumises. Cette information provient du Wall Street Journal qui cite des personnes proches du dossier. Concernant Bank of America, ses besoins en capitaux se chiffreraient en milliards de dollars. Le management des deux banques a rejeté ces résultats préliminaires et s'apprête à y répondre. L'appel Bank of America est attendu aujourd'hui.<br /> <br /> Selon le quotidien américain des affaires, il est vraisemblable que ces deux banques ne soient pas les seules à nécessiter une recapitalisation.<br /> <br /> En avant Bourse, l'action Bank of America est en baisse de près de 9% à 8,13 dollars, tandis que Citigroup recule de 5,5% à 2,90 dollars.
Répondre
J
Pour faire suite à la conclusion de ce post, la chute de mon dernier post malgré moi très décalée (en quelque sorte, je subis, dois faire face à une inspiration forcément par nature peu conventionnelle) http://amourpiegale3.blogspot.com/2009/04/sur-lexistence-de-champ.html :<br /> <br /> Mais ce qui peut soutenir une telle nouvelle ère, c'est la perception de la valeur du joug dans une optique de plus, de toujours plus. Ainsi ces populations misent au travail à la chaine pour une production de masse inédite, tous ces objets qui signent notre modernité. Le but n'est pas l'asservissement, la mise sous le joug, mais bien une libération par un travail de plus en plus créatif. La contrainte librement choisie est salvatrice, valeur de la Résistance Universelle paradoxalement pourtant absolument sans force. Et aussi paradoxalement, seuls des individus vraiment libre peuvent construire un avenir radieux, ce que les vieux singes manipulateurs de la Vieille Europe, Europe pastorale sans labour destructeur-créatif, refusent d'admettre.
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P
Ce n'est pas le même système de comptabilité entre US et UE...
Répondre