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BNPas de panique, on n’a pas coulé 2010 !

 

BNPas de panique, on n’a pas coulé 2010 !

 

Quand on analyse les comptes d’une banque, une règle d’or s’impose : il ne faut jamais faire confiance aux déclarations des dirigeants et toujours vérifier soigneusement les chiffres critiques…

BNP vient de publier ses comptes de 2010 : la situation s’améliore avec un endettement µ qui diminue un peu (avec les chiffres officiels !) par rapport aux années précédentes,

Tableau 1 :

BNP

2008

2009 S2

2010

Total dettes

2 022,3

1 988,2

1 923,5

Capitaux propres

53,2

69,5

74,6

µ publié

38,0

28,6

25,8

Tier d'origine

2,6

3,5

3,9

 

Ce tableau 1 se lit de la façon suivante : fin 2010, le total des dettes se montait à 1 923,5 milliards d’euros, soit 25,8 fois le montant des capitaux propres qui s’élevaient à 74,6 milliards d’euros et qui représentaient 3,9 % du total des dettes.

Les ratios de BNP étaient donc totalement hors normes car µ doit être inférieur à 10 ou autre formulation : le ratio Tier doit être supérieur à 10 % selon Bâle III.

Oui, mais la réalité est pire encore, car, comme je l’ai écrit dans des articles antérieurs, BNP comptabilise les actions de préférence et les titres super subordonnés dans les capitaux propres alors que ce sont en réalité des dettes,

Tableau 2 :

BNP

2008

2009

2010

Titres super Surbordonnés

10,521

8,045

8,029

Actions de préférence

2,330

2,330

1,892

Total

12,851

10,375

9,921

Capitaux propres réels

40,377

59,126

64,711

(chiffres en milliards d’euros)

Ces informations se trouvent page 8 dans les Etats financiers consolidés non audités et non dans les notes comme précédemment !

Sur cette base, l’endettement réel est bien supérieur à ce qui est publié officiellement :

Tableau 3 :

BNP

2008

2009

2010

Total dettes

2 035,2

1 998,6

1 933,4

Capitaux propres réels

40,4

59,1

64,7

µ réel

50,4

33,8

29,9

Tier d'origine réel

2,0

3,0

3,3

 

La situation de BNP était catastrophique fin 2008, au plus fort des turbulences financières.

Le redressement par la suite est spectaculaire, grâce en particulier à l’absorption de Fortis. Nos amis belges de Work For All doivent être contents : l’argent qu’ils ont perdu ne l’a pas été pour tout le monde !

Cependant, l’endettement de BNP est encore largement hors normes.

Les 3 big banks des Etats-Unis font peur aux 300 millions d’Américains car elles sont too big to fail avec des dettes de l’ordre de 1 000 milliards de dollars, car ils savent qu’ils sont les prêteurs en dernier ressort, mais elles respectent les règles prudentielles d’endettement (Bâle III).

Les 64 millions de Français font confiance à leurs Gos banques qui ne les respectent pas.

BNP est la plus grande banque du monde par le montant de ses dettes qui est supérieur au PIB annuel de la France ! Les Français sont inconscients.

A ma connaissance, je suis encore le seul à traiter de ce problème en France et en français…

Cliquer ici pour lire le rapport annuel 2010 de BNP.

Cliquer ici pour lire un de mes articles antérieur sur BNP.

***

 

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V
<br /> Bonjour, petite question technique: comment calculez-vous votre Tier d'origine. Sur le bilan officiel, il apparaît à 10%, car se base sur les risque pondérés Bâle II, à 601 mds €. Qu'intégrez-vous<br /> en plus, et pourquoi? Merci<br /> <br /> <br />
Répondre
X
<br /> Bonjour, je viens de découvrir votre blog et waou !<br /> Merci pour toutes ces info qui font du bien et font davantage prendre conscience de la situation économique et financière dans laquelle nous sommes !<br /> <br /> Clairement, après avoir lu cet article, étant client de cette banque j'ai plutôt intérêt à en changer ! Non?<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> FRANCFORT, 18 février (Reuters) - Les prêts d'urgence à 24 heures de la Banque centrale européenne (BCE) sont restés exceptionnellement élevés vendredi pour la deuxième journée d'affilée, laissant<br /> craindre l'existence de graves problèmes de financement pour une ou plusieurs banques de la zone euro.<br /> <br /> <br /> <br /> ***<br /> <br /> <br /> Le montant des prêts consentis par la BCE, à plus de 16 milliards d'euros, affiche son plus haut niveau depuis juin 2009. Jeudi, l'institut d'émission avait déjà alloué plus de 15 milliards d'euros<br /> de prêts d'urgence, soit une brusque poussée de fièvre après seulement 1,2 milliard de prêts la veille.<br /> <br /> Habituellement, les prêts d'urgence à 24 heures de la BCE ne dépassent pas le milliard d'euros.<br /> <br /> La banque centrale de la zone euro, qui ne diffuse pas de ventilation de ses chiffres, s'est refusée à tout commentaire sur ce phénomène.<br /> <br /> Pour expliquer ces montants inhabituels, les traders évoquaient soit une banque éprouvant des difficultés de financement sur les marchés, soit un établissement qui n'aurait pas emprunté assez lors<br /> des opérations hebdomadaires de la BCE.<br /> <br /> Dans ce dernier cas, la distorsion pourrait durer jusqu'à jeudi prochain, date du prochain rendez-vous avec l'institution de Francfort.<br /> <br /> Les banques doivent payer une prime de 0,75% pour accéder aux prêts d'urgence à 24 heures de la BCE, ce qui fait qu'elles ne les sollicitent généralement qu'en tout dernier ressort.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Oui, ça confirme ce que j'en pensais : depuis le début de cette année, la situation est proche du point de rupture. La seule solution qui a été trouvée est de faire monter l'€ / US$ pour<br /> contrer la fuite des capitaux vers les US, mais cet expédient a des limites.<br /> <br /> <br /> Tout le système bancaire € zonard peut s'écrouler par effet domino, comme début mai 2010, en pire.  <br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=1bb2912894c8f10394284044a0591bd5<br /> <br /> C'est rigolo ces méga-fusions entre banques mal en point: comme si des dettes + des dettes pouvaient, comme par magie, donner autre chose que des dettes!!<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> Le critère de sélection se situe dans la capacité qu’auront les banques à satisfaire rapidement les critères de Bâle III. Même si elles ont huit ans pour s’y conformer, cette obligation permettra<br /> aux investisseurs de juger de la capacité des sociétés à générer des fonds propres, et les premières à y parvenir bénéficieront, sans nul doute, d’une aura supplémentaire.<br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> Le problème est que cette règle prudentielle devrait être appliquée sans délai, cf. ce qui se passe aux US<br /> <br /> <br /> <br />