Dette : €1 055,9 milliards, suite…
Un petit complément s’impose à propos de cette dette de la France vis-à-vis de l’étranger de 1 055,9 milliards d’euros fin septembre dernier.
La dette nette de 192,4 milliards telle qu’elle apparaît dans la balance des paiements (rubrique 3,3) est le résultat des cumuls des déficits de la balance commerciale (€244 milliards) depuis août 2004 et des investissements directs étrangers (€276 milliards) depuis août 2005 (d’autres rubriques réduisant ces déficits) provenant du manque de compétitivité de la France par rapport aux autres pays.
Les entreprises françaises investissent de préférence à l’étranger (les voitures achetées par les Français sont fabriquées à l’étranger pour en diminuer les coûts donc les prix), et les étrangers investissent de préférence hors de France, et même ils désinvestissent de France comme c’est le cas par exemple pour les équipementiers automobiles comme Molex et les boites automatiques de Ford.
Les 35 heures, les pesanteurs syndicales, les réglementations, le taux des prélèvements obligatoires, etc. en sont responsables. Tout le monde le sait très bien.
Ce n’est pas la faute à la mondialisation libérale : nos voisins germains et helvètes dégagent des excédents grâce à la mondialisation libérale en vendant des produits à haute valeur ajoutée en Asie (et dans d’autres pays émergents) payés par les ventes de produits à bas coûts fabriqués en Asie.
Cette mondialisation libérale est un jeu gagnant-gagnant.
Les Français et les dirigeants des entreprises françaises sont responsables de leurs propres erreurs.
Pour ce qui concerne les 863,4 milliards d’euros de la dette de l’Etat détenus par les non-résidents, la responsabilité en incombe aux dirigeants de l’Etat : ceux du Trésor (et de la Banque de France) qui en font la promotion à l’étranger sans en comprendre la signification économique pour la France et les membres des gouvernements qui se sont succédé depuis un certain nombre d’années.
Ce bon vieux Greenspan est souvent intervenu pour s’inquiéter du fait que 30 % de la dette des Etats-Unis étaient détenus par des étrangers. Aucune interrogation de ce genre n’a jamais émané des responsables économiques et politiques français à ce sujet. Bien au contraire : ils se réjouissent tous de l’attractivité de la dette française dans le monde !
Autres responsables de ce désastre : les dirigeants des Gos banques françaises qui ont cherché à développer leurs activités à l’étranger sans respecter les règles prudentielles qui s’imposaient.
Les banques ne sont pas comme les entreprises industrielles qui peuvent investir massivement à l’étranger : Volkswagen vend davantage de véhicules en Chine qu’en Allemagne, ce qui est très bien pour tout le monde.
Une banque ne doit pas prendre trop d’expansion hors de son pays d’origine car en cas de faillite, ce sont les contribuables du pays dont elle dépend qui en sont les sauveteurs en dernier ressort.
General Motors a pu faire faillite sans déclencher de tsunami. Si BNP fait faillite, c’est un tsunami mondial et la fin de la France.
Les risques de faillite des big banks irlandaises montrent que tout peut arriver très vite.
Les banques doivent non seulement respecter impérativement les règles prudentielles connues (le leverage, mon µ) mais encore jouer un rôle particulier dans les circuits financiers en drainant l’épargne vers les bons produits, à savoir vers les bons du Trésor nationaux (entre autres).
Les big banks américaines le font assez bien maintenant, ce qui est loin d’être le cas en France !
Jadis, les épargnants français plaçaient leurs économies dans des bons du Trésor français, ce qui concourrait à assurer normalement les besoins de financement publics.
L’épargne investie dans les entreprises sous forme d’actions était plus rare. Elle est nécessaire et indispensable pour assurer la croissance et le bien-être à terme.
Actuellement, la situation est pire dans la mesure où les Français placent leur épargne dans des valeurs immobilières au lieu de le faire dans les valeurs mobilières.
Ainsi se développe une bulle immobilière, comme en Irlande.
Toute bulle est appelée à éclater un jour. La similitude entre l’Irlande et la France devrait quand même éveiller les soupçons des Français qui se retrouvent avec les pires fondamentaux : une hypertrophie de la masse monétaire (comme les autres euro-zonards en M1) provenant surtout des engagements de retraite non comptabilisés, un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés du monde, des Gos banques qui ne respectent rien, et une dette vis-à-vis de l’étranger de plus de 1 000 milliards d’euros.
Pour essayer de limiter les inévitables dégâts à venir, il faudrait que les dirigeants politiques français au plus haut niveau (une dizaine de personnes : Sarko, Fillon, Bécassine, les patrons de l’AFT, de la BdF et quelques conseillers), prennent les décisions qui s’imposent : démanteler les 4 Gos banques de façon à ce qu’elles respectent les règles prudentielles d’endettement et qu’elles concourent à financer les besoins de l’économie en promouvant les investissements en valeurs mobilières, en particulier à travers les fonds de pension à créer et à développer impérativement.
Bien entendu, rien de positif ne sera fait en France alors que ces problèmes ont été plus ou moins bien résolus aux Etats-Unis.
Comment se fait-il que je sois le seul, à ma connaissance à décrypter ainsi ce scénario catastrophe ?
***